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Election américaine : quel serait le pire scénario pour les marchés ?
information fournie par Boursorama04/11/2020 à 10:15

(Crédits photo : Adobe Stock -  )

(Crédits photo : Adobe Stock - )

Alors que les derniers sondages donnent le démocrate Joe Biden vainqueur, rien n'est encore joué à ce stade puisque la course entre les deux candidats est très serrée dans plusieurs Etats clés. Dans un contexte déjà bien noirci par la résurgence de l'épidémie de Covid-19, deux scénarios possibles à l'issue de ce scrutin pourraient venir jeter un nouveau froid sur les marchés, et accentuer la volatilité.

Aucun candidat n'est déclaré vainqueur

Certes, le marché semble anticiper une vague bleue, à en croire l'indicateur présidentiel du cabinet CFRA Research, basé sur le S&P 500. Il laisse ainsi sous-entendre que le marché a déjà choisi son scénario et que l'ancien vice-président démocrate Joe Biden remporterait le scrutin du 3 novembre face au président-candidat sortant Donald Trump. L'indice a en effet reculé de 0,04% entre le 31 juillet et le 31 octobre. Et, selon la même source, il a été observé que depuis la seconde guerre mondiale, quand le S&P 500 recule dans les trois mois précédent l'élection, c'est le parti au pouvoir qui perd le scrutin, dans 88% des cas. Et inversement. Quand l'indice augmente, le président sortant ou son parti remporte le scrutin dans 82% des cas. Si les paris vont bon train, il reste toutefois une large probabilité pour qu'un autre scénario se produise.

«Le pire serait ainsi de ne pas avoir de candidat vainqueur à la Maison Blanche déclaré à l'issue du scrutin», estime John Plassard, responsable de l'investissement chez Mirabaud. Un bis repetita de la contestation de l'élection présidentielle de 2000 ? Il y a tout juste 20 ans, le duel entre Al Gore et  George W. Bush ne désigne aucun vainqueur. Il faut attendre l'arrêt des procédures judiciaires par la Cour suprême pour que Bush soit déclaré gagnant. «Pendant cette période, le dollar baisse fortement, l'or grimpe mais le S&P 500 recule modérément», note John Plassard. Néanmoins, la configuration est cette fois-ci totalement différente. L'aggravation de la crise sanitaire cristallise toutes les inquiétudes, la deuxième vague a douché les espoirs d'une vive reprise de l'économie et d'un retour à la normale, et les marchés attendent depuis des semaines l'adoption d'un vaste de plan de relance aux Etats-Unis.

Ce diagnostic est partagé par Christophe Foliot, codirecteur de la gestion actions chez Edmond de Rothschild Asset Management. «L'absence de vainqueur, c'est évidemment le scénario du pire. Nous assisterions alors à une très forte correction des marchés avec des valeurs défensives qui se comporteraient plutôt bien et des valeurs cycliques qui poursuivraient leur correction.» S'il est difficile de pricer correctement cette chute des indices,et ce, a fortiori, dans un contexte d'aggravation de la crise sanitaire, on peut raisonnablement s'attendre à une correction «entre 5 et 8% sur le S&P 500», estime John Plassard de Mirabaud.

Quid des secteurs gagnants/perdants ?

Si ce scénario n'a pas été retenu dans les modélisations d'Edmond de Rothschild, il ajouterait évidemment de la volatilité aux marchés et affecterait tous les secteurs.

«En cas de recomptage des voix, la majeure partie des secteurs seraient en baisse avec un impact extrêmement négatif (dans un premier temps) pour les valeurs cycliques. Les valeurs qui seraient moins à la peine seraient les valeurs défensives avec un bilan sain», note John Plassard de Mirabaud. Par contre, note le gérant, toute baisse du marché excessive lors d'une élection contestée serait une opportunité d'acheter des actifs risqués et de vendre de la volatilité.»

Biden président, un Congrès divisé, blocage du plan de relance

De prime abord moins déroutant, ce scénario serait probablement le pire sur le moyen-terme pour les marchés actions. L'hypothèse d'une victoire du candidat démocrate Joe Biden associée à un Congrès divisé (Chambre des réprésentants démocrate, Sénat républicain) ralentirait l'adoption d'un plan de soutien à l'économie.

En effet, le plan de relance pour l'économie auquel les marchés veulent croire depuis plusieurs semaines, serait potentiellement fortement revu à la baisse, dans un contexte où les Républicains du Sénat sont parfaitement opposés à ce plan de 1.800 milliards en raison de son impact budgétaire. «Un plan moins ambitieux que celui  proposé initialement et qui mettrait plus de temps à être voté en raison des divergences entre démocrates et républicains aurait donc un impact plus long et moins fort sur l'économie réelle», ajoute Christophe Foliot.

D'autant qu'une telle configuration pourrait faire craindre un blocage de la situation jusqu'aux élections de mi-mandat, estime John Plassard :«Imaginons que la Chambre reste démocrate, et le Sénat républicain, nous pourrions avoir deux années de stagnation en terme de réformes et des tensions énormes au niveau politique. Dans un tel contexte, la FED pourrait prendre des mesures de relance pour combler le manque de réformes.»

Quid des secteurs gagnants ?

Les gérants d'Edmond de Rothschild AM ont listé les conséquences, secteur par secteur, si Joe Biden est élu président avec un Congrès divisé. «Biden aurait alors peu de marge de manœuvre tant sur le plan de la législation fiscale et salariale », analyse Adeline Salat-Baroux, gérante actions internationales chez Edmond de Rothschild AM.

Ainsi, les secteurs de la consommation, de l'énergie, de la banque/assurance et de la santé seraient finalement assez peu impactés. « Le secteur de l'industrie pourrait toutefois pâtir d'un plan de relance moins soutenu, et de l'absence d'une hausse des dépenses consacrées aux infrastructures défendu par Biden", avertit Christophe Foliot.

Sarah Belhadi (redaction@boursorama.fr)

13 commentaires

  • 04 novembre10:18

    La croissance économique a été enclenchée sous Obama, elle a continué sous Trump jusqu'au Covid. Le taux de chômage US est un indicateur assez relatif. Beaucoup de personnes cessent d'être comptabilisées car elles ne parviennent pas à retrouver un emploi. Certains ne sont plus comptabilisés car il ont retrouvé un emploi, d'autres parce qu'ils se retrouvent à la rue. Les chiffres sont à manipuler avec précaution.


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