(Actualisé avec réaction politique aux Etats-Unis)
par Katie Paul et Anna Irrera
SAN FRANCISCO/NEW YORK, 18 juin (Reuters) - Facebook FB.O
a dévoilé mardi une cryptomonnaie baptisée Libra qui doit lui
permettre de s'imposer dans les paiements, les services
financiers et le commerce en ligne dans le monde entier à partir
des milliards d'utilisateurs de ses différents réseaux sociaux.
"Nous sommes convaincus que le monde a besoin d'une devise
numérique mondiale qui combine les attributs des meilleures
devises du monde : elle doit être stable, soumise à une
inflation faible, acceptée partout dans le monde et fongible. La
devise Libra est conçue pour répondre à tous ces besoins",
affirme Facebook dans la présentation de son projet.
Contesté pour son exploitation des données personnelles de
ses utilisateurs, le groupe de Mark Zuckerberg s'efforce de
donner des garanties sur son projet, dont le but est "de
développer une devise et une infrastructure financière mondiales
simples, au service de milliards de personnes".
Libra, dont le lancement est prévu au premier semestre 2020,
sera une devise numérique fonctionnant à partir de la
technologie blockchain, censée assurer la transparence et la
sécurité de toutes les transactions.
Pour garantir sa stabilité, elle sera adossée à une réserve
d'actifs "de faible volatilité, tels que des titres
gouvernementaux dans des devises provenant de banques centrales
stables et réputées".
Enfin, Facebook s'est associé à 28 partenaires tels que les
spécialistes des paiements Mastercard MA.N et Visa V.N , des
entreprises commerciales comme Iliad ILD.PA , Spotify SPOT.N
ou Uber UBER.N et des sociétés de capital investissement comme
Andreessen Horowitz. Aucune banque ne participe pour l'instant.
FACEBOOK PROMET D'ÊTRE UN "MEMBRE PARMI D'AUTRES"
Tous ces acteurs, qui pourraient atteindre la centaine d'ici
le lancement de cette cryptomonnaie, seront regroupés au sein de
l'association Libra, une organisation indépendante à but non
lucratif basée à Genève, en Suisse, dont chaque membre disposera
d'un droit de vote sur les décisions importantes relatives à cet
écosystème financier qu'entend développer Facebook.
Le groupe de Menlo Park (Californie) promet de n'être, à
terme, "qu'un membre parmi d'autres" de cette association.
Ces garde-fous pourraient ne pas suffire à convaincre les
autorités à travers le monde.
"Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi
pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne
peut pas en être question", a réagi Bruno Le Maire mardi.
La France, qui préside le G7 cette année, a demandé un
rapport sur le sujet pour le mois prochain aux banques centrales
des sept pays membres, a ajouté le ministre français de
l'Economie et des Finances.
Aux Etats-Unis, Maxine Waters, la présidente de la
commission des Services financiers de la Chambre des
représentants, a appelé le groupe californien à suspendre le
développement de Libra tant que le projet n'aura pas été étudié
par les parlementaires et les autorités fédérales concernées.
"Avec l'annonce de son projet de création d'une
cryptomonnaie, Facebook poursuit son expansion incontrôlée et
étend son emprise dans la vie de ses utilisateurs", a-t-elle
déclaré dans un communiqué.
Facebook nourrit de grandes ambitions pour le projet Libra.
Il espère que cette devise non seulement facilitera les
transactions entre consommateurs et entreprises à travers le
monde mais aussi qu'elle donnera pour la première fois accès à
des services financiers aux personnes ne disposant pas de compte
en banque.
Facebook a ainsi créé une filiale baptisée Calibra, qui
fournira des portefeuilles numériques permettant d'épargner, de
dépenser et d'envoyer des libras. Calibra sera connecté aux
services de messagerie du groupe, qui semble ainsi faire le pari
qu'il pourra engranger des revenus à partir des paiements et des
transactions effectués via WhatsApp et Messenger.
DES DOUTES SUBSISTENT
Le nom de cette cryptomonnaie s'inspire de l'unité de poids
des Romains (Libra en latin-NDLR), du signe astrologique de la
Balance (Libra en anglais-NDLR) et du mot français "liberté", a
dit David Marcus, un ancien dirigeant de PayPal responsable du
projet chez Facebook.
"Liberté, justice et argent, c'est exactement ce que nous
essayons de faire ici", a-t-il déclaré.
Des doutes subsistent néanmoins sur la viabilité de ce
projet.
Facebook fait ainsi l'objet d'une attention renforcée à la
suite d'une série de scandales liés à l'utilisation des données
personnelles de ses utilisateurs et les autorités, politiques
comme réglementaires, pourraient s'inquiéter de cette offensive
dans les services financiers via le monde largement dérégulé des
cryptomonnaies, accusé de favoriser le blanchiment d'argent, le
trafic de drogues et le financement du terrorisme.
Des dirigeants de Facebook affirment que des contacts ont
été noués avec des régulateurs aux Etats-Unis et ailleurs sur ce
projet, sans plus de détails.
Sri Shivananda, directeur technologique de PayPal, a déclaré
à Reuters que le projet n'en était encore qu'à ses "tout, tout
premiers jours".
Jorn Lambert, vice-président exécutif chargé des solutions
numériques chez Mastercard, partage cet avis et prévient que
beaucoup d'éléments doivent encore être réunis avant de procéder
au lancement effectif de la libra. Si ce projet rencontre trop
d'obstacles réglementaires, "nous pourrions ne pas le lancer",
a-t-il dit.
Voir aussi l'ENCADRE sur ce projet Libra:
(Avec Myriam Rivet à Paris, Bertrand Boucey pour le service
français, édité par Benoît Van Overstraeten)
Facebook dévoile sa cryptomonnaie avec des ambitions élevées
information fournie par Reuters 19/06/2019 à 00:12
| 91,0300 USD | NASDAQ | +1,56% | |
| 182,000 EUR | Euronext Paris | 0,00% | |
| 522,750 USD | NYSE | -0,29% | |
| 667,7300 USD | NASDAQ | +1,93% | |
| 46,7500 USD | NASDAQ | +0,80% | |
| 534,260 USD | NYSE | +2,65% | |
| 76,655 USD | NYSE | +0,35% | |
| 320,260 USD | NYSE | -0,21% | |
| 112,950 GBX | LSE | +1,30% |
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