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EXPLICATION-L'accord de 24 milliards de dollars prévu par un trio français dans le secteur des télécommunications mettra à l'épreuve la détermination de l'UE
information fournie par Reuters 08/06/2026 à 11:43

((Traduction automatisée par Reuters à l'aide de l'apprentissage automatique et de l'IA générative, veuillez vous référer à l'avertissement suivant: https://bit.ly/rtrsauto)) (Mise à jour après la conclusion de l'accord; ajout des commentaires du directeur général d'Orange et du ministre français des Finances aux paragraphes 6 et 22) par Gianluca Lo Nostro et Elvira Pollina

Une offre conjointe revalorisée à 20,45 milliards d'euros (23,54 milliards de dollars) , soumise par Bouygues Telecom BOUY.PA , Free (filiale d'Iliad) et Orange

ORAN.PA pour le rachat de SFR, deuxième opérateur de télécommunications français, semble prête à mettre à l'épreuve la détermination réglementaire de l'Union européenne.

Les trois sociétés ont déclaré samedi qu'elles s'étaient mises d'accord avec Altice France pour racheter SFR, après le rejet en octobre de leur précédente offre de 17 milliards d'euros .

QUELS SONT LES ENJEUX?

Une transaction réussie pour SFR, soutenue par le milliardaire Patrick Drahi, bouleverserait l'un des marchés des télécommunications les plus concurrentiels d'Europe. Les opérateurs français sont engagés depuis des années dans une guerre des prix, ce qui pèse sur leurs marges et la croissance de leurs revenus.

Les autorités de la concurrence de l'UE ont toutefois imposé des mesures correctives strictes et bloqué purement et simplement les opérations de fusion dans le secteur des télécommunications si celles-ci réduisent le nombre d'opérateurs de réseaux mobiles de quatre à trois dans un même pays.

Les régulateurs souhaitent préserver la concurrence et éviter les hausses de prix. Mais un rapport de l'UE de 2024 sur la compétitivité du bloc a exhorté les régulateurs des télécommunications à assouplir une position qui avait conduit à un secteur très fragmenté, et à se concentrer plutôt sur l'aide aux entreprises pour qu'elles gagnent en envergure et puissent rivaliser avec leurs concurrents américains et chinois.

La Commission européenne a cherché à obtenir des approbations pour des accords paneuropéens afin de favoriser la croissance, a rapporté Reuters.

QUI EXAMINERAIT UNE OPÉRATION CONCERNANT SFR?

Chaque partie à l'opération doit déposer sa propre notification de la concurrence auprès de l'autorité compétente dont elle relève.

Orange et Bouygues déposeront leur demande en France, car elles réalisent plus des deux tiers de leur chiffre d'affaires européen en France, ce qui les exempte de l'obligation de notification à la Commission européenne en vertu des règles de l'UE en matière de fusions.

Iliad, en revanche, n'atteint pas ce seuil et déposera sa demande à Bruxelles auprès de la Commission européenne. Les deux autorités de régulation conviendront ensuite de celle qui mènera l'examen de la fusion.

La Commission européenne dispose d'un délai de 25 jours ouvrables à compter du dépôt de l'accord pour procéder à un examen de première phase. Ce délai peut être prolongé de 35 jours ouvrables afin d'examiner soit les mesures correctives proposées, soit la demande d'un État membre de traiter l'affaire.

La plupart des fusions sont approuvées, mais il arrive parfois que la Commission ouvre une enquête approfondie de deuxième phase pouvant durer jusqu'à 90 jours ouvrables supplémentaires, qu'elle peut prolonger jusqu'à 105 jours.

QUELLE EST LA POSITION DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS?

Paris jouera un rôle clé en cas d'accord, le gouvernement français étant le principal investisseur d'Orange.

En tant que membre du conseil d'administration, son influence peut s'étendre aux négociations, qui pourraient porter sur la protection de l'emploi et l'intérêt national.

Le ministre des Finances, Roland Lescure, a déclaré qu’il serait « extrêmement vigilant », notamment en ce qui concerne les prix et la qualité du service. Dimanche, il a indiqué que l’opération devait faire l’objet d’un « examen approfondi » par l’autorité compétente afin d’évaluer ses conséquences « sur le marché, la diversité de l’offre et l’équilibre concurrentiel ».

QUEL EST LE PAYSAGE ACTUEL DES TÉLÉCOMMUNICATIONS EN FRANCE?

La France compte quatre opérateurs de télécommunications, Orange étant le leader du marché. Cela signifie qu’il ne pourrait acquérir que la plus petite part de SFR, qui compte 19 millions d’abonnés mobiles et plus de 6 millions de clients fibre.

Le marché français a connu de nombreuses transformations, Orange ayant lui-même été racheté par France Télécom en 2000.

En 2014, Vivendi a cédé SFR à Numericable, détenue par Drahi, pour 13,4 milliards d’euros en numéraire et une participation de 20 % dans l’entité fusionnée, donnant naissance à Altice France.

Altice a conclu l'année dernière une restructuration de sa dette qui a laissé à Drahi le contrôle de 55 % d'Altice France et aux créanciers 45 %.

Dans le même temps, Bouygues Telecom, qui cherche à s'approprier la plus grande part des activités d'Altice, s'est développé grâce à son acquisition de La Poste Télécom, ajoutant 2,3 millions de clients en 2024.

Iliad a fait son entrée sur le marché français en 2012 avec sa marque low-cost Free, déclenchant une concurrence acharnée sur les prix.

Les trois opérateurs ont proposé de racheter la plupart des activités de SFR, à l'exception de ses participations dans les actifs fibre optique et de celles dans les départements et régions d'outre-mer français.

(1 $ = 0,8683 euro)

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