La bourse Euronext à Paris
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse jeudi, la flambée du prix du pétrole Brent à plus de 100 dollars le baril ravivant les craintes inflationnistes et exerçant une pression sur le marché obligataire, tandis que la BCE a maintenu ses taux inchangés, tout en adoptant un ton nettement "hawkish" en vue de la réunion de septembre.
À Paris, le CAC 40 a perdu 1,64% à 8.299,09 points. À Francfort, le Dax a reculé de 1,77% et à Londres, le FTSE 100 a perdu 0,73%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini sur une baisse de 1,85%, le FTSEurofirst 300 a abandonné 1,19% et le Stoxx 600 a reculé de 1,30%.
La situation instable au Moyen-Orient, avec les Houthis pro-iraniens ouvrant un nouveau front en mer Rouge qui s'ajoute au blocus du détroit d'Ormuz, a propulsé jeudi les prix du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du marché, à plus de 100 dollars le baril, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis fin mai.
Le Brent prend 7,4% à 101,03 dollars le baril à 15h30 GMT et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 6,73% à 92,67 dollars.
Les prix du gaz en Europe augmentent également, tirés par l'intensification du conflit.
La menace inflationniste manifeste a coïncidé ce jeudi avec la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), dont la décision de maintenir les taux inchangés, tout en laissant la porte ouverte à une hausse en septembre, n'a pas du tout surpris les marchés, compte tenu de la situation géopolitique.
"Si un choc sur les coûts de l'énergie d'une telle ampleur devait s'inscrire dans la durée, la BCE ne pourrait pas l'ignorer et relèverait de nouveau ses taux en septembre", souligne Felix Feather, économiste chez Aberdeen Investments.
L'incertitude géopolitique et la possibilité de revirements rapides au Moyen-Orient rendent particulièrement délicate la conduite de la politique monétaire, affirme pour sa part Alexandre Perricard, président d'Uzès Gestion, ajoutant que "les pressions inflationnistes actuelles pourraient se prolonger au premier semestre 2027".
Les marchés estiment à environ 95% la probabilité d'un relèvement de 25 points de base en septembre, et à un pourcentage similaire celle d'un autre d'ici décembre, ce qui correspond aux prévisions qui existaient déjà avant la décision de la BCE.
Les marchés ont également dû faire face à une séance chargée en ce qui concerne les résultats financiers des entreprises, ainsi qu'aux doutes que continuent de susciter les plans d'investissement colossaux dans l'IA mis en oeuvre par les entreprises technologiques américaines.
VALEURS
À Paris, TotalEnergies a pris 2,54% après avoir fait état d'un résultat net ajusté en hausse de 67% au deuxième trimestre sur fond d'augmentation du prix du pétrole et des marges de raffinage.
BNP Paribas, première banque de la zone euro en termes de bilan, a reculé de 2,8% malgré un bénéfice net supérieur aux attentes au titre du deuxième trimestre.
STMicroelectronics a abandonné plus de 17%, le fabricant franco-italien de puces électroniques ayant annoncé un bénéfice trimestriel et des prévisions inférieures aux attentes.
Soitec a en revanche bondi de plus de 21%, ses chiffres trimestriels étant soutenus par une accélération de la demande en Photonics-SOI.
Dassault Systèmes a pris 3,7% et Dassault Aviation 5,7% à la faveur de la confirmation par les deux groupes de leurs perspectives respectives.
Thales a quant à lui gagné 5% après avoir fait état d'une hausse des prises de commandes au premier semestre.
Ailleurs en Europe, Moncler a plongé de 7,8% après des ventes du deuxième trimestre impactées par la saisonnalité, entraînant dans son sillage les groupes français LVMH, Kering et Hermès, qui ont tous fini dans le rouge.
Le secteur européen du luxe, particulièrement touché par la situation au Moyen-Orient, qui pourrait entraîner des répercussions sur les ventes, a perdu 3,53%.
Le secteur de l'énergie (+1,54%) s'est démarqué jeudi grâce à la hausse des prix du pétrole, tandis que le secteur du voyage (-2,46%) et les banques (-2,44%) ont été durement touchés par les craintes géopolitiques.
La technologie a également fini sur une nette baisse (-2,87%), sur fond de craintes concernant l'IA.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 1,08%, le Standard & Poor's 500 abandonne 1,40% et le Nasdaq Composite plonge de 2,47%.
Les inquiétudes liées aux dépenses massives dans le domaine de l'IA refont surface après la publication des prévisions d'Alphabet et Tesla, qui reculent respectivement de 6,5% et 13%.
TAUX
Les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans ont atteint jeudi leur plus haut niveau depuis janvier 2025, l'envolée des cours du pétrole ravivant les craintes d'une reprise de l'inflation d'une politique monétaire plus restrictive de la part de la Réserve fédérale (Fed).
Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 5 points de base à 4,7074%, tandis que celui de l'obligation à deux ans avance de 5,6 points de base à 4,3576% après avoir touché un plus haut en séance depuis février 2025.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 3,2 points de base à 3,2114%, dépassant ainsi le niveau atteint lors de la crise de la dette qui a secoué la zone euro en 2011.
Le deux ans a gagné 4,7 points de base à 2,8894%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans a pris 4,6 points de base à 4,0276%, retrouvant ainsi le niveau atteint en juin 2009, lors de la crise financière mondiale.
CHANGES
Le dollar gagne 0,36% face à un panier de devises de référence, tirant parti de son statut de valeur refuge dans un contexte de craintes géopolitiques et alors que la menace de l'inflation renforce les anticipations de hausse des taux par la Fed.
L'euro perd 0,35% à 1,1370 dollar.
A SUIVRE LE 24 JUILLET :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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