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Des grimaces pour terminer la semaine sur fond d'envolée du pétrole
information fournie par Zonebourse 23/10/2026 à 18:03

A Paris, les performances de L'Oréal ( 5,64%) et de TotalEnergies ( 4,34%) n'auront pas suffi à faire pencher la balance dans le vert. L'indice parisien achève cette dernière séance de la semaine sur un repli de 0,36%, à 7 682 points et abandonne 2,19% en hebdomadaire. De son côté, le DAX 40 se contracte de 0,86% mais reste stable sur la semaine tandis que le Footsie 100 recule de 0,51% aujourd'hui et de 1,06% au cours de la semaine. La nouvelle flambée des cours de l'or noir alimente en effet les inquiétudes.

Alors que les marchés digèrent une pluie de résultats trimestriels d'entreprises des deux côtés de l'Atlantique, les investisseurs gardent un oeil inquiet sur les cours du pétrole et sur les rendements obligataires. Et ce qu'ils observent n'a rien de rassurant, avec un Brent qui franchit allègrement les 117 USD le baril ( 4%) au plus haut depuis juin 2022, tandis que le WTI s'échange autour de 103,2 USD ( 4%) un niveau inédit depuis la mi-septembre 2026. Hier, plusieurs tankers ont été ciblés à l'ouest du détroit d'Ormuz, ravivant les tensions au Moyen-Orient et éloignant encore davantage les perspectives d'une paix prochaine.

"Si la contrebande de pétrole venait à reprendre, les mesures prises à l'encontre des navires contrevenants et des systèmes techniques qui les assistent seraient nettement plus vigoureuses", a fait savoir "une source proche de Téhéran" à l'agence Tasnim, réputée proche du régime des mollahs.

Cette nouvelle poussée des prix de l'énergie alimente les inquiétudes sur l'évolution de l'inflation et contribue à entretenir les tensions sur les marchés obligataires. Le 10 ans français se traite désormais à 5,04%, tandis que le Bund de même échéance s'échange à 3,35%, soit un spread qui tutoie désormais les 170 pb et qui témoigne de la défiance des marchés pour la signature tricolore.

La dette française fait l'objet d'une attention particulière, sur fond d'incertitudes politiques et budgétaires persistantes et à la veille d'une nouvelle journée de manifestation dans l'Hexagone. "Les troubles sociaux en cours, un contexte budgétaire difficile, des négociations budgétaires prolongées et la longue période menant aux élections de l'année prochaine continueront d'alimenter une forte incertitude politique et budgétaire", souligne-t-on chez Pictet WM.

C'est dans ce contexte délicat que l'agence de notation Moody's rendra dans la soirée son verdict sur la note de crédit de la France. L'institution reste la seule grande agence à attribuer encore à l'Etat français une note dans la catégorie double A. Un déclassement semble toutefois se préciser. "Compte tenu de la détérioration des conditions économiques et budgétaires, un abaissement d'un cran paraît désormais très probable", note Nadia Gharbi, économiste senior chez Pictet Wealth Management.

Des statistiques qui n'incitent pas à la confiance

Les dernières statistiques témoignent d'un essoufflement de l'activité sur le Vieux Continent, particulièrement marqué en France. Dans l'Hexagone, l'indice d'activité dans le secteur des services est passé de 51,2 à 48,4 points, contre des attentes à 50,7 points. Il est au plus bas depuis quatre mois.

Le tableau est moins sombre dans la zone euro, même si l'indice PMI flash composite S&P Global de l'activité globale s'est établi à 51,9 en octobre, contre 53,1 en septembre. Il reste toutefois au-dessus du seuil de 50 points, qui sépare la contraction de l'expansion de l'activité, mais affiche son plus faible niveau de la période d'expansion en cours.

Outre-Rhin, la dynamique est similaire, avec l'indice des directeurs d'achat (PMI) composite, qui est ressorti à 52,8 en octobre, contre 53,8 en septembre. Il était attendu à 53,3. Si l'Allemagne et la zone euro échappent encore à la contraction, ces indicateurs confirment un ralentissement de la croissance, qui vient s'ajouter aux inquiétudes suscitées par la hausse des prix de l'énergie.

Les valeurs en mouvement

Dans ce contexte morose, quelques poids lourds de la cote parisienne ont néanmoins tiré leur épingle du jeu. L'Oréal s'est distingué en tête du CAC 40 avec un gain de 5,64%. Le numéro un mondial des cosmétiques a connu une nette accélération de sa croissance au troisième trimestre ( 7,7%, à 11,561 MdsEUR, en données comparables ajustées). Sur les neuf premiers mois de l'année, les revenus sont en progression de 6,9%, à 35,337 MdsEUR, toujours selon les mêmes critères.

TotalEnergies a également profité de la séance, terminant sur un gain de 4,34%, porté par la hausse des cours du pétrole. Cette dynamique a bénéficié à l'ensemble du secteur énergétique européen, à l'image d'Equinor, qui a progressé de 5,09%, ou encore d'Eni, qui a fini en hausse de 5,82%. Le groupe italien a, en outre, dévoilé un bénéfice net ajusté qui a plus que doublé au troisième trimestre, lui permettant de verser un dividende exceptionnel de 0,46 EUR par titre.

A l'inverse, Kering a figuré parmi les valeurs à la peine, cédant 16,57%. Au troisième trimestre, les ventes du groupe de luxe se sont affaissées de 1% à données comparables, à 3,345 MdsEUR. La période a été marquée par les difficultés persistantes de sa marque phare Gucci et l'abandon d'un objectif de marge clé pour le second semestre.

Safran n'a pas davantage convaincu les investisseurs, abandonnant 10%. En cause : le ralentissement de l'après-vente des moteurs civils et l'absence de relèvement des objectifs annuels.

En dehors de l'indice phare parisien, Sodexo a bondi de 6,29% après la publication de ses résultats annuels. Le groupe a séduit avec une croissance organique de 2%, supérieure aux attentes, et une marge d'exploitation de 3,4%, dans le haut de sa fourchette cible. Il confirme ses objectifs pour 2027 et vise une croissance organique supérieure à 5% d'ici 2030.

En revanche, Valeo a lourdement trébuché en cédant 11,54%. L'équipementier automobile a publié un chiffre d'affaires de 4,88 MdsEUR au troisième trimestre, en baisse de 2,3% à données publiées et de 2,6% à périmètre et taux de change constants.

De son côté, OVHcloud a dévissé de 21,08%, après qu'un actionnaire non identifié a cédé 4,65 millions d'actions par placement accéléré. Cette opération intervient deux jours après la publication des résultats annuels 2026, qui avaient fait bondir le titre de 18%.

Ailleurs en Europe, Holcim a bondi de 5,03%. Le spécialiste suisse des matériaux de construction a dévoilé des comptes semestriels supérieurs aux prévisions, soutenus par une demande robuste et une bonne maîtrise des coûts. Sa marge opérationnelle récurrente a progressé à 20,9%, contre 20,7% auparavant.

A l'opposé, Volvo Cars a chuté de 24,23% après avoir enregistré une perte d'exploitation au troisième trimestre. La montée en puissance plus lente que prévu de son nouveau SUV électrique EX60 et la faiblesse de la demande en Chine et aux Etats-Unis ont pesé sur ses résultats.

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