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France-Le nouveau bonus aidera les EV européens, mais à la marge
information fournie par Reuters 20/09/2023 à 19:13

        * 
      Le bonus fera la différence pour les futures voitures à
€25.000
    

        * 
      Même sans aide, certains modèles chinois resteront
compétitifs
    

        * 
      Au total, les nouvelles règles freineront le marché en
2024-S&P
    

        * 
      Renault ne rapatriera pas Spring, MG songe à produire en
Europe
    

  
    par Gilles Guillaume et Leigh Thomas
       PARIS, 20 septembre (Reuters) - Les nouvelles règles du
bonus électrique français, publiées mercredi au Journal
officiel, devraient exclure de l'aide publique plusieurs modèles
fabriqués en Chine au nom du bilan CO2 de leur cycle de
production, mais sans permettre encore aux Européens de combler
totalement leur retard de compétitivité.
    La liste des voitures éligibles au nouveau bonus, compris
actuellement entre 5.000 et 7.000 euros, et les éventuelles
dérogations, seront connues dans moins de trois mois. Le
gouvernement a modifié les règles d'attribution de cette
enveloppe d'un milliard d'euros par an pour réduire les
importations de carbone et soutenir les constructeurs français
et européens.
    Les autorités en Europe estiment que les modèles chinois
sont moins chers de 20% environ à leurs homologues européens.
Pour des voitures à moins de 25.000 euros, le bénéfice exclusif
d'un bonus de 5.000 euros permettrait de revenir à parité avec
la concurrence, mais ces modèles se font encore attendre.
    Il faudra ainsi patienter jusqu'en 2024 pour que deux
best-sellers potentiels de la catégorie des citadines
"abordables", la Citroën e-C3 de Stellantis, fabriquée en
Slovaquie, et la R5 de Renault, assemblée en France, débarquent
sur le marché.
    D'ici là, la plupart des modèles chinois ou fabriqués en
Chine resteront plus compétitifs, même sans bonus. Démarrant à
30.000 euros, la MG4 du groupe SAIC demeurerait moins chère que
la Renault Mégane, un autre modèle du segment compact, qui
débute à 38.000 euros - donc 33.000 après le bonus de base.
    Quant à la petite Dacia Spring du groupe Renault, fabriquée
en Chine, son prix de départ ressort à 20.800 euros hors bonus,
juste au-dessus des 20.200 après bonus de la Renault Twingo
fabriquée en Slovénie, un modèle en fin de vie.
    "Les marques chinoises devraient représenter environ 10% des
ventes de véhicules électriques en 2024. Si la plupart d'entre
elles sont concernées par l'absence de bonus, cette part
pourrait baisser autour de 7-8%", commente Lorraine Morard,
analyste prévisions des ventes chez S&P Global Mobility.
    Le durcissement du bonus ferait ainsi stagner la part de
marché des marques chinoises par rapport à 2023. Les modèles
européens pourraient alors en profiter, sauf si les nouvelles
règles font caler l'ensemble du marché.
    "Pour le moment, nous nous attendons à un impact général de
réduction de la croissance des véhicules électriques en 2024",
ajoute Lorraine Morard.
    L'instauration du nouveau bonus modifiera aussi la
trajectoire des ventes de la fin de l'année et du début de l'an
prochain car elle devrait doper les commandes passées jusqu'au
15 décembre, date du changement de règles.
    
    UNE PRIME A LA RELOCALISATION ?
    Autre argument avancée par le gouvernement français, sur le
modèle de l'IRA américain, la perte du bonus pourrait inciter
certains constructeurs à rapatrier des fabrications sur le sol
européen pour regagner des points en terme de bilan carbone,
mais tous n'y sont pas prêts.
    Interrogé au salon de l'automobile de Munich, début
septembre, le directeur général de Renault avait semblé fermer à
la porte à une relocalisation de la Spring.
    "Si je l'amène en Europe, elle va être encore moins
compétitive, on va dire qu'elle est trop chère", avait-il dit à
des journalistes.
    Dans une note, la société d'étude EuroIntelligence estime au
contraire que Tesla, dont le modèle Y est depuis le début de
l'année la voiture électrique la plus vendue en France devant la
Spring, la Peugeot e-208 et la Fiat 500e, pourrait répondre à
l'évolution du bonus en transférant une partie de sa production
de Chine vers l'Europe.
    "Mais ce n'est qu'une photo instantanée. Pour la suite,
l'essentiel de la demande en voitures électriques se portera sur
des véhicules plus petits, un segment actuellement dominé par la
Chine", ajoute EuroIntelligence.
    Sur les sept premiers mois de 2023, la Chine a plus que
doublé le nombre de ses véhicules électrifiés - électriques et
hybrides - exportés à travers le monde, à 903.038 unités.
    La Commission européenne, qui a ouvert une enquête sur la
manière dont la Chine subventionne ses exportations, estime que
cette offensive va aller croissant et que la part de marché des
voitures électriques chinoises en Europe pourrait doubler en
2025 pour atteindre 15%.
    "La transition énergétique doit permettre de créer des
usines et des emplois industriels sur notre territoire", a
déclaré Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition
énergétique, citée dans un communiqué publié lundi à l'occasion
de la présentation du nouveau bonus.
    "En imposant un critère environnemental sur le bonus
écologique et le leasing social, nous donnons un avantage aux
entreprises françaises et européennes qui font l'effort de
diminuer leur empreinte environnementale."
    Haojie Guo, PDG de MG Motor France, a annoncé dès juillet
que que SAIC préparait l'implantation prochaine d'une usine sur
le sol européen. "Le groupe SAIC Motor, propriétaire de MG
Motor, est actuellement en phase d'évaluation pour choisir un
site au sein de l'Union Européenne et communiquera à ce sujet
une fois l'emplacement choisi", a-t-il déclaré dans un
communiqué.  

 (Reportage Gilles Guillaume, édité par Nicolas Delame)
 

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