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Google lance un centre d'IA en Allemagne, qui tente de rester dans la course
information fournie par AFP 05/03/2026 à 15:34

Avec l'inauguration jeudi d'un centre d'intelligence artificielle de Google à Berlin, l'Allemagne veut rattraper son retard dans ce domaine technologique clé, même si elle ne peut se passer dans l'immédiat des mastodontes américains.

Les locaux du géant de la tech dans la capitale ont été agrandis pour ce nouvel espace, qui vise à "favoriser de manière ciblée les innovations issues d'Allemagne" avec différents acteurs.

Ce projet fait partie des 5,5 milliards d'euros d'investissement de Google dans "l'avenir numérique" de la première économie européenne annoncé en novembre, avant tout dans le développement de centres de données.

"Nous voulons créer un lieu où l’on peut échanger sur l’IA, avec le monde scientifique et politique et avec les entreprises qui font progresser son application", a déclaré Philipp Justus, vice-président de Google en Europe Centrale, lors d'un discours d'ouverture.

Avec l'objectif suivant, selon le ministre du numérique Karsten Wildberger : que "la création de valeur, le savoir-faire et les emplois qualifiés naissent et se développent en Allemagne", où le retard dans les nouvelles technologies est considérable.

- Importance "sous-estimée" -

Des infrastructures de calcul au stockage de données, "les défis sont gigantesques" pour Berlin, juge auprès de l'AFP Janis Hecker, de la fédération des entreprises du numérique Bitkom.

Ces derniers mois, l'Allemagne a connu plusieurs annonces grandiloquentes dans le domaine, comme le futur méga-centre de données du groupe de distribution Schwarz et l'"usine d'IA" de Deutsche Telekom et du fabricant américain de puces Nvidia .

En crise, la première économie européenne souhaite bâtir à foison ces usines du numérique, qui, grâce à leur puissance de calcul et de stockage, sont indispensables pour que les entreprises allemandes s'approprient l'IA.

Si son usage se généralise, le pays pourrait dégager 440 milliards d'euros de valeur ajoutée supplémentaire d'ici 2034, d'après une étude de l'institut IW réalisée avec Google.

Karsten Wildberger promet que des "projets phares" dans l'IA sont lancés quasiment à "rythme hebdomadaire", mais la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates ne va pas assez vite, objecte M. Hecker.

Les États-Unis bâtissent chaque année d'avantage de capacités de calcul que ce que l'Allemagne possède au total, selon Bitkom, tandis que Berlin n'investit qu'une fraction de son budget dans les technologies de pointe.

Au sein de Google Berlin, les annonces du jour sont pour l'instant peu palpables, hormis quelques partenariats avec le constructeur automobile Mercedes-Benz, Deutsche Bank ou le groupe de vente Otto, notamment dans le développement de chatbots sur-mesure.

Pour Kai Wegner, maire de Berlin, la coopération avec Google dans l'IA permettra de nette amélioration dans la gestion du trafic dans la capitale, sujette à de vastes chantiers, mais aussi dans l'administration.

L'édile conservateur veut également faire de Berlin "le site d’innovation numéro un en Europe".

- "Souveraineté", pas "autarcie" -

Inauguration d’un centre d’IA de Google à Berlin, le 5 mars 2026 ( AFP / Tobias SCHWARZ )

Inauguration d’un centre d’IA de Google à Berlin, le 5 mars 2026 ( AFP / Tobias SCHWARZ )

Ces projets poussent néanmoins à s'interroger sur la dépendance technologique de l'Europe aux "big techs" américaines.

"La souveraineté numérique est extrêmement importante pour l’Allemagne et pour l’Europe, mais cela ne veut pas dire qu’il faut tout faire seul", a souligné le ministre du numérique, qui fait confiance à Google pour "sécuriser les données".

Dans le même temps, "il est également important que nous développions plus activement nos propres moyens", a-t-il nuancé.

Même quand les mastodontes américains ne sont pas directement partenaires, on les retrouve au cœur de la chaîne de valeur, de l'infrastructure "cloud" aux processeurs très convoités de Nvidia.

Lors d'un sommet sur la souveraineté technologique en novembre, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont prôné la "préférence européenne" pour développer des champions locaux.

Pour Antonio Krüger, directeur du Centre allemand de recherche pour l'IA (DFKI), il n'est pas "judicieux" de vouloir dépasser la Chine ou les États-Unis là où le retard est trop grand, comme dans les modèles de langage de grande taille (LLM) utilisés par ChatGPT.

L'Europe doit au contraire se spécialiser, grâce à un net avantage: les données industrielles de ses PME et de ses poids lourds, pour entraîner des petits modèles d'IA au sein des usines et des administrations.

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