par Elizabeth Pineau
PARIS, 9 juin (Reuters) - Quatorze ministres, soit la moitié du gouvernement d'Elisabeth Borne, elle-même en lice, sont candidats aux élections législatives des 12 et 19 juin, au risque de perdre leur portefeuille en cas de défaite.
Comme en 2017, la règle imposée par l'Elysée veut qu'un ministre battu dans les urnes quitte le gouvernement, ce qui met en péril le portefeuille de membres de l'équipe nommée le 20 mai dernier.
Candidate dans la 6e circonscription du Calvados où elle a des attaches familiales, Elisabeth Borne a de bonnes chances de l'emporter, ce qui constituera la première élection de sa carrière politique. Selon un sondage Ifop-Fiducial, l'ancienne préfète et ministre devenue Première ministre gagnerait au second tour face à Noé Gauchard (La France insoumise, LFI) avec 58% des voix.
Consciente de l'enjeu, la cheffe du gouvernement passe toute cette fin de semaine en Normandie pour convaincre les électeurs du bien-fondé de mettre en musique le projet d'Emmanuel Macron, réélu il y a sept semaines.
Le président s'est symboliquement jeté dans la bataille en se rendant mercredi à Clichy-sous-Bois, ville défavorisée d'un département de la Seine-Saint-Denis qui a massivement voté pour le chef de file de LFI Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.
Au sein du gouvernement, le verdict des urnes sera déterminant pour Damien Abad, ex-président du groupe Les Républicains (LR) à l'Assemblée nationale devenu ministre des Solidarités. Fragilisé par des accusations de viols qu'il nie, celui qui a été exclu de LR affronte dans l'Ain un candidat de son ancien parti, Julien Martinez.
A Paris, l'équation politique est compliquée pour le ministre délégué chargé de l'Europe Clément Beaune. Ce "macroniste" de la première heure y affronte la candidate de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) Caroline Mécary, donnée gagnante par un récent sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche.
Toujours dans la capitale, Stanislas Guerini a fort à faire dans la 3e circonscription, à cheval sur les XVIIe et XVIIIe arrondissements, où le nouveau ministre de la Fonction publique doit défendre son bilan de député et de délégué général du parti présidentiel La République en marche, rebaptisée Renaissance.
La Nupes espère aussi mettre en difficulté la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin dans l'Essonne et la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, candidate à sa propre succession dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais, département où le Rassemblement national fait de bons scores.
La secrétaire d'État à la Mer, Justine Benin, aura du mal à conserver son siège de députée de Guadeloupe dans une circonscription où La France insoumise est en position de force après avoir remporté plus de 52% des voix à la présidentielle.
Voir aussi : France-Elections législatives à risque pour le camp Macron nL8N2XU1MQ
(Reportage Elizabeth Pineau)

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