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GESTION 2019-Amundi conseille de reprendre progressivement du risque
information fournie par Reuters 10/01/2019 à 16:12

    * La croissance va ralentir mais de façon modérée
    * Les banques centrales vont rester accommodantes
    * Des opportunités à saisir en dépit des risques politiques
    * Les marchés émergents mis en avant

    PARIS, 10 janvier (Reuters) - La société de gestion d'actifs
Amundi  AMUN.PA  ne prévoit qu'un ralentissement modéré de
l'économie mondiale en 2019, ce qui, couplé avec des banques
centrales accommodantes, devrait permettre de créer des
opportunités en dépit de la persistance des incertitudes.
    "L'année 2019 sera une année indécise, risquée et
incertaine. Il ne faudra pas s'en émouvoir en intégrant le fait
que les risques politiques sont désormais une donnée
structurelle", a indiqué jeudi son directeur général Yves
Perrier lors d'une conférence de présentation des perspectives
pour cette année.
    Trois convictions sont mises en avant par la société de
gestion pour 2019:
     La première est que la croissance économique va ralentir
dans les trois grandes zones que sont les Etats-Unis, la Chine
et l'Europe mais elle devrait rester solide au niveau mondial,
autour de 3,5%.
    Amundi prévoit une croissance de 1,5% pour la zone euro
cette année, de 2,4% aux Etats-Unis et de 6,2% en Chine.
    "Nous ne sommes pas inquiets sur le cycle américain", a
commenté Philippe Ithurbide, directeur de la recherche. "Nous ne
voyons pas de déclencheurs d'une récession - guerre commerciale
et erreur de la Réserve fédérale - à un horizon de 18 mois".
    Il prévient néanmoins qu'en Europe, le secteur automobile
pourrait se retrouver la cible du président américain Donald
Trump, qui a déjà menacé par le passé de taxer les importations
de voitures européennes, ce qui aurait un impact direct sur la
prévision de croissance pour cette région.  
    Autre conviction pour 2019, "la normalisation des politiques
monétaires restera très progressive", pointe Yves Perrier.
    "Aux Etats-Unis, nous voyons bien avec les débats récents
que la Réserve fédérale est consciente que le rythme du
resserrement monétaire ne doit pas mettre en danger l'économie
et les marchés. De son côté, la Banque centrale européenne entre
dans une nouvelle phase mais elle aura le souci de l'impact de
sa politique sur la solvabilité des Etats et la croissance
économique", explique le dirigeant du premier gestionnaire
d'actifs européen.
    Enfin, les risques géopolitiques vont rester présents mais
pour le moins limités. "Nous allons vivre dans l'incertitude
mais nous ne citons pas de drames pour la période qui vient",
indique Yves Perrier.
    
    "DU COURAGE"
    Pour les investisseurs en actions, ce contexte va se
traduire par un marché "non directionnel" où il faudra choisir
les entreprises et les secteurs pour leur mérite propre,
explique Yves Perrier. 
    "Ce sera l'année du stock-picking plus que jamais avec le
souci permanent de maintenir des poches de liquidité au sein des
portefeuilles".
    Les gérants d'Amundi conseillent de démarrer l'année avec
une allocation défensive compte tenu de la volatilité élevée et
de réduire l'exposition aux actifs risqués. Avant d'accroître
progressivement le risque au sein des portefeuilles au cours de
l'année.
    "Il va falloir du courage pour reprendre du risque dans une
année où c'est l'enjeu", a indiqué Pascal Blanqué, directeur des
investissements. 
    "Je suis convaincu que les taux vont rester relativement
bas, ce qui veut dire que les actifs risqués ont un couple
rendement-risque plus fort que ce que l'on pense. La position
naturelle est de reprendre du risque", a-t-il ajouté.
    Les équipes d'Amundi estiment qu'ils existent en particulier
des opportunités dans les marchés émergents.
    "Les marchés émergents vont surperformer cette année, et
cela a déjà commencé depuis deux à trois mois", explique Pascal
Blanqué.
    Outre les valorisations, l'arrêt de la hausse du dollar et
la pause attendue dans le rythme du resserrement monétaire de la
Fed constituent des éléments favorables.
    Pascal Blanqué met en avant les pays émergents avec une
trajectoire budgétaire soutenable et des marges de manoeuvre
monétaire, comme la Russie ou encore la Chine.
    Il cite aussi ceux ayant un moteur de croissance autonome
alimenté par le développement de la consommation des services,
comme l'Indonésie et l'Inde, et conseille de privilégier plutôt
les pays consommateurs de pétrole que producteurs. 
    
    Voir aussi :
    LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants et
stratèges  

 (Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal)
 

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