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ENQUÊTE-Les gérants mondiaux renforcent le cash dans leurs portefeuilles
information fournie par Reuters30/11/2018 à 16:42

    * La détention de cash au plus haut depuis mars 2017
    * La part des actions réduite à 47,7%
    * Celle des obligations relevée à 39,3%
    * Pour le sondage : reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/asset-allocation-polls

    par Karin Strohecker
    LONDRES, 30 novembre (Reuters) - Inquiets de l'état de santé
de l'économie mondiale, les investisseurs internationaux ont
renforcé leur allocation en cash en novembre, qui a atteint un
plus haut depuis près de deux ans, tout en réduisant leur
exposition aux actions.
    Après un mois d'octobre douloureux, les marchés d'actions ne
sont pas parvenus à rebondir en novembre, pénalisés pas la chute
des valeurs technologiques et du pétrole. Ainsi, Apple  AAPL.O ,
première capitalisation boursière mondiale, et le prix du baril
de Brent  LCOc1  ont connu ce mois-ci leur pire performance
depuis la crise financière de 2008.
    Les tensions autour de la sortie programmée du Royaume-Uni
de l'Union européenne, du budget italien et du commerce
international ont aussi pesé sur l'appétit pour les actifs
risqués et alimenté les craintes d'un ralentissement de
l'économie mondiale.
    Les gérants de fonds mondiaux ont réduit la part des actions
dans leurs portefeuilles à 47,7% contre 47,9% en octobre, le
plus faible niveau enregistré depuis juillet, selon le sondage
mensuel réalisé par Reuters auprès de 47 gérants sur la période
du 15 au 29 novembre.
    La part des obligations a été relevée à 39,3%, légèrement
plus qu'en octobre, et le niveau de cash - un baromètre de la
prudence des investisseurs - a atteint 5,6%, son plus haut
niveau depuis 20 mois.
    La détention de cash dans les portefeuilles a progressé de
près de deux points de pourcentage depuis le début de l'année.
    "Après un rebond, les marchés d'actions ont de nouveau
baissé en novembre avec les craintes persistantes sur la
croissance et les incertitudes politiques", explique Cédric
Baron, gérant au sein de l'équipe multi-actifs de Generali
Investment Partners.
    Le ralentissement de l'activité aux Etats-Unis et en Chine,
les deux premières puissances économiques mondiales, est
notamment suivi de près par les investisseurs. 
    Tous les regards sont tournés vers la rencontre prévue
samedi, à l'occasion du sommet du G20, entre le président
américain, Donald Trump, et son homologue chinois, Xi Jinping,
qui doivent discuter de leur différend sur le commerce.
    "Cette réunion devrait donner le ton pour les actifs risqués
jusqu'à la fin de l'année", dit Cédric Baron.
    Parmi les portefeuilles investis en actions, les gérants ont
nettement réduit la part dédiée aux actions américaines, qui
avait atteint en septembre un plus haut d'au moins cinq ans.
    La détention d'actions de la zone euro et japonaises a aussi
reculé, les gérants se tournant vers les actions émergentes et
britanniques.
    La tendance a été similaire pour les obligations, avec des
dégagements sur la dette américaine et de la zone euro au profit
de la dette britannique et japonaise.
    "Les marchés obligataires mondiaux ont été influencés par
toutes les variables entourant les politiques des banques
centrales; aux Etats-Unis, la Fed semble vouloir marquer une
pause", indique Peter Lowman, directeur des investissements chez
Investment Quorum.
    Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a
déclaré mercredi que les taux d'intérêt se situaient "juste en
dessous" d'un niveau neutre, c'est à dire qui ne stimule ni ne
freine la croissance.  
    Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), les gérants
de fonds se montrent indécis quant à la possibilité que
l'institut d'émission de Francfort soit obligé de revoir son
ambition de relever ses taux l'an prochain.
    Environ 55% d'entre eux estiment qu'il n'y aura pas de
hausse de taux de la BCE en 2019, quand 45% prédisent l'inverse,
ce qui serait le premier relèvement décidé par la banque
centrale depuis 2011.
    Pour 2019, beaucoup de gérants prévoient par ailleurs un
rebond des marchés d'actions émergents. Leur indice MSCI
 .MSCIEF  a chuté de 14% en 2018, pénalisé par le resserrement
monétaire de la Fed, le renchérissement du dollar et les
déboires de certains pays comme la Turquie et l'Argentine.
    
    Voir aussi: 
    *POINT HEBDO-Trois échéances cruciales pour le bilan 2018
des marchés  
    
    

 (Blandine Hénault pour le service français, édité par Marc
Angrand)
 

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