par Pete Schroeder et Trevor Hunnicutt
WASHINGTON, 10 juillet (Reuters) - Facebook FB.O ne pourra
faire avancer le projet de monnaie virtuelle Libra tant qu'il
n'aura pas répondu aux vives inquiétudes qu'il soulève, a
déclaré mercredi le président de la Réserve fédérale américaine,
Jerome Powell.
Les propos du patron de la banque centrale américaine font
écho aux réserves déjà émises notamment par le gouverneur de la
Banque de France François Villeroy de Galhau et par Mark Carney,
celui de la Banque d'Angleterre (BoE).
"Je ne pense pas que le projet puisse aller de l'avant (...)
sans une large approbation sur la manière dont l'entreprise
répond (aux inquiétudes) sur le blanchiment d'argent, et tous
ces types de questions", a déclaré Jerome Powell devant la
commission des Services financiers de la Chambre des
représentants américaine.
Le président de la Fed a relevé que Libra, le projet de
monnaie virtuelle dévoilé par Facebook, le mois dernier suscite
de "graves inquiétudes" auprès des autorités de régulation.
Libra, dont le lancement est prévu l'an prochain, doit
permettre au premier réseau social de s'imposer dans les
paiements, les services financiers et le commerce en ligne dans
le monde entier grâce à ses milliards d'utilisateurs.
"Libra soulève de graves inquiétudes concernant la vie
privée, le blanchiment d'argent, la protection des consommateurs
et la stabilité financière", a souligné Jerome Powell.
"Ce sont des craintes qui doivent être traitées en
profondeur et publiquement", a-t-il ajouté, précisant que tout
examen réglementaire du projet devrait être mené avec "patience
et attention".
Il a indiqué que la Fed avait mis en place un groupe de
travail pour suivre le projet et qu'elle coordonnait ses
activités avec d'autres banques centrales à travers le monde. Il
s'attend à ce que le Conseil de surveillance de la stabilité
financière (FSOC) aux Etats-Unis examine aussi le projet.
Le président de la Fed a par ailleurs dit être favorable à
l'innovation dans la finance si les risques mesurés sont
identifiés, mais il estime que Libra se distingue des autres
projets de monnaie virtuelle en raison du nombre d'utilisateurs
de Facebook.
"Facebook a plus de deux milliards d'utilisateurs, alors je
pense qu'on fait face pour la première fois à la possibilité
d'une très large adoption", a-t-il souligné. Un éventuel
problème lié à Libra "aurait une importance systémique en raison
de la taille de Facebook".
(Claude Chendjou pour le service français, édité par Catherine
Mallebay-Vacqueur)
Facebook doit répondre aux craintes suscitées par le projet Libra-Powell
information fournie par Reuters 10/07/2019 à 18:35
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