Les pressions sur les coûts de production au Royaume-Uni se sont considérablement accrues en mars et les retards de livraison — dus au détournement des navires en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz — ont atteint leur plus haut niveau depuis mi-2022, selon une enquête publiée mercredi.
L'indice final des directeurs d'achat (PMI) dans le secteur manufacturier britannique, calculé par S&P Global, a chuté à 51,0 en mars, contre une estimation préliminaire de 51,4 et 51,7 enregistré en février.
Le sous-indice de production, très surveillé, a chuté à 49,2, sa première contraction depuis septembre, contre 52,5 en février, tandis que la croissance des nouvelles commandes a ralenti.
Les coûts des intrants ont augmenté au rythme le plus rapide depuis octobre 2022, à 71,0, et la variation par rapport à février a représenté la plus forte hausse mensuelle de l'indice depuis octobre 1992, après le retrait du Royaume-Uni du mécanisme de taux de change européen.
L'indice des coûts des intrants de mars était légèrement supérieur à l'estimation préliminaire de 70,2 et reflétait principalement la hausse des prix du pétrole et du gaz, ainsi que l'augmentation des coûts de transport causée par l'escalade du conflit au Moyen-Orient, a indiqué S&P.
Les prix à la production ont connu leur plus forte hausse en près d'un an, les fabricants ayant commencé à répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs clients.
"La guerre au Moyen-Orient et les inquiétudes persistantes concernant la politique économique nationale ont conduit à une réduction de la production", a déclaré Rob Dobson, directeur chez S&P Global Market Intelligence.
Il souligne que la baisse de la production est probablement due à un problème d'approvisionnement plutôt qu'à une baisse de la demande, même si cette dernière serait mise à rude épreuve si le conflit n'est pas rapidement résolu.
Les retards de livraison ont pour leur part augmenté au rythme le plus rapide depuis juillet 2022, les navires ayant été détournés du détroit d'Ormuz, que l'Iran maintient de facto fermé après l'opération américano-israélienne contre l'Iran débutée fin février.
Ces données ont mis en évidence le dilemme de la Banque d'Angleterre (BoE).
Les investisseurs s'attendent à ce que la banque centrale relève ses taux deux, voire trois fois cette année, afin d'empêcher que la flambée de l'inflation causée par la guerre ne devienne un problème à long terme pour l'économie britannique.
La plupart des économistes interrogés par Reuters estiment toutefois que la BoE devrait attendre d'avoir une idée plus précise de l'ampleur de l'impact du conflit avant d'agir, le rythme faible de la croissance économique pouvant réduire les risques inflationnistes.
Le sous-indice de l'emploi a baissé pour le 17e mois consécutif, enregistrant son rythme de baisse le plus rapide depuis sept mois.
L'optimisme des entreprises quant à l'année à venir a atteint son plus bas niveau depuis six mois.
(Suban Abdulla; version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)

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