Aller au contenu principal
Fermer

Élaguer les positions, plutôt que couper à la serpe
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 20/03/2026 à 13:02

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 19 mars 2026

Si vous vous trouvez complètement dépassé par la situation, incapable de vous forger la moindre opinion sur l'évolution des marchés et sur la stratégie à adopter pour l'allocation de vos actifs financiers, sachez que vous n'être pas le seul. Cette semaine les douze membres du Comité monétaire de la Fed (le fameux FOMC), qui passent pour être les économistes les mieux informés du monde, ont reconnu par la voix de leur président Jerome Powell qu'ils n'étaient pas en état de formuler des prévisions économiques suffisamment fiables. Fait rarissime dans l'histoire de la Fed, certains d'entre eux auraient même indiqué leur président que, cette fois-ci, ils passeraient volontiers leur tour ! Le FOMC a finalement « fait le job » en délivrant ses fameux dot plots, mais tout le monde a bien compris que les prévisions fournies au marché ont été établies dans le brouillard le plus absolu.

laskine

laskine

Comment pourrait-il en être autrement ? Qui peut aujourd'hui prédire combien de temps durera la guerre en Iran, à quel niveau se situera le prix du baril de pétrole d'ici à la fin du mois, quel sera l'impact des événements récents sur la croissance mondiale, sur l'évolution des résultats des entreprises ou sur celle des taux d'intérêt ? En Bourse, il faut savoir accepter l'idée qu'il est parfois plus dangereux de vouloir se forger à tout prix une conviction sur l'orientation de la tendance, que de faire preuve d'humilité en reconnaissant que les événements nous échappent. En d'autres termes, faute de visibilité suffisante, plutôt que de se jeter contre les murs comme un oiseau pris au piège derrière une baie vitrée, il faut savoir lâcher prise.

laskine

laskine

Pour faire preuve d'un minium de sérénité, encore faut-il avoir préparé le terrain en amont. Il est évident que l'investisseur particulier qui se trouve confronté à une chute brutale des cours sans avoir au préalable pris un minimum de dispositions défensives, peut difficilement rester « zen » face à la violence du choc : près de 10% de baisse sur le CAC 40 depuis le début du mois, avec des décrochages de plus de 20% sur des valeurs comme Air France, Veolia, Pernod Ricard, Accor ou Alstom, pour ne retenir que les plus importantes d'entre elles. Les dispositions que nous avions prises dès la première semaine de l'attaque de l'Iran par les forces américaines et israéliennes nous permis de très nettement réduire les positions, ce qui a contribué à bien amortir le choc. Comme le montrent les graphiques ci-joints, nos deux portefeuilles de « titres vifs », le Défensif et l'Offensif surperforment largement le marché depuis le début de l'année, avec des gains respectifs de 5,5 et 4,6%, comparé à une baisse de 4,2% du CAC 40. Sur douze mois glissants, nous conservons toute notre avance avec une progression de 4,4 et 3,6% (-4,2% pour de l'indice général de la Bourse de Paris). La performance est satisfaisante, mais face aux risques de plus en plus forts d'enlisement du conflit, avec des conséquences potentiellement très négative sur l'inflation et la croissance mondiale, nous avons décidé réduire encore un peu plus l'ensemble des positions. Nos récents arbitrages ont porté, ce jeudi, sur ventes de la totalité de nos actions Airbus dans les deux portefeuilles, ainsi que sur Valeo et Imerys dans l'Offensif. Nous avons par ailleurs allégé les positions sur plusieurs valeurs, comme Axa, STMicroelectronics, Veolia Environnement et Schneider Electric.

Quelle stratégie pour les semaines à venir ? Le manque complet de visibilité dont nous disposons sur les éléments d'appréciation du marché n'a pas empêché les investisseurs de faire un tri plutôt brutal entre les perdants désignés et ceux qui, sans être franchement gagnants, devraient s'en sortir mieux que les autres. De ce point de vue, l'Europe est clairement désignée comme la zone économique la plus pénalisée, en raison de sa forte dépendance au pétrole et au gaz importé du Moyen-Orient, du poids des exportations dirigées vers de nombreux pays directement touchés par le conflit et surtout de la vulnérabilité des dépenses des ménages aux hausses de prix de nombreux produits de consommation courante. Les Etats-Unis, moins dépendants du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz, sont plus protégés. Résultat, l'indice EuroStoxx 50 a cédé plus de 7% depuis le début du conflit, alors que le S&P 500 représentatif des plus grandes valeurs américaines n'a reculé que de 3,5%. La différence de traitement est importante et elle n'est pas près de se réduire, compte tenu de l'écart existant entre les attentes de profits des entreprises de part et d'autre de l'Atlantique. De notre côté, les anticipations bénéficiaires qui portaient encore en début de l'année sur une hausse de 12% des profits pour 2026 sont aujourd'hui considérées comme un niveau inatteignable. Le consensus penche désormais vers un niveau proche de 8%, mais les analystes des plus grande banques américaines, notamment Goldman Sachs ou JP Morgan, sont très en-dessous. A l'opposé, en dépit des doutes sur les perspectives de revenue de l'IA, les estimations dépassent 15% pour le S&P 500, portées par le formidable dynamisme du secteur de la technologie, dont les profits annuels sont attendues en hausse de plus de 30%.

Sur les portefeuilles PEA de détentions d'actions en direct, avec près de 50% de liquidités, il nous semble que leur configuration actuelle est plutôt bien adaptée à l'évolution actuelle des marchés. Nous avons déjà bien réduit les positions. Aller au-delà reviendrait à trop déshabiller les portefeuilles, ce qui les priverait de profiter d'un rebond technique parfaitement envisageable dans les jours à venir. Dans la sélection d'ETF Monde, nous avons une nouvelle fois réduit la part des trackers dédiés aux valeurs européennes et ceux investis sur la Bourse chinoise très pénalisée, elle aussi, par la hausse du prix de l'énergie (gaz et pétrole). Nous avons enfin réduit les positions sur le tracker ishares MSCI World Swap PEA également sensible à la dégradation de la tendance, bien que l'essentiel de l'actif soit représenté par les indices américains moins touchés par la correction des marchés.

Bonne lecture et bon week-end à tous,

Roland Laskine

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...