
Il existe principalement deux approches: la réplication physique, où l‘émetteur achète directement les actifs de l’indice, et la réplication synthétique, qui repose sur des accords d‘échange avec des contreparties financières. ( crédit photo : Getty Images )
Sommaire:
- Qu'est-ce qu'un ETF physique?
- Qu’est-ce qu’un ETF synthétique?
- Comment savoir quel mode de réplication utilise un ETF?
- Quels sont les avantages et inconvénients des ETF physiques et synthétiques?
- En conclusion: des stratégies différentes
Qu'est-ce qu'un ETF physique?
L’Exchange Traded Fund (ETF) à réplication physique est le type le plus courant aujourd’hui. C’est aussi la méthode la plus intuitive et la plus transparente. Avec cette réplication, le fonds achète véritablement les titres composant l’indice, dans les mêmes proportions.
C’est par exemple le cas de l’ETF Amundi CAC 40 UCITS (ISIN FR0013380607), pour la France. Il réplique les mouvements du CAC 40 en détenant des parts d’entreprises composant ce CAC 40. L’iShares Core S&P 500 UCITS ETF MSCI World (ISIN IE00B5BMR087) ou l’UBS Core S&P 500 UCITS ETF (ISIN IE00B7K93397) sont deux trackers centrés sur la performance du S&P 500, également à réplication physique. En revanche, ces ETF ne détiennent pas forcément l’ensemble des titres d’un indice. Le gestionnaire peut s’orienter vers un panier de valeurs représentatif de l’indice. On parle dans ce cas de réplication physique optimisée (ou échantillonnage). Au fond, le principe reste le même: complète ou optimisée, la réplication physique consiste à investir directement dans les titres de l’indice.
Qu’est-ce qu’un ETF synthétique?
Un ETF synthétique ne détient pas directement les titres qui composent l’indice à répliquer. Au lieu d’acheter les actions ou obligations de l’indice, le fonds utilise des instruments financiers dérivés pour reproduire sa performance, en particulier des contrats d’échange (swaps).
Prenons un exemple concret: l’Amundi MSCI World (ISIN LU1681043599). Cet ETF cherche à suivre la performance de milliers d’entreprises différentes dans le monde. Plutôt que d’acheter chacune de ces actions (ce serait complexe et coûteux), le fournisseur de l’ETF peut «acheter l’exposition» à cet indice. Pour ce faire:
- L’ETF détient un portefeuille de titres distincts de ceux de l’indice (par exemple, des actions européennes).
- Il conclut ensuite un «contrat de swap» avec une contrepartie, généralement une banque. Ce contrat prévoit que la banque verse au fonds la performance du S&P 500. En retour, l’ETF lui verse la performance de son propre portefeuille. Ainsi, l’ETF ne possède pas directement les actions de ces milliers d’entreprises (il peut même détenir des titres européens comme collatéraux), mais son objectif est de délivrer une performance équivalente à celle de l’évolution de l’indice.
Comment savoir quel mode de réplication utilise un ETF?
Les émetteurs d’ETF sont tenus de préciser dans la documentation du fonds le mode de réplication choisi. Vous y trouverez également des informations sur:
- Le niveau de tracking error (écart de performance avec l’indice). Un bon ETF présente un tracking error faible,
- La présence éventuelle de collatéraux, dans le cas d’une réplication synthétique,
- La composition exacte du portefeuille, pour les ETF physiques.
Quels sont les avantages et inconvénients des ETF physiques et synthétiques?
Type d’ETF | Avantages | Inconvénients |
ETF physiques | - Transparence: le fonds détient réellement les titres de l’indice.- Risque de contrepartie limité.- Convient aux investisseurs long terme. | - Frais plus élevés sur les indices larges ou difficiles d’accès.- Peut générer un léger décalage (tracking error) en raison des frais. |
ETF synthétiques | - Permet de répliquer des indices difficiles à reproduire physiquement (matières premières, marchés émergents).- Moins coûteux pour les indices complexes.- Tracking error quasiment inexistant grâce au contrat de swap.- Rend éligibles au PEA certains marchés non-européens et très spécifiques. | - Risque de contrepartie: dépend de la solidité de la banque partenaire.- Moins transparent, car les actifs détenus ne sont pas ceux de l’indice.- Complexité plus élevée pour l’investisseur. |
A retenir
La plus grande différence entre les ETF physiques et synthétiques concerne le risque de contrepartie. Théoriquement, le risque est plus grand avec un ETF à réplication synthétique: si la contrepartie (la banque par exemple) fait défaut, l’ETF pourrait ne plus être en mesure de restituer la performance de l’indice. Ce scénario reste peu probable. Dans les faits, le risque est limité: les ETF synthétiques les plus sérieux souscrivent des assurances et respectent la directive européenne UCITS. Celle-ci encadre la pratique et limite l’exposition maximale à une contrepartie à 10 % de la NAV (Net Asset Value) du fonds. Finalement, le risque de la réplication synthétique est théoriquement plus important que celui de la réplication physique, mais il est maîtrisé.
En conclusion: des stratégies différentes
Le choix entre un ETF à réplication physique ou synthétique dépend avant tout de votre profil d’investisseur et de la nature de l’indice que vous souhaitez suivre. La plupart des investisseurs particuliers choisissent des ETF à réplication physique. Pour des indices largement accessibles comme le CAC 40, le S&P 500 ou l’Euro Stoxx 50, ce mode de réplication est simple, transparent et sécurisant. Le fonds détient réellement les actions de l’indice et ceci limite le risque lié à un tiers.
En revanche, les ETF synthétiques peuvent être intéressants quand vous souhaitez vous orienter vers des indices difficiles ou coûteux à répliquer physiquement. Cela peut être parce qu’il s’agit de marchés émergents moins liquides, de matières premières ou encore d’indices très larges comptant des centaines ou des milliers de titres. Dans ces situations, ils peuvent offrir un suivi plus précis et des frais de gestion moindres.
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