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Faure, en campagne pour les municipales, le regard tourné vers 2027
information fournie par AFP 13/02/2026 à 16:04

Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure à l'Assemblée nationale, le 29 octobre 2025 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure à l'Assemblée nationale, le 29 octobre 2025 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Mobilisé sur le terrain pour appuyer les candidats de gauche aux municipales contre l'extrême droite, Olivier Faure doit aussi convaincre son propre parti de l'intérêt d'une primaire pour la présidentielle de 2027, mise en péril par l'opposition de plusieurs de ses ténors.

Le premier secrétaire du PS était en déplacement à Avignon jeudi soir pour soutenir David Fournier, adjoint à la maire socialiste sortante Cécile Helle, qui ne se représente pas. Il a enjoint les électeurs lors d'une réunion publique d'être "le rempart face à l'extrême droite", lors des scrutins des 15 et 22 mars, dans un département au fort ancrage RN.

"Faites en sorte qu'à Avignon, quand on s'appelle Zaïd ou Christine, quelle que soit sa religion, quelle que soit sa couleur de peau, quelles que soient ses origines, chaque enfant sache qu'il est ici chez lui", a-t-il martelé, en référence au premier bébé de l'année dans la ville, Zaïd, ciblé par une campagne raciste.

C'est également la crainte de voir le RN l'emporter en 2027 qui est son principal argument pour une union de la gauche non mélenchoniste à la prochaine présidentielle, via une primaire.

Mais alors qu'il a participé, fin janvier à Tours, au lancement de cette primaire, prévue le 11 octobre avec notamment les Écologistes et d'ex-Insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin, ce processus est loin de séduire toutes ses troupes.

L'ex-président François Hollande, le chef des députés Boris Vallaud, ou le député Jérôme Guedj - qui s'est déjà déclaré candidat à la présidentielle-, y sont opposés.

Le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, favori des sondages à gauche, se refuse également à y participer.

"L'objectif, ce n'est pas la primaire mais un candidat commun de la gauche à la présidentielle. Si quelqu'un a un autre moyen pour y arriver, je prends", rétorque le patron des roses devant quelques medias.

Certains de ses détracteurs objectent que le PS devrait sortir renforcé de la séquence municipale, et pourrait alors asseoir son leadership sur ses partenaires de gauche, plus faibles. "Car qui au PS va vouloir coller les affiches de Clémentine Autain si elle gagne?", interroge un député.

"Si quelqu'un arrive à convaincre tout le monde de s'aligner derrière un socialiste pour la présidentielle, j'y vois aucun inconvénient", répond Olivier Faure.

Lui soutient qu'il faut "un mécanisme accepté par tous les acteurs". "Sinon, ça ne marche pas", ajoute-t-il, refusant de "jouer à la roulette russe une élection présidentielle où l'extrême droite est à 40%".

- "Prime au sang froid" -

Mais ses opposants argumentent aussi que la primaire, prévue le 11 octobre, pousse à la radicalité et au "plus à gauche que moi tu meurs".

Conscient de ce sujet, alors qu'il a lui même recentré son parti en acceptant de négocier avec le gouvernement sur le budget, le patron des socialistes plaide pour une primaire "sans faire campagne" et éviter ainsi toute prime à la radicalité.

Les militants socialistes se prononceront sur l'opportunité de cette primaire à l'issue des municipales.

"Elle sera approuvée par la base", veut croire une députée fauriste.

C'est ce que pense aussi Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, soulignant que selon un sondage Ipsos -BVA, 75% des électeurs et sympathisants socialistes souhaitent une primaire.

"Faure ça fait cinq ans qu'il a du mal dans son parti, et il est toujours là, c'est la prime au sang froid", sourit-elle.

Désigné mercredi soir "député de l'année", après avoir été reconnu fin décembre comme personnalité politique de l'année par Challenges, Olivier Faure se prépare à être lui-même candidat. Même s'il ne franchit pas encore le pas.

Car malgré une forte exposition médiatique, le député peine à exister dans les sondages, cantonné autour de 5% des intentions de votes.

Les municipales lui permettent pour l'instant de temporiser et de laisser mûrir le sujet, tout en se déplaçant sur le terrain.

"Il a des ambitions présidentielles c'est évident et c'est pas illégitime, ça fait trois fois qu'il gagne le congrès", remarque un élu qui n'est pourtant pas de son courant.

Ses partisans commencent déjà sa campagne. Sur TikTok, le PS a publié une courte vidéo intitulée "Faure sure", renvoyant à l'expression d'Emmanuel Macron à Davos, devenue virale.

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