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Dette et IA : quand la vague d'émissions des géants de la tech secoue le marché obligataire
information fournie par AOF 12/08/2026 à 16:09
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(Zonebourse.com) - "Le cycle de dépenses d'investissement dans l'IA reste bien parti pour dépasser le boom des télécoms de la fin des années 1990 et devenir le plus grand depuis le développement du chemin de fer au XIXe siècle, en termes ajustés de l'inflation. Cette année seulement, les émetteurs liés à l'IA ont représenté six des huit entreprises américaines hors secteur financier de catégorie investment grade (IG) à avoir levé plus de 20 milliards de dollars sur le marché américain des obligations d'entreprises", observe PIMCO, gérant d'investissements obligataires internationaux.

Pourtant, l'ampleur finale de ce déploiement demeure très incertaine. Les prévisions du consensus Bloomberg indiquent que les dépenses d'investissement des seuls hyperscalers dépasseront 1 000 milliards de dollars par an à partir de 2027, sans signe clair de ralentissement .

Des besoins en capitaux tels qu'ils s'exportent à l'international

Selon PIMCO, "les besoins en capitaux des hyperscalers sont devenus si importants qu'ils ont commencé à diversifier leurs émissions de dette dans diverses devises étrangères. Bien que la majorité des émissions hors dollar américain ait encore eu lieu sur le marché de l'euro, ces entreprises ont également sollicité les marchés primaires au Canada, au Royaume-Uni, au Japon et en Suisse, bien qu'à des degrés divers".

Au-delà de la seule dynamique de réendettement des bilans, les volumes massifs d'émissions ont fait des facteurs techniques un moteur de plus en plus crucial de la performance relative au sein de l'écosystème de l'IA, des deux côtés de l'Atlantique.

La graphique 1 montre que, depuis le début de l'année 2026, l'offre nette de dette éligible aux indices émise par les hyperscalers de l'IA s'élève à 120 MdsUSD et 22 MdsEUR, respectivement dans les indices d'entreprises Investment Grade en dollars US et en euros.

Graphique 1 - Source: Bloomberg, PIMCO au 4 août 2026

Une concentration du risque beaucoup plus lourde aux Etats-Unis

Bien que 2026 ait été une année record en termes d'offre nette dans ces deux marchés pour ces entreprises, PIMCO soulève que "le phénomène a été nettement plus prononcé pour les obligations en dollars US. Ensemble, les hyperscalers représentent désormais près de 5% de l'indice américain IG (Bloomberg US IG Corporate Bond Index = indice USD IG), contre seulement 1,2% pour l'indice européen IG (Bloomberg EUR Corporates Index = indice EUR IG)" (voir graphique 2).

Graphique 2 - Source: Bloomberg, PIMCO au 4 août 2026

"La croissance rapide de la part des hyperscalers a commencé à orienter la performance relative de part et d'autre de l'Atlantique. Par exemple, prenons le cas des obligations émises par Amazon et Alphabet (la maison mère de Google) sur les marchés en euros et en dollars", souligne ensuite PIMCO. En théorie, les fondamentaux d'entreprise sous-jacents qui déterminent les spreads (écarts de taux) de crédit devraient être largement identiques, quelle que soit la devise. Cependant, le graphique 3 montre qu'un écart de performance en matière de spread a commencé à émerger.

Graphique 3 - Source : Bloomberg, PIMCO au 4 août 2026. Les chiffres présentent l'évolution cumulée des spreads pour les obligations libellées en euros émises par Amazon (AMZN) et Alphabet (GOOG), par rapport à des obligations libellées en dollars US de sensibilité équivalente (duration-matched).

"Ce différentiel de performance est difficile à attribuer uniquement aux risques propres aux entreprises. Il indique plutôt des signes d'épuisement de la demande (demand fatigue) sur le marché américain, sur une base relative par rapport à son pendant européen", souligne PIMCO.

Deux impacts majeurs sur le marché obligataire américain

Le gérant affirme que "en plus de la valeur relative entre les obligations d'un même émetteur en dollars US et en euros, cette vague d'émissions liées à l'IA produit deux autres effets."

Le premier concerne la performance globale des indices . La part disproportionnée des hyperscalers dans la structure du capital au sein de l'indice a introduit un nouveau facteur de risque sur le marché américain IG : les spreads globaux de l'indice peuvent s'écarter en raison de la sous-performance d'une poignée seulement de grands émetteurs exposés à la thématique de l'IA.

La graphique 4 l'illustre visuellement. Depuis le début de l'année, un écart s'est creusé au sein de l'indice américain IG, selon qu'il intègre ou exclue les cinq hyperscalers. L'indice européen IG ne présente pas encore une concentration suffisamment élevée pour subir un effet similaire. Pour l'indice américain IG, cet effet est symétrique : si les spreads des hyperscalers venaient à surperformer, ils pourraient resserrer les spreads de l'ensemble de l'indice.

Graphique 4 - Source : Bloomberg, PIMCO au 4 août 2026.

Le second effet réside dans la dispersion des spreads (écarts de taux) . Alors que les spreads globaux du marché américain restent proches de leurs plus bas récents, une dispersion significative s'est produite au niveau des obligations individuelles. Le graphique 5 montre l'évolution de la part du marché (en tenant compte de la sensibilité au taux, ou duration) dont les spreads se sont écartés d'au moins 30 points de base (pb) par rapport à l'indice sur les deux derniers mois.

Graphique 5 - Source : Bloomberg, PIMCO au 6 août 2026. L'écartement de 30 points de base (pb) est mesuré par rapport à l'indice : par exemple, si l'indice EUR IG s'est écarté de 7 pb au cours des deux mois précédents, le graphique montre la part de l'indice EUR IG qui s'est écartée d'au moins 37 pb.

"Ce qui est frappant avec ce graphique, ce n'est pas que la part du marché obligataire américain IG qui s'est écartée par rapport à l'indice ces dernières semaines soit plus élevée que celle de son pendant européen IG (c'est généralement le cas), mais plutôt qu'elle ait récemment atteint des niveaux inédits depuis avril 2025, dans la foulée immédiate des annonces tarifaires du "Liberation Day", met en évidence PIMCO.

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 12/08/2026 à 16:09:00.

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