La justice allemande, dans la bataille autour de l'offre hostile de la banque italienne UniCredit sur sa rivale allemande Commerzbank, a dit vendredi ne pas donner suite à une plainte déposée par le comité central d'entreprise de l'établissement allemand pour suspicion de manipulation de marché.
( AFP / DANIEL ROLAND )
A l'issue de son examen préliminaire, le parquet de Francfort a renoncé à l'ouverture d'une enquête, "aucun indice concret suffisant permettant d'établir l'existence d'une infraction n'ayant été constaté", a indiqué un porte-parole.
Cette source a ajouté qu'aucune autre information ne pouvait être communiquée en raison du "processus de prise de contrôle toujours en cours et des éventuelles influences sur le cours de l'action qui pourraient en découler".
Le comité central d'entreprise de Commerzbank doutait qu'UniCredit ait pu obtenir aussi rapidement l'apport d'actions Commerzbank dans le cadre de son offre publique d'échange, valorisée 35 milliards d'euros.
L'offre italienne est de fait restée longtemps inférieure au cours de Bourse de la cible.
Mercredi, UniCredit a annoncé s'être assurée plus de 47% du capital de Commerzbank à l'issue de son offre, en incluant des instruments financiers.
La direction de Commerzbank a accusé ces derniers temps UniCredit de gonfler artificiellement l'impression de succès de son offre. La banque allemande a par ailleurs saisi la BaFin, le superviseur financier allemand.
Mercredi, Commerzbank a souligné "le faible taux d'acceptation parmi les actionnaires indépendants" à l'offre, estimé à "moins de 2%".
Les actions apportées "proviennent majoritairement de banques et de parties liées à UniCredit", a rappelé la seconde banque allemande. Elle dénonce aussi un manque de transparence sur la part des actions empruntées qui ont été apportées à l'offre ainsi que sur les éventuels accords de couverture conclus.
UniCredit a toujours rejeté ces accusations.
Si la montée au capital de la banque milanaise est validée par la Banque centrale européenne (BCE), elle pourrait notamment permettre à UniCredit de fusionner à terme Commerzbank avec sa filiale allemande HypoVereinsbank, acquise en 2005.
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