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Geneuro : Servier quitte le navire, le titre plonge
information fournie par Biotech Finances 18/09/2018 à 17:10

La société, qui disposait de 17,1 millions d'euros de trésorerie nette à fin juin, a environ douze mois d'autonomie financière devant elle. (crédits : Adobe Stock)

La société, qui disposait de 17,1 millions d'euros de trésorerie nette à fin juin, a environ douze mois d'autonomie financière devant elle. (crédits : Adobe Stock)

La biotech suisse, cotée à Paris, a annoncé que Servier - son partenaire depuis 2014 -avait renoncé à exercer l'option qu'il détenait sur GNbAC1, le produit phare de Geneuro. Le titre perd près de 20% aujourd'hui.

Le développement de ce produit dans la sclérose en plaques était jusqu'à présent financé par Servier. L'option de licence permettait au groupe français d'en acquérir les droits sur les marchés mondiaux hors États-Unis et Japon, en contrepartie de la prise en charge d'une étude clinique finale (phase III). Mais Servier, qui aura dépensé plus de 37 millions d'euros dans ce projet, a finalement décliné.

Les résultats de phase II (270 patients), publiés fin mars n'avaient certes pas permis d'écarter les risques et les doutes sur le potentiel de cet anticorps monoclonal ciblant pHERV-W, une protéine pathogène impliquée dans la maladie. Le critère principal de l'essai, la réduction de la neuro-inflammation n'avait, notamment, pas été atteint. L'étude avait cependant démontré, de manière statistiquement significative, l'impact du produit sur trois critères d'évolution de la neuro-dégénérescence : l'atrophie du cerveau, la destruction des tissus du cerveau et la remyélinisation. Les résultats avaient d'ailleurs été salués par les investisseurs.

Voir le bon côté des choses

Il est impossible de savoir si Servier a jugé, après une lecture approfondie de ces données, que les risques de développement étaient trop élevés. Ou, si, comme le suggère le communiqué, la décision est liée à des considérations stratégiques. En juillet, il est vrai, le groupe français a fait l'acquisition, pour 2,4 milliards de dollars, des actifs cancérologie du laboratoire Shire, déplaçant ainsi le centre de gravité de ses priorités thérapeutiques. De plus, en début d'année, Servier a ouvert, pour la première fois de son histoire, un bureau aux États-Unis. Mais on ne saura pas si Servier a cherché à obtenir les droits mondiaux de GNbAC1.

Les dirigeants veulent voir le bon côté des choses. «Nous sommes désormais en mesure de négocier, avec un acteur industriel, un partenariat mondial», explique Jesus Garcia Martin, le CEO. Par ailleurs, GNbAC1, en s'attaquant à la neuro-dégénérescence là où tous les produits actuellement prescrits sont des anti-inflammatoires, présente un mode d'action unique. Il pourrait donc être développé, non seulement en monothérapie mais également en combinaison. Un facteur clé de valorisation du produit et un levier que Servier ne pouvait pas actionner, faute d'avoir en portefeuille des médicaments pour la sclérose en plaques.

Douze mois d'autonomie financière

Enfin, Geneuro pourrait envisager un accord englobant toutes les indications potentielles de GNbAC1. Des résultats provisoires d'un essai de phase IIa mené dans le diabète de type 1 (six mois sur douze, 60 patients) seront dévoilés d'ici la fin du mois. Ils seront un catalyseur clé pour une éventuelle revalorisation du titre.

La société, qui disposait de 17,1 millions d'euros de trésorerie nette à fin juin, a environ douze mois d'autonomie financière devant elle. Un compte à rebours pour trouver un industriel prêt à investir plusieurs centaines de millions d'euros, dans une phase III, que Geneuro ne pourra, en tout état de cause, pas se payer.

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