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France-Les lunettes connectées de Meta dans l'oeil de mire de la justice et des régulateurs
information fournie par Reuters 18/09/2026 à 08:00
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par Juliette Jabkhiro et Elizabeth Howcroft

Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des faits présumés de harcèlement sexuel impliquant des lunettes connectées et, de son côté, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a reçu des plaintes au sujet de l'utilisation abusive de cet accessoire.

Il existe plusieurs modèles de lunettes connectées sur le marché, le plus vendu étant celui fabriqué par le géant américain de la technologie Meta META.O en collaboration avec le lunettier franco-italien EssilorLuxottica ESLX.PA , avec une part de marché d'environ 76% au niveau mondial.

Les lunettes de Meta - dotées d'intelligence artificielle et équipées d'une petite caméra permettant à son propriétaire de filmer discrètement - ont connu un succès mondial, avec sept millions d'unités vendues l'année dernière.

Et les derniers chiffres de vente d'EssilorLuxottica laissent entrevoir une "croissance exponentielle" en 2026.

Mais le succès commercial de ces lunettes a entraîné une multiplication de cas d'harcèlement sexuel, de surveillance non autorisée ou encore d'irrégularités au sein d'entreprises, cas sur lesquels se sont penchés la justice, des régulateurs et des associations de défense des droits.

Certains cinémas britanniques ont interdit les lunettes connectées dans leurs salles et une association allemande de défense des consommateurs a déposé une plainte pénale contre Meta et d'autres entreprises commercialisant les lunettes à intelligence artificielle du groupe en Allemagne, arguant que ces appareils enfreignent la législation sur la protection de la vie privée.

"De plus en plus de personnes utilisent nos lunettes IA, car elles sont véritablement utiles au quotidien (...) Les utilisateurs et leur entourage doivent pouvoir leur faire confiance", a déclaré Meta dans un communiqué.

"C'est pourquoi nous avons intégré la protection de la vie privée dès la conception de nos lunettes connectées (...) Chaque paire est équipée d'une LED de capture qui clignote lorsque vous prenez une photo ou enregistrez une vidéo que vous pouvez enregistrer ou partager (...) cette LED ne peut pas être désactivée", a poursuivi le groupe.

EssilorLuxottica n'a répondu de son côté à une demande de commentaire.

NE PAS PORTER LA RESPONSABILITÉ SUR LA PERSONNE FILMÉE

Le parquet de Paris a dit à Reuters avoir ouvert au moins une enquête pénale à la suite de plaintes pour harcèlement sexuel impliquant des lunettes connectées. Ces dernières ont en effet été utilisées pour filmer des femmes dans la rue, sans leur consentement, avec, ensuite, publication de vidéos en ligne.

Le parquet n'a pas souhaité donner plus de détails, tout en précisant que sa cellule chargée de la cybercriminalité avait testé ces appareils il y a deux semaines afin de mieux cerner les infractions potentielles pouvant être commises à l'aide de ces lunettes connectées.

La CNIL, l'autorité française chargée de la protection des données, a de son côté dit avoir reçu près de 10 plaintes concernant l'utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail. Elle a également précisé que les entreprises la contactaient de plus en plus souvent pour savoir si elles pouvaient en interdire l'utilisation au travail.

Les lunettes connectées posent de "véritables enjeux" quand il s'agit d'informer les personnes qu'elles sont filmées et obtenir leur consentement si nécessaire, a déclaré Nacera Bekhat, responsable des affaires économiques à la CNIL.

Les appareils portables dotés d'IA sont régis par la loi européenne sur l'IA et le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Bien que la législation française prévoie des mesures de protection de la vie privée, notamment des sanctions en cas d'enregistrement d'images d'une personne dans un lieu privé sans son consentement, l'application de ces dispositions peut s'avérer difficile, en particulier lorsque le contenu est rapidement diffusé en ligne, ont dit des experts à Reuters.

Un petit voyant lumineux intégré dans la monture des lunettes connectées indique que l'enregistrement est en cours, mais selon ces experts cela fait peser sur l'individu la responsabilité d'éviter d'être filmé, les femmes et les minorités de genre étant de ce point de vue particulièrement vulnérables.

"Voir un voyant s'allumer ne veut pas dire que l'on consent à être filmé ni voir son image diffusée auprès de milliers de personnes par la suite", a déclaré Inès Legendre, juriste chez e-Enfance, une association de protection de l'enfance sur internet.

De son côté, Inès Girard, qui dirige des projets liés à la violence de genre facilitée par les technologies au sein de l'organisation féministe Hubertine Auclert, estime que le secteur des technologies devrait en faire davantage pour prévenir les abus.

"On ne peut pas répondre à une technologie de surveillance en demandant aux personnes surveillées d'être davantage vigilantes, alors que c'est la responsabilité des personnes qui ont des lunettes connectées", a-t-elle dit.

(Version française Benoit Van Overstraeten)

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2 commentaires

  • 18 septembre 11:10

    n'importe quoi, dans ce cas il faut interdire les smartphones avec caméras. que l'on soit filmé par des lunettes avec une led qui vous averti où par un smartphone, quelle est la différence?


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