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"Gilets jaunes"-Le gouvernement promet des "mesures" pour sortir de la crise
information fournie par Reuters 03/12/2018 à 11:27

    * Une trentaine de chefs de partis politiques reçus par
Philippe
    * Le Pen reçue dans l'après-midi, Mélenchon sera absent
    * Les "Gilets jaunes" toujours soutenus par l'opinion

    PARIS, 3 décembre (Reuters) - Débat au Parlement,
consultations politiques et promesse de "mesures" : l'exécutif a
lancé lundi les grandes manoeuvres pour tenter de sortir de la
crise des "Gilets jaunes", deux jours après une éruption de
violence inédite depuis Mai-68 à Paris.
    Le Premier ministre Edouard Philippe a entamé un marathon à
Matignon, où sont attendus 32 élus -- présidents des groupes
parlementaires et responsables des partis et forces politiques.
     Le chef du gouvernement recevra également mardi après-midi
"les membres du collectif des Gilets jaunes ayant sollicité un
rendez-vous", a fait savoir Matignon dans un communiqué, avant
un débat mercredi à l’Assemblée nationale et jeudi au Sénat, "en
application de l’article 50-1 de la Constitution."
    "L'ensemble des consultations, ainsi que celles ayant eu
lieu la semaine dernière, conduiront le Premier ministre à
annoncer les mesures destinées à permettre le déroulement
serein" de la concertation de trois mois sur la transition
écologique promise par Emmanuel Macron "et à assurer le maintien
de l’ordre et le respect de la loi", a ajouté Matignon.
    L'exécutif avait jusqu'à présent exclu toute annonce de
mesures avant l'issue de la concertation territoriale qui doit
permettre de répondre à la fronde des "Gilets jaunes" qui
réclament a minima un moratoire sur la hausse de la taxation des
carburants prévue au 1er janvier prochain.
    
    LE PS VEUT DES "SOLUTIONS DURABLES"
    "Pour la première fois depuis trois semaines, on a un
gouvernement qui saisit l'ampleur du mouvement qui est né avec
les 'Gilets jaunes' mais les réponses restent à apporter", a
réagi le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. 
    Il faut "des solutions durables qui répondent à la demande
des Français", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un
entretien avec Edouard Philippe à Matignon, prônant le
rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF) et une
"discussion large" sur le pouvoir d'achat.     
    La délégation socialiste a été suivie par une délégation du
parti Les Républicains (LR) avec Laurent Wauquiez, Christian
Jacob et Bruno Retailleau.
    "Si le gouvernement veut sortir (de la crise-NDLR), ça ne
passera pas juste par des rencontres polies ou des débats, ça
passe maintenant par des mesures concrètes" et "des gestes
d'apaisement", a prévenu Laurent Wauquiez en quittant Matignon. 
"Ces gestes d'apaisement doivent venir d'une seule décision
attendue par tous les Français : l'annonce de l'annulation des
hausses de taxe" sur le carburant.    
    Dans l'après-midi, la présidente du Rassemblement national
(ex-FN) Marine Le Pen sera à son tour reçue. Le chef de file de
la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, dont le nom
figurait sur la liste des personnalités politiques invitées, ne
sera lui pas présent "pour des raisons d'agenda", mais sera
représenté par une délégation. 
    Face à la crise, l'opposition a accentué ces dernières 48
heures la pression sur l'exécutif. Nicolas Dupont-Aignan,
président de Debout la France, a dit lundi sur BFM TV qu'il
déposerait mardi une proposition de loi avec des mesures pour
sortir de la crise, dont l'arrêt de l'augmentation des prix du
carburant, du fioul et de l'électricité. 
        
    VERS DE NOUVELLES VIOLENCES?   
    Au total, 263 personnes ont été blessées, dont 133 à Paris,
et 630 manifestants ont été placés en garde à vue, dont 378 dans
la capitale, samedi. Des appels à descendre à nouveau dans la
rue samedi prochain sont apparus sur Facebook mais restent
encore "assez disparates", selon le secrétaire d'Etat auprès du
ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. 
    Le gouvernement se prépare toutefois à devoir faire face à
de nouvelles manifestations qui pourraient être plus violentes
que celles de samedi, a-t-il dit sur RTL. 
    Les violences de samedi, dont les images ont fait le tour du
monde, ont entraîné des appels à la démission d'Emmanuel Macron
et à la convocation d'élections anticipées, notamment dans les
rangs de La France insoumise et du Rassemblement national.
    Le chef de l'Etat, qui ne s'est pas exprimé publiquement
depuis samedi et sa conférence de presse finale au G20, a fait
savoir par son entourage dimanche qu'une dissolution de
l'Assemblée n'était pas envisagée.    
    Pour Christophe Chalençon, porte-parole des" Gilets jaunes
libres", qui se rendra mardi à Matignon, "une amorce de
discussion est obligatoire."
    "Il faut arrêter de mettre des rustines sur une chambre à
air qui est prête à exploser", a-t-il dit sur BFM TV. "J'irai (à
Matignon) mais pas pour négocier une paire de cacahuètes". 
     Dans les sondages, le mouvement des "Gilets jaunes"
continue de bénéficier d'un soutien massif des Français (72%),
selon une dernière étude d'Harris Interactive pour RTL et M6
réalisé après les violences de samedi. 

 (Marine Pennetier et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)
 

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