Le fournisseur suédois de casino en ligne a publié vendredi un chiffre d'affaires trimestriel de 526,1 MEUR, en hausse de 3,7%, et un résultat opérationnel ajusté conforme aux attentes. Mais ses charges progressent trois fois plus vite que ses revenus, et la réglementation brésilienne vient d'être annulée, ce qui a conduit le groupe à fermer son studio de São Paulo.
Le marché attendait un trimestre sans histoire. Les options sur le titre anticipaient tout de même un mouvement d'environ 5,5% à la publication.
Le chiffre d'affaires net d'Evolution AB atteint 526,1 MEUR, en progression de 3,7% sur un an, contre 528 MEUR attendus par le consensus FactSet. Le résultat opérationnel ajusté avant amortissements ressort à 345,9 MEUR, en hausse de 2,7%, très proche des 345 MEUR du consensus.
Le groupe signale un point positif rare. Pour la première fois depuis 2024, toutes les régions progressent d'un trimestre sur l'autre, l'Europe de 0,4% et l'Asie de 0,8%. Sur un an, l'Amérique du Nord gagne 13,6%, l'Amérique latine 23,1% et l'Afrique 23,7%.
Les charges montent trois fois plus vite que les revenus
C'est au niveau des coûts que le trimestre se gâte. Les charges d'exploitation passent de 210,5 MEUR à 235,9 MEUR, soit une hausse de 12,1% quand le chiffre d'affaires n'augmente que de 3,7%.
Le groupe invoque les dépenses de personnel liées à l'ouverture de nouvelles tables dans ses studios et à son expansion générale. S'y ajoutent deux éléments exceptionnels, une transaction de 5,6 MEUR avec le régulateur britannique des jeux et 6,5 MEUR de frais de rupture et de contentieux liés à l'acquisition de Galaxy Gaming.
La marge opérationnelle recule de 58,5% à 55,2%. La marge d'EBITDA publiée passe de 66,4% à 63,5%, en deçà des 343 MEUR attendus en valeur. Retraitée des deux éléments exceptionnels, elle s'établit à 65,8% contre 66,4%.
Le résultat net recule de 3,6%, à 243,3 MEUR. Le bénéfice par action progresse pourtant de 4,6%, à 1,31 EUR. L'explication tient entièrement aux rachats d'actions.
Le Brésil s'arrête net
Début octobre, le cadre réglementaire brésilien des jeux d'argent a été annulé à la suite d'une décision présidentielle. Evolution a fermé son studio brésilien en attendant d'y voir clair.
"L'issue finale de cette décision réglementaire reste incertaine, et il est difficile de prévoir comment le comportement des joueurs va évoluer au Brésil", écrit Martin Carlesund, le directeur général.
Le groupe tente de rassurer sur l'ampleur. Selon la répartition estimée des revenus par adresse IP des joueurs, le Brésil représente nettement moins de la moitié du chiffre d'affaires latino-américain, lequel pesait 49,0 MEUR au troisième trimestre sur cette base. La dynamique du reste de la région doit compenser une partie du choc.
Le timing est malheureux. L'Amérique latine était la deuxième région la plus dynamique du groupe sur un an.
Plus de 800 MEUR rachetés en un trimestre
Evolution a racheté pour 823,9 MEUR de ses propres actions au troisième trimestre, soit plus du double de sa trésorerie générée par l'exploitation sur la période, qui s'élève à 366,1 MEUR. Depuis le lancement du programme de 2 MdsEUR en mai, 1 127,1 MEUR ont été dépensés.
En septembre, le groupe a annulé 16 168 492 titres, soit environ 8% du capital. Le nombre d'actions revient à 183 058 121.
Le titre cotait 803,00 SEK à la veille de la publication, en hausse de 27,6% depuis le 1er janvier mais en recul de 7,2% sur un mois. Il se paie 13,6 fois les bénéfices attendus cette année.
Les analystes restent très divisés. DNB Carnegie vise 1 000 SEK à l'achat, ABG Sundal Collier 950 SEK également à l'achat, Citigroup 820 SEK et UBS 810 SEK en neutre, Pareto Securities 800 SEK à conserver, et Barclays 685 SEK en sous-pondération. Du plus haut au plus bas objectif, l'écart dépasse 45%.
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