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Climat-Accord à la COP26 après des compromis de dernière minute
information fournie par Reuters13/11/2021 à 23:41

* Modification de dernière minute sur le charbon

* Appel à réduire les aides publiques aux énergies fossiles

* L'objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C préservé

* Critiques des ONG et de nombreux pays vulnérables

(Actualisé avec réaction française §§13-14)

par Valerie Volcovici, Kate Abnett et William James

GLASGOW, 13 novembre (Reuters) - La Conférence des Nations unies sur le climat de Glasgow, la COP26, s'est achevée samedi avec l'adoption d'un accord censé préserver l'espoir de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius et donc de la sauver d'un dérèglement climatique catastrophique.

Alok Sharma, le président britannique de la conférence, a abattu son marteau à 19h41 GMT pour prendre acte de l'absence d'objection décisive des quelque 200 délégations nationales réunies à Glasgow, en Ecosse.

Quelques minutes auparavant, avec des sanglots dans la voix, il avait présenté ses excuses à l'ensemble des délégations après la déception exprimée par plusieurs d'entre elle.

Ouverte il y deux semaines, la COP26 a été prolongée de 24 heures pour favoriser des compromis sur plusieurs points d'achoppement. L'accord final est notamment le premier à appeler à réduire le recours aux combustibles fossiles (pétrole, charbon et gaz), principale cause du réchauffement climatique d'origine humaine.

Les tractations se sont poursuivies jusqu'aux toutes dernières minutes, ce qui a notamment permis à l'Inde, soutenue par d'autres pays en développement gros consommateurs de charbon, dont la Chine, d'obtenir une modification de l'accord.

Le texte amendé demande ainsi aux pays signataires de "réduire" ("phase down" en anglais) l'usage du charbon sans mécanisme de capture du carbone et les aides publiques aux combustibles fossiles, alors que la rédaction initiale leur demandait de le "supprimer" ("phase ou") à terme.

Le ministre indien de l'Environnement et du Climat, Bhupender Yadav, a déclaré que cette modification était nécessaire pour refléter "les situations nationales des économies émergentes".

"Nous sommes en train de devenir la voix des pays en développement", a-t-il dit à Reuters, ajoutant que le charbon avait été "stigmatisé" alors que l'accord n'appelait pas à en finir avec la consommation de pétrole et de gaz.

L'INDE, CRITIQUÉE SUR LE CHARBON, ASSUME

La modification obtenue par New Delhi a été critiquée entre autres par l'Union européenne et la Suisse mais aussi par une coalition de petits pays insulaires dont le réchauffement menace l'existence même.

Aucun de ces pays critiques n'est toutefois allé jusqu'à menacer de bloquer l'accord global.

"Les textes approuvés sont un compromis. Ils reflètent les intérêts, les conditions, les contradictions et l'état de la volonté politique du monde d'aujourd'hui", a déclaré le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres.

"Ils intègrent des mesures importantes mais malheureusement, la volonté politique collective n'a pas été suffisante pour surmonter certaines contradictions profondes."

En France, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, a salué "un compromis utile qui finalise les instruments de l'Accord de Paris", conclu à la COP21 en 2015.

"La COP26 aura été une nouvelle étape du combat climatique, même s'il nous reste beaucoup de chemin à parcourir", a-t-elle ajouté sur Twitter.

La priorité de la COP26 était de préserver l'objectif fixé en 2015 par la COP21 de Paris, à savoir le plafonnement de la hausse globale des températures à 1,5°C par rapport aux niveaux pré-industriels. Un objectif jugé cependant trop modeste par de nombreuses organisations non-gouvernementales et bon nombre des pays les plus vulnérables.

L'accord reconnaît de fait que les engagements pris jusqu'à présent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sont loin d'être suffisants et demande aux pays signataires de fixer de nouveaux objectifs plus contraignants dès l'an prochain, sans attendre les cinq ans prévus initialement.

Les scientifiques estiment qu'un réchauffement global de plus de 1,5°C se traduirait par une forte élévation du niveau des mers et par des catastrophes naturelles (sécheresses, inondations, tempêtes, feux de forêt etc) bien pires que celles que connaît actuellement la Terre.

PAS DE GARANTIES RÉELLES SUR LE FINANCEMENT CLIMATIQUE

Mais les engagements nationaux pris à ce jour pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ne limiteraient le réchauffement qu'à 2,4°C.

Pour la directrice générale de Greenpeace, Jennifer Morgan, le bilan de la COP26 est donc mitigé.

"Ils ont changé un mot mais ils ne peuvent pas changer le signal envoyé par cette COP: l'ère du charbon est en train de s'achever", a-t-elle déclaré.

L'une des priorités de la présidence britannique pendant les négociations concernait le "financement climatique", les aides que les pays riches, dont les émissions passées sont pour une très grande part à l'origine du réchauffement actuel la planète, sont censées assurer aux pays en développement pour les aides à prendre les mesures d'adaptation nécessaires aux conséquences de ce réchauffement tout en réduisant leurs émissions.

L'accord final appelle les pays riches à doubler les financements dédiés à l'adaptation climatique d'ici 2025 par rapport à leur niveau de 2019, mais n'inclut aucune garantie concrète pour les pays les plus pauvres.

Autre nouveauté: l'Onu devra dresser chaque année le bilan des progrès accomplis vers l'objectif de 100 milliards de dollars annuels de financement climatique promis pour 2020 mais pas encore atteints.

L'accord de Glasgow prévoit aussi l'organisation de nouvelles réunions internationales en 2022, 2024 et 2026 pour débattre du financement climatique.

L'enveloppe de 100 milliards de dollars par an prévue, dont le montant est bien en-deçà des besoins réels selon l'Onu, vise à aider les pays pauvres à abandonner les sources d'énergie aux combustibles fossiles et à faire face à des aléas climatiques de plus en plus extrêmes.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) regrette en outre que "les décisions adoptées à la COP26 ne prévoient aucun instrument de financement des pertes et dommages irréversibles causés par le réchauffement climatique dans les pays en développement".

(Avec la contribution d'Elizabeth Piper, Jake Spring, Simon Jessop, Andrea Januta et Richard Valdmanis; version française Elizabeth Pineau et Marc Angrand)

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