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Grèce : Tsipras fait machine arrière face aux créanciers, mais pose encore des conditions

Boursorama 01/07/2015 à 18:02

Alexis Tsipras s'affiche prêt à de nouvelles concessions face aux créanciers pour éviter un scénario catastrophe.

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Les marchés européens ont rebondi mercredi alors que le Financial Times a rendu publique une communication d’Alexis Tsipras aux négociateurs, dans laquelle le Premier ministre grec se montre conciliant pour trouver un accord sur la dette grecque.

Après avoir techniquement fait faillite vis-à-vis du FMI, le gouvernement grec tente encore, malgré tout, de trouver un accord rapide avec ses créanciers. La confusion reste totale, alors que le référendum grec sur l’acceptation des mesures proposées par les créanciers est toujours à l’ordre du jour pour dimanche prochain.

La situation de la Grèce évolue si vite qu’il est impossible d’avoir des certitudes sur ce qui pourrait se passer avant la fin de la semaine. Malgré cette nouvelle lueur d’espoir sur l’éventualité d’un accord entre Grecs et créanciers, tout le monde ne semble pas prêt à revenir à la table des négociations.

Alexis Tsipras prêt à accepter les propositions des créanciers, en y ajoutant des « amendements »

En matinée, le Financial Times a publié une lettre datée du 30 juin, dans laquelle Alexis Tsipras s’adresse à Jean-Claude Juncker, Mario Draghi et Christina Lagarde en leur affirmant que « la République hellénique est prête à accepter les propositions [Staff Level Agreement] », tout en y ajoutant certains « amendements, ajouts ou clarifications ». « Comme vous pourrez le constater, nos amendements sont concrets et ils respectent pleinement la robustesse et la crédibilité de l’ensemble du programme », précise la lettre.

Les propositions incluent notamment le fait de réduire les dépenses militaires de plusieurs centaines de millions d’euros, ou encore de lutter de manière toujours plus prégnante contre la corruption dans le secteur public, mais aussi de maintenir une TVA plus faible dans les îles grecques que sur la partie continentale du pays. Cette dernière mesure va à l’encontre de la dernière proposition des créanciers, souhaitant une unification de la TVA au niveau national.

Alexis Tsipras a néanmoins souligné en fin d'après-midi que le référendum serait maintenu, tout en appelant encore une fois les électeurs à voter "non" de manière à rejeter les propositions actuelles des créanciers. L'information a légèrement refroidi l'enthousiasme des investisseurs en fin de séance, sans les pénaliser excessivement les principaux indices boursiers.

Précédentes évolutions en matinée (Aurel BGC)

Avant même la divulgation de cette lettre, la situation avait déjà évolué rapidement entre mardi et mercredi. Aurel BGC revenait mercredi matin sur les développements récents des discussions.

« Dans la nuit de lundi à mardi, le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, avait proposé au premier ministre grec Alexis Tsipras une solution "de dernière minute" susceptible de débloquer un accord. L'idée était que la Grèce accepte, par écrit, les dernières propositions de réformes des créanciers présentées vendredi soir et rendues publiques dimanche matin, M. Tsipras devant également s'engager à appeler les Grecs à voter pour le "oui" au referendum de dimanche. En échange, la proposition de Juncker comprendrait un plan de financement du pays, un plan pour la croissance et l'emploi de 35 milliards déjà sur la table, ainsi qu'une restructuration de sa dette », expliquait Christian Parisot, chef économiste d’Aurel BGC.

La même source poursuivait : « En réaction à ces nouvelles propositions, la Grèce a officiellement demandé, hier, à l'Eurogroupe de pouvoir conclure avec le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers, soit environ 30 Mds €, tout en restructurant sa dette, a fait savoir le bureau du Premier ministre Alexis Tsipras. Le pays a publié un document intitulé "requête au MES". Pourtant, Angela Merkel avait fermé la porte à toute discussion d'un nouveau plan à la Grèce, en affirmant que l'Allemagne n'était pas prête à discuter d'une nouvelle demande d'aide d'Athènes avant dimanche, jour du référendum. Son ministre de l'Économie et vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel avait, lui, conditionné de nouvelles discussions à l'annulation du scrutin ».

« Suite à ces nouvelles demandes du gouvernement grec, l'Eurogroupe s'est réuni lors d'une téléconférence extraordinaire hier soir. Les ministres des finances de la zone euro ont discuté au téléphone de cette nouvelle demande de la Grèce. Ils reprendront leurs travaux ce matin. Selon le ministre slovaque des finances, la zone euro a d'ores et déjà refusé d'étendre le programme d'aide financière à la Grèce ».

« Aujourd'hui, les 25 membres du conseil des gouverneurs de la BCE doivent se réunir pour évoquer la situation du système bancaire grec. Ses membres vont débattre du maintien ou non des prêts d'urgence (ELA) aux banques grecques. Techniquement, l'institution pourrait décider la suppression de cette aide, mais cela semble peu probable avant le référendum », terminait le chef économiste d’Aurel BGC.

Situation tendue

À ces nouvelles, s’ajoute le fait que Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand, a de nouveau déclaré mercredi midi qu’« avant le référendum, il n’y a pas de base » pour une nouvelle négociation et un éventuel accord.

À l’inverse, à 14h40, François Hollande a appelé à trouver un accord au plus vite. « Il faut être clair, l'accord, c'est tout de suite ! », a déclaré le président français, repris par Le Parisien. « Cela fait du temps que l'on parle de cet accord, qu'il vienne ! ».

L’optimisme du Financial Times sur une sortie de crise doit ainsi être pris avec prudence alors que les négociateurs semblent encore loin de s’accorder sur le sujet. Malgré tout, les investisseurs ont gardé leur optimisme. Le CAC40 a clôturé en hausse de 1,94% et le Dax allemand en hausse de 2,15%.

X. Bargue

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