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France-Nouvelle étape judiciaire pour Amazon, les vendeurs tiers pénalisés
information fournie par Reuters 24/04/2020 à 13:45

par Sarah White et Gwénaëlle Barzic

PARIS, 24 avril (Reuters) - La cour d'appel de Versailles (Yvelines) doit trancher ce vendredi sur l'appel d'Amazon

AMZN.O concernant la restriction de son activité en France aux produits d'alimentation, d'hygiène et de santé, qui a affecté par ricochet l'activité de nombreuses petites entreprises.

Le confinement instauré dans de nombreux pays pour tenter de ralentir la progression de la pandémie de coronavirus s'est accompagné d'une explosion des commandes en ligne, mais le contexte sanitaire a également suscité à travers le monde des mouvements de protestation des salariés du géant américain, inquiets des conditions de sécurité dans les entrepôts du groupe.

En France, le bras de fer a été porté sur le terrain judiciaire, soulignant les difficultés des entreprises à concilier poursuite de l'activité et protection de la santé de leurs salariés, une problématique qui va se généraliser en Europe avec la levée progressive du confinement en vue dans plusieurs pays.

La bataille judiciaire en cours entre Amazon et des organisations syndicales représentant ses salariés a eu pour corollaire une accentuation des pertes de nombreuses petites entreprises françaises qui parvenaient encore à vendre et livrer leurs produits via les services du géant en ligne.

"C'est l'horreur absolue", a déclaré Yannick Jan, qui gère la boutique en ligne d'imprimerie Univers Graphique, basée en région parisienne.

Depuis la fermeture des entrepôts d'Amazon le 16 avril, il doit organiser par ses propres moyens la livraison de 600 commandes chaque jour - contre 80 en moyenne d'habitude - et a rappelé certains de ses salariés qui avaient été mis en chômage partiel.

Alors que les commandes avaient déjà commencé à décliner en janvier, ses marges sont désormais érodées par la flambée des coûts de livraison puisqu'il est désormais contraint de faire appel à des transporteurs plus coûteux, dont les services de La Poste.

BOUÉE DE SAUVETAGE

Quelque 10.000 vendeurs tiers français sont présents sur la plate-forme de commerce en ligne du géant américain et bon nombre d'entre eux utilisent également ses services logistiques.

Leurs produits étant désormais bloqués dans les entrepôts fermés, Amazon a suspendu certains frais de stockage pour aider les PME françaises.

Sylvain Flipot, dont l'entreprise Ponera commercialise par l'intermédiaire d'Amazon à travers l'Europe un large éventail de produits allant des selles d'équitation aux déguisements, explique ainsi qu'une grande partie de ses stocks sont désormais bloqués dans l'entrepôt de Lauwin-Planque (Nord) du géant d'internet.

Son entreprise a pu effacer une partie des pertes découlant de la crise sanitaire, grâce aux ventes de produits d'hygiène comme les savons, mais les ventes de Ponera en France ont chuté de 80% depuis la fermeture des entrepôts d'Amazon et les exportations restent compliquées.

"On envoie les marchandises en Allemagne. Mais ça nous coûte quatre fois plus cher et les délais sont beaucoup plus longs aussi", souligne Sylvain Flipot.

Pour certains petits commerçants, la vente en ligne représente une véritable bouée de sauvetage face à la baisse de fréquentation enregistrée depuis le confinement.

"On faisait en moyenne cinq commandes par semaine (avec Amazon) ce qui n'est pas beaucoup par rapport à notre boucherie. On est passés pour la viande à 50 colis jour", explique Victor Mazoyer, artisan-boucher dans la Drôme.

Les organisations syndicales d'Amazon ont obtenu une première victoire en France la semaine dernière, le tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) ayant sommé le groupe américain de restreindre sous 24 heures son activité aux produits essentiels, c'est-à-dire d'alimentation, d'hygiène et de santé, le temps qu'une évaluation des risques professionnels puisse être menée.

Cette décision a été assortie d'une astreinte d'un million d'euros par jour de retard ou par infraction constatée.

Les salariés du groupe de Jeff Bezos se plaignaient d'être trop nombreux dans les entrepôts pour garantir leur sécurité sanitaire et soulignaient qu'ils géraient encore l'envoi de produits aussi divers que des sex-toys ou des jeux vidéo.

Le groupe basé à Seattle, qui défend des procédures de protection sanitaire adéquates, a donc décider de fermer ses entrepôts au moins jusqu'au 25 avril, dans l'attente des résultats de son appel.

Si la cour d'appel de Versailles venait à rejeter l'appel d'Amazon contre la limitation de son activité aux produits essentiels, le groupe pourrait encore tenter de conclure un compromis avec les représentants de ses salariés en vue de la réouverture de entrepôts.

"Je tiens à rassurer tout le monde. On va vers un dénouement", a déclaré Laurent Degousée, en charge d'Amazon au sein de la fédération commerce du syndicat SUD-Solidaires, à l'origine de la saisie de la justice.

(Version française Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)

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2 commentaires

  • 24 avril 14:43

    Il doit y avoir une erreur dans l article ... organisations syndicales représentant les salariés ... ça doit être les syndicats des entrepots allemands je suppose ...


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