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Grève imminente du GNL en Australie, impact probablement limité pour l'instant : Russell
information fournie par Reuters 21/08/2023 à 14:00

(Répétitions des heures précédentes en Asie. Les opinions exprimées ici sont celles de l'auteur, chroniqueur pour Reuters.) par Clyde Russell

LAUNCESTON, Australie, 21 août (Reuters) - La probabilité d'une action syndicale dans trois installations australiennes de gaz naturel liquéfié augmente, mais la question pour le marché est de savoir quel est l'impact potentiel sur l'approvisionnement en carburant super réfrigéré.

Les syndicats des plates-formes de gaz offshore de Woodside Energy Group WDS.AX North West Shelf ont annoncé le 20 août des plans de grève dès le 2 septembre, dernière escalade en date d'un conflit de longue date sur les salaires et les conditions de travail.

L'Offshore Alliance, qui regroupe deux syndicats importants, finalisera également un vote de grève sur les projets Wheatstone et Gorgon LNG, exploités par Chevron, d'ici le 24 août.

Il est probable que les travailleurs des usines de Chevron CVX.N se joindront à leurs collègues de Woodside pour autoriser une action industrielle, qui pourrait alors être lancée avec un préavis de sept jours.

Les trois usines de GNL sont situées dans l'État d'Australie occidentale et produisent ensemble environ 10 % de l'offre mondiale de ce combustible, utilisé en Asie et en Europe pour produire de l'électricité ainsi qu'à des fins industrielles.

Dans le pire des cas, l'action syndicale se prolongerait et entraînerait la fermeture totale des trois usines.

Mais c'est aussi l'issue la moins probable, car elle ne correspond aux objectifs d'aucune des parties, à savoir les travailleurs, les producteurs de GNL et les acheteurs étrangers.

Des sources des deux compagnies de GNL, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, estiment qu'une forme d'action industrielle est probable dans les semaines à venir, car c'est ainsi que de tels conflits se sont déroulés par le passé.

En effet, les syndicats et les entreprises se livrent à un exercice d'équilibre, les représentants syndicaux souhaitant infliger suffisamment de souffrance aux entreprises pour qu'il devienne plus rentable de répondre à leurs demandes.

Dans le même temps, ils ne veulent pas causer trop de pertes financières, ni perturber trop de cargaisons, car cela aurait des conséquences à plus long terme sur les investissements, et donc sur les emplois futurs, et nuirait à la réputation de l'Australie en tant que fournisseur et partenaire fiable pour le GNL.

De leur côté, les entreprises ne veulent pas être perçues comme cédant trop facilement aux demandes des syndicats, mais elles ne veulent pas non plus avoir à déclarer un cas de force majeure sur les cargaisons de GNL.

Pour l'heure, l'issue la plus probable reste une action industrielle limitée, des négociations en cours et un accord éventuel permettant aux syndicats d'obtenir une partie de ce qu'ils veulent, très probablement en échange de garanties à plus long terme.

Toutefois, ce scénario repose sur l'adoption par toutes les parties d'une approche mature du conflit, et il y a évidemment des risques que le calme ne l'emporte pas.

Ce sont ces risques qui contribuent à l'augmentation du prix au comptant du GNL, les cargaisons destinées à l'Asie du Nord

LNG-AS ayant atteint la semaine dernière leur niveau le plus élevé depuis cinq mois.

Le prix au comptant a été évalué à 14,00 dollars par million d'unités thermiques britanniques (mmBtu), le plus élevé depuis la semaine du 3 mars, et également en hausse de 55,5 % par rapport au niveau le plus bas atteint jusqu'à présent cette année, à savoir 9,00 dollars, au début du mois de juin.

Les prix du GNL bénéficient également d'un certain soutien fondamental, les signes indiquant que la demande en Asie, la région la plus importatrice, commence à s'accélérer avant l'hiver nordique.

AUGMENTATION DES IMPORTATIONS EN ASIE

Les importations asiatiques pour le mois d'août devraient atteindre 22,86 millions de tonnes métriques, selon les données compilées par les analystes de matières premières Kpler.

Il s'agirait d'une hausse par rapport aux 21,61 millions de tonnes métriques du mois de juillet et du mois le plus important depuis les 23,37 millions de tonnes métriques du mois de janvier.

L'augmentation de la demande est principalement le fait du Japon et de la Corée du Sud, qui se classent respectivement au premier et au troisième rang des importateurs de GNL, et qui cherchent à remplir leurs stocks avant le pic de la demande hivernale.

Le Japon est en passe d'importer 5,56 millions de tonnes métriques de GNL en août, contre 5,09 millions en juillet et le plus grand nombre depuis février, tandis que les arrivées de la Corée du Sud sont estimées à 3,64 millions en août, le plus grand nombre depuis mars.

Alors que la demande asiatique de GNL augmente, celle de l'Europe continue de baisser, les importations d'août étant estimées par Kpler à 8,20 millions de tonnes métriques, en baisse par rapport aux 8,78 millions de juillet et les plus faibles depuis novembre 2021.

Les stocks de gaz naturel de l'Europe sont à des niveaux élevés pour cette période de l'année et le continent a également réussi à réduire structurellement la demande de gaz à la suite de la réduction de l'approvisionnement par gazoduc de la Russie après l'invasion de l'Ukraine par Moscou en février de l'année dernière.

Les opinions exprimées ici sont celles de l'auteur, chroniqueur pour Reuters.

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