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Comment investir dans le «monde d'après » ?
Le Cercle des analystes indépendants25/05/2020 à 17:00

François d'Hautefeuille
François d'Hautefeuille

François d'Hautefeuille

Evariste Quant Research

Cofondateur & président

https://www.evariste-quant-research.com/

1.    Des stratégies anti-inflation nous semblent importantes à mettre en place pour se prémunir des conséquences de la sur-création monétaire de la WWC (World War Coronavirus)
2.    Les actions sont à privilégier face aux obligations dans un tel environnement
3.    La structure économique voire politique mondiale sera sans doute profondément impactée par la crise, surtout si la « guerre tiède » USA / Chine se confirme
La crise coronavirus va sans doute impacter la structure économique voire politique mondiale. Les stratégies d'investissement doivent s'adapter à ce nouvel environnement.

WWC (World War Coronavirus), une troisième guerre mondiale ?

La crise économique que nous traversons rentrera probablement dans l'Histoire comme un tournant économique et politique en ligne avec les deux guerres mondiales.

En termes économiques, autour de 10% du PNB mondial a sans doute été détruit par les stratégies de confinement, soit 250 Mds EUR pour la France (soit le PNB de la Grèce, ou de la Bavière). Cette destruction de richesse correspond à l'activité économique non produite durant le confinement (autour de 50% de l'activité suspendue durant environ 2 ou 3 mois si le déconfinement ne prend pas trop de temps).

Qui paiera les coûts de la WWC ?

La France a financé ces 10% de perte de PNB par un déficit budgétaire en explosion. Ce déficit a été financé par l'émission de dette d'Etat. Cette dette d'Etat a été monétisée des achats de la BCE reflétée dans la hausse du bilan de la BCE. On est donc en pleine stratégie de « Helicopter Money » où la Banque Centrale refinance par une création monétaire pure une activité économique non existante. Le bilan de la FED est ainsi monté de 4 tn USD soit autour de 30% du PNB USA. Le bilan de la BCE est monté autour de 800 Ms EUR. 

Cette création monétaire gigantesque crée probablement un « M3 gap » (surplus de création monétaire par rapport à l'économie réelle). De par la célèbre équation monétaire P=M x V (le PNB nominal est égal à la masse monétaire multipliée par la vélocité de la monnaie), on peut déjà penser qu'un « inflation gap » s'est créé dans l'économie qui devra s'épurer dans les années qui viennent. 

Le bilan de la FED est monté de plus de 18% du PGN US à 30% en 2 mois. Le bilan de la BCE est monté de 800 Mds EUR depuis le 13 mars soit 4% du PNB européen. (Source : Bloomberg, Evariste Quant Research. Bloomberg LP n'est pas responsable de cette analyse)

Quel impact sur l'inflation de l'«helicopter money» ?

Pour l'instant, les anticipations d'inflation n'ont pas beaucoup monté. De fait, la vélocité de la monnaie s'est effondrée avec le confinement. Les acheteurs ont dû restreindre leurs achats en ne pouvant plus qu'acheter via internet. Mais en même temps, les capacités de production seront sans doute en partie détruite par la crise. De fait, on assistera forcément à la rentrée à une faillite des entreprises les plus faibles, à commencer par les secteurs les plus exposés comme les transports aériens, le tourisme, les petits indépendants, etc... On voit déjà des faillites dans le secteur de la distribution avec Alinéa en France, JC Penney, etc...

On peut cependant anticiper que la sur-création monétaire finira par impacter la croissance nominale et sans doute réelle, favorisant une reprise de l'activité, mais avec un risque d'inflation plus important. Nous entrerions pour la première fois depuis 30 ans dans une période de reflation monétaire qui va profondément impacter la valorisation des actifs financiers.

WWC, WW China ou WW Coronavirus ?

Si dans ce contexte, la Chine se voit petit à petit fermer l'accès aux marchés mondiaux dans une stratégie de transmondialisation (restructuration des chaines de production liées à la mondialisation), on peut anticiper une autre inflation non plus financière, mais éventuellement par les coûts. De fait, certaines activités stratégiques délocalisées en Chine seront certainement relocalisées en partie hors de Chine comme la production de médicaments, de produits médicaux, etc... 

Pays légal et pays réel : un divorce ?

Ce que certains qualifient déjà de « faillite de l'Etat » dans la gestion des masques a illustré une faiblesse de certaines chaines de commandements au cœur même de l'Etat, fierté de la France depuis Richelieu. Cet affaiblissement de l'Etat est sans doute au cœur du divorce croissant entre le pays réel (les électeurs) et le pays légal (les élus). 

Ce divorce entre le politique et le Peuple se retrouve aussi au niveau de l'Europe. Le manque flagrant de solidarité européenne et de réponse européenne à la crise ont fortement augmenté le poids des Eurosceptiques en Italie. Or, la stagnation du PNB par habitant de l'Italie depuis 20 ans alors qu'il a monté de 20% en Allemagne crée une tension croissante dans un système européen qui enrichit l'Europe du Nord et appauvrit l'Italie. 

Quelle Europe ? Bismarck ou Richelieu ?

La crise actuelle offre clairement une opportunité majeure de redéfinir le paysage politique européen en détruisant le système Westphalien de Richelieu basé sur les Etats Nations. On peut se demander si l'assise politique de Merkel et du Président Macron leur permettront de réaliser le rêve d'une telle Europe nouvelle basée sur la recréation de l'Empire de Charlemagne.

De fait, une autre tension politique majeure est en train d'apparaître aux Pays-Bas, traditionnellement et économiquement proches de Londres (Shell, Unilever, etc..) avec le refus d'adhérer à la création d'une telle Europe fédéraliste. De fait, la mise en place d'une dette Européenne est dans la ligne droite de la stratégie Bismarckienne de création d'une unité Allemande via le commerce puis la monnaie (création du Reichsmark en 1870). Le transfert progressif des pouvoirs régaliens vers Berlin sans pour autant supprimer formellement les Etats historiques allemands (le Royaume de Saxe a ainsi continué jusqu'en 1918) a été au cœur de la création du Reich Allemand. Pour ces raisons, nous pensons que le risque d'une incertitude politique en Europe a augmenté. Or les obligations Européennes sont désormais très exposées à toute tension politique. Elles peuvent être restructurées comme la Grèce via l'activation des clauses d'actions collectives. Nous pensons donc que tout investisseur doit être très prudent quant à cette classe d'actifs.

Privilégier les actions par rapport aux obligations

Beaucoup d'investisseurs sont actuellement très négatifs par rapport aux actions. Ils anticipent un retour à une crise type 1929 avec une deuxième vague de baisse liée à une crise crédit et bancaire. Nous ne partageons pas ces analyses. De fait, contrairement à 1933, les banques centrales n'ont pas laissé les masses monétaires baisser avec la crise réelle mais ont au contraire mise en place une stratégie de création monétaire. Le risque n'est donc pas de voir le PNB nominal baisser mais au contraire de voir le PNB réel stagner et l'inflation monter.

Acheter des actions et des fonds Equity long short

Par opposition, nous pensons que les actions de bonne qualité (sans risque crédit trop important) offrent de grandes opportunités de rendement dans les années qui viennent. Ainsi, les actions mid small real growth ont été littéralement massacrées depuis deux ans avec l'entrée de la loi MiFID qui a beaucoup impacté la recherche et la liquidité de ces titres. Les fondamentaux des valeurs de croissance de cette classe d'actifs restent très bons et beaucoup de pépites du marché sont sur des cours extrêmement attractifs. On peut ainsi investir via des fonds comme Moneta Micro-Entreprise, Pluvalca Small Caps, Lazard France Small Caps, Kirao Mid Small et autres fonds qui ont le mieux performé sur le très long terme.
Les fonds equity long shorts sont aussi très intéressants. De fait, les grands indices ont fortement sur performé les mid et small caps sur les derniers mois du fait de la prime à la liquidité et aussi de l'impact des valeurs luxes sur le CAC (les GAFAs européens que sont LVMH, Kering, Hermès et autres). On peut penser que cette surperformance va se ralentir et que les valeurs de croissance mdi small vont pouvoir rattraper le retard très important qu'elles sont accumulées depuis 2 ans. 

Les fonds actions mid small growth comme Moneta Micro-Entreprise ont fortement sous performé l'Euro Stoxx 50 depuis 2 ans. Sur le long terme, cette classe d'actifs est très performante. (Source : Bloomberg, Evariste Quant Research. Bloomberg LP n'est pas responsable de cette analyse)

Acheter des obligations indexées sur l'inflation

Nous pensons que les obligations n'offrent pas de valeur sur les taux actuels et avec les perspectives d'inflation. Elles sont sur évaluées du fait des achats massifs des banques centrales pour injecter des liquidités. Il est impossible de savoir quand leurs prix se réaligneront. Ce sont surtout les obligations indexées sur l'inflation qui nous semblent offrir de la valeur. Il est possible de trouver des fonds investis en des obligations indexées sur l'inflation comme DNCA Inflation, ou AXA World Inflation. On peut aussi utiliser l'ETF IBCI NA listé sur Euronext Amsterdam.

Les fonds en obligations indexés sur l'inflation comme l'ETF Ishare Euro inflation linked government permettent d'acheter des obligations indexées sur l'inflation, moins sensibles que les obligations classiques à la reflation que nous anticipons. (Source : Bloomberg, Evariste Quant Research. Bloomberg LP n'est pas responsable de cette analyse)

Privilégier le pétrole et le cuivre à l'or ou l'argent métal

Beaucoup d'analystes recommandent fortement des achats d'or voire d'argent métal pour se prémunir face à une crise monétaire majeure de confiance dans les fiat money (monnaies fiduciaires). Nous sommes prudents face à ses analyses. De fait, Keynes a montré via son texte séminal sur le paradoxe de Gibbs que le cours de l'or est négativement corrélé avec les taux réels et donc la croissance. Or, notre scénario le plus probable est une reprise de la croissance avec éventuellement de l'inflation et non pas une nouvelle phase de dépression
De ce fait, pour les investisseurs qui cherchent à investir dans des actifs réels, nous pensons que le pétrole et le cuivre sont plus attractifs car proches de leurs plus bas historiques alors que les métaux précieux sont au contraire chers en termes de prix réel déflaté par l'inflation.

Le prix de l'or est au plus haut alors que celui du pétrole et du cuivre est au plus bas. (Source : Bloomberg, Evariste Quant Research. Bloomberg LP n'est pas responsable de cette analyse)

Vers un nouveau paradigme de marché, la croissance et non plus seulement la déflation

En conclusion, nous pensons que la crise WWC a changé la structure même de l'économie réelle voire de la géopolitique mondiale si la « guerre tiède » Chine / USA se confirme. Dans un tel cadre, il nous semble important de repenser les stratégies d'investissement. Il faut revenir à une approche plus « Anglo saxonne » de la finance, où la croissance et non plus la déflation devient le thème principal de gestion d'un capital. Les assureurs offrent des plateformes très efficientes pour s'adapter à un tel environnement en alternatives aux fonds en Euros qui nous semblent très dangereux à moyen terme dans une tel environnement.


Cet article est adressé à titre d'information uniquement et ne constitue ni une offre de produits ou de services, ni une offre, une recommandation ou une sollicitation d'offre de fourniture de conseil ou de service d'investissement pour acheter/vendre des instruments financiers.

7 commentaires

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  • aiki41
    25 mai18:23

    Voilà commence la manipulation dont l'objectif est de nous faire croire que le monde d'après sera différent du monde d'avant et ce, pour nous faire avaler des couleuvres............... et moins de libertés.

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