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ENTRETIEN MARCHÉS-La stratégie de dividende finira par payer-M&G
Reuters20/01/2020 à 12:28

    par Patrick Vignal
    PARIS, 20 janvier (Reuters) - L'obsession des investisseurs
pour les valeurs à forte croissance masque de réelles
opportunités sur la partie la plus abordable du marché
d'actions, en particulier sur les titres offrant la promesse
d'un dividende, dit-on chez M&G.
    Le duel entre les valeurs aux progressions exponentielles
("growth", à l'image des géants américains de la technologie),
et les actions moins chères, plus stables et offrant des
garanties en matière de rendement ("value") tourne depuis des
années à l'avantage des premières.
    L'équilibre devrait cependant finir par s'inverser même si
le moment où la bascule interviendra est difficile à prédire,
selon Stuart Rhodes, gérant actions "income" chez M&G.
    "Les gens le prédisent depuis des années et je serais idiot
si j'affirmais que cela va se produire cette année mais à un
moment, cela arrivera", dit-il à Reuters.
    A certaines périodes, comme en 2016 et au quatrième
trimestre 2019, une rotation s'est dessinée avant de s'effacer,
ce qui explique l'hésitation des investisseurs à se précipiter
sur la "value", ajoute-t-il.
    Le thème reviendra cependant inévitablement sur le devant de
la scène, en particulier si l'environnement de taux évolue mais
également en raison des valorisations désormais extrêmement
tendues et difficiles à justifier pour les fleurons du
compartiment de croissance comme Apple  AAPL.O , Microsoft
 MSFT.O , Google  GOOGL.O  ou Facebook  FB.O , ajoute-t-il.
    Les valorisations des actions de croissance ont atteint un
tel niveau qu'à un certain stade, même si les taux ne changent
pas, l'écart entre croissance et "value" ne sera plus tenable et
les investisseurs pencheront pour des titres plus abordables,
dit prévoir Stuart Rhodes.
    "La concentration de l'intérêt sur les valeurs à forte
croissance fait que cette partie du marché est largement
inexploitée mais elle offre énormément d'opportunités", dit-il.
    "Il y a une large portion de ce marché qui offre un bon 
rendement du dividende et des perspectives de croissance de ce
même dividende, le tout sans avoir à payer trop cher, ce qui est
un mélange parfait pour espérer des revenus intéressants."
    
    LE RENDEMENT DU DIVIDENDE TRÈS RECHERCHÉ 
    Quelques chiffres plaident en faveur de la stratégie de
dividende défendue par Stuart Rhodes, davantage en Europe qu'aux
Etats-Unis, où les valeurs de croissance pèsent de tout leur
poids et où les entreprises ont tendance à privilégier les
rachats massifs de leurs propres actions pour faire monter leur
cours.  
    Les composants du CAC 40  .FCHI  ont ainsi versé l'an
dernier à leurs actionnaires plus de 49 milliards d'euros,
battant un record datant de 2007, soit à la veille de la crise
financière.
    Les entreprises européennes dans leur ensemble devraient
distribuer environ 359 milliards d'euros de dividendes en 2020,
un montant en augmentation de 3,6% par rapport au record de
2019, selon l'étude annuelle réalisée par Allianz Global
Investors.  
    "Cela n'excite pas les gens parce que les retours récents
n'ont pas été très bons et que le marché suit ses émotions,
préférant avoir encore plus de la même chose plutôt que de
réfléchir aux perspectives pour l'avenir", argumente Stuart
Rhodes.
    "Nous pensons pour notre part que si les dividendes
augmentent au fil des années, le prix des actions suivra
mathématiquement. Le prix des actions peut ne pas bénéficier de
la croissance du dividende sur un ou deux ans mais certainement
pas sur cinq ans."
    Le rendement qu'offrent les dividendes des actions sont une
denrée de choix à l'heure ou le rendement en général se fait
rare, notamment dans l'univers de la dette souveraine, 60% des
obligations d'Etat de la zone euro présentant actuellement un
rendement nominal négatif.
    Dans ce contexte, les actions résistantes au cycle et peu
sensibles aux taux d'intérêt ("bond proxies") ont connu
récemment un frémissement, à l'image du géant de
l'agroalimentaire Nestlé  NESN.S , mais le mouvement n'a pas
duré, poursuit Stuart Rhodes.
    L'élan des "bond proxies" continue d'être freiné par
l'explosion des valeurs de croissance mais ces titres offrent
des opportunités, notamment dans le secteur des biens de
consommation, selon lui.
     Si certaines valeurs défensives présentent de l'intérêt,
les cycliques sont certainement les plus intéressantes en termes
de valorisation, souligne le gérant, qui invite à privilégier
celles ayant démontré leur capacité à offrir un dividende même
en période de récession et à se méfier des secteurs en mutation
comme l'automobile.
    

 (Edité par Marc Angrand)
 

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