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GIF 2020: La finance ne sauvera pas le monde seule et sans standards
information fournie par Newsmanagers15/10/2020 à 10:15

(NEWSManagers.com) - La crise du Covid-19 est loin d' être terminée pour la gestion d' actifs mais elle n' a rien changé fondamentalement à ce qu' était le secteur avant la pandémie. L' allocation d' actifs des institutionnels est restée stable, l' appétit pour les actifs réels perdure et les questions de digitalisation sont plus que jamais centrales, estime Richard Bruyère, managing partner d' Indefi, qui intervenait ce jeudi 8 octobre sur un panel du Global Invest Forum organisé par l' Agefi à Paris. Pour Yves Perrier, le directeur général d' Amundi également présent sur ce panel, les autres challenges persistants sont connus : la liquidité et l' environnement de taux bas, qui va continuer d' accroître la pression sur les frais de gestion et les marges des sociétés de gestion.

Ce qui change en revanche, hors le télétravail devenu une norme en raison de la pandémie, c' est le rôle de l' industrie de la gestion d' actifs dans son approche de l' investissement durable. Selon Richard Bruyère, la crise du Covid-19 a accentué le focus des gérants d' actifs sur les questions de durabilité. C' est, dit-il, le moment ou jamais pour ceux qui n' ont pas encore travaillé sur ces questions. " Pour les sociétés de gestion qui étaient déjà présentes dans ce domaine, leur avantage compétitif va augmenter en s' intéressant à de nouvelles thématiques comme l' impact, la biodiversité, ou le social qui a longtemps été négligé. Le focus va forcément s' accroître en raison de la demande client, de l' innovation produits et la régulation à venir " , prévient-il.

Prendre la bonne mesure

Faut-il dès lors considérer gérants et fonds de pension, si tancés par nombre d' organisations non gouvernementales, comme les sauveurs, ou du moins les garants de la planète ? Richard Grottheim, directeur général du fonds de pension suédois AP7 et panéliste, est convaincu que sociétés de gestion et fonds de pension " peuvent sauver le monde " de par leurs investissements mais qu' ils n' y arriveront certainement pas seuls. Et surtout pas sans standards communs à l' échelle européenne à minima. " Il est important pour les investisseurs d' avoir des modèles à suivre qui nous permettront de changer les entreprises dans lesquelles nous investissons " , indique-t-il, mettant en avant la problématique de la mesure de l' impact. " Notre empreinte carbone a certes baissé mais cela n' a eu aucun impact sur le reste du monde " , dit Richard Grottheim, qui regrette les longues tergiversations des politiques au sujet des décisions à prendre sur le sujet du changement climatique et du carbone quand le presque arrêt de l' économie mondiale en raison du Covid-19 s' est décidé en deux semaines seulement.

Pour Fraser Smart, directeur général de British Airways Pensions qui s' est lui aussi exprimé lors du GIF, " la durabilité sera un challenge fondamental et difficile, en particulier pour les petits gérants d' actifs et institutionnels. " " Nous pouvons faire la différence à travers les encours que nous gérons. Mais nous devenons quelque peu un enjeu politique. Le gouvernement britannique est enclin à forcer les fonds à utiliser leur capital dans un but particulier " , soutient-il. Ce dernier confie qu' il est quotidiennement contacté par des organisations lui proposant une nouvelle méthodologie de mesure ou de gestion de la durabilité. Le directeur général de British Airways Pensions s' inquiète au fond d' une possible recrudescence de mesures et standards ESG/ISR qui, au final, déboucherait sur une action collective minimale des investisseurs en matière de durabilité. Tout comme Richard Grottheim, il plaide pour des standards communs sur ce sujet.

Pas de cadre réglementaire, pas de transition

Yves Perrier aussi veut des standards concrets. Le directeur général d' Amundi estime qu' il y a beaucoup de confusion autour de l' ESG, de la question verte plus généralement. " Il faut clairement identifier l' objectif, qui est de s' aligner sur l' Accord de Paris. L' élément crucial pour cela demeure la transition énergétique. Cela implique deux choses : changer l' offre énergétique et devenir des consommateurs d' énergie plus efficients. Cependant, la responsabilité de définir le cadre autour de l' offre qui permettra la transition énergétique incombe aux gouvernements, pas au secteur financier ni aux entreprises. Nous ne pouvons qu' accompagner la transition énergétique mais nous ne pouvons pas nous substituer aux gouvernements sur le cadre réglementaire. Or, les politiques européens ne sont pas capables aujourd' hui de définir le cadre de l' offre énergétique nécessaire pour la transition parce qu' ils ne sont pas sur la même ligne " , développe-t-il. Yves Perrier fait ici référence à la bataille " idéologique " des Etats sur la présence du nucléaire ou non dans la taxonomie verte, qui ne permet pas d' avancer sur le sujet de la transition énergétique. Le directeur général d' Amundi constate en outre que les financements ne manquent pas dans ce domaine en Europe contrairement aux projets. " Si nous n' atteignons pas l' objectif de la transition énergétique, nous n' atteindrons pas davantage les autres " , juge-t-il, ajoutant que celle-ci ne saurait être gérée sans parallèlement renforcer la cohésion sociale dans les Etats.

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