La Grande-Bretagne a infligé mercredi une amende de 4,7 millions de livres sterling (5,48 millions d'euros) à Citibank, dans le cadre de son régime de sanctions contre la Russie, affirmant que des défaillances et erreurs au sein de la succursale londonienne du groupe avaient permis à des personnes visées par les sanctions d'accéder à des fonds.
L'"Office of Financial Sanctions Implementation" (OFSI), l'administration britannique en charge de faire respecter les sanctions, a déclaré que Citigroup avait autorisé de multiples transactions en violation du régime en vigueur.
La plupart des transactions ont été effectuées entre février et novembre 2022, après l'imposition par la Grande-Bretagne et ses alliés d'un train de sanctions de grande ampleur en réponse à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
La banque a volontairement signalé la majorité de ces infractions, a précisé l’OFSI.
Un porte-parole de Citi a déclaré que la banque se réjouissait de la clôture de cette affaire et qu’elle prenait très au sérieux le respect des sanctions.
L'autorité de régulation a précisé que bon nombre des infractions commises par la succursale londonienne de Citibank, N.A., s'étaient produites au tout début de la mise en place des sanctions, ce qui avait "mis à rude épreuve les processus de traitement des alertes et d'enquête de la banque".
Au total, la succursale londonienne de Citibank a traité 970 paiements d’une valeur cumulée de 19,7 millions de livres sterling qui, selon l’OFSI, enfreignaient son régime de sanctions. Certains de ces paiements concernaient des comptes détenus par la compagnie maritime publique PJSC Sovcomflot, tandis que la banque a également traité des paiements pour le compte de banques russes désignées, à savoir Alfa-Bank, PJSC Gazprombank et Credit Bank of Moscow.
"L’OFSI ne considère pas que CBNA Londres ait eu l’intention d’enfreindre les sanctions. Toutefois, les erreurs et défaillances mentionnées ci-dessus étaient, dans leur ensemble, substantielles et significatives, et elles se sont produites dans un large éventail de domaines d’activité et de systèmes au sein de la banque", a déclaré l'Office dans un communiqué.
Le porte-parole de Citi a indiqué dans un communiqué que la banque avait coopéré avec l’OFSI tout au long de l’enquête et continuait d’investir massivement dans son dispositif mondial de conformité aux sanctions.
"Nous restons déterminés à travailler en étroite collaboration avec les autorités chargées des sanctions et à soutenir nos clients grâce à un environnement de contrôle solide et efficace", a ajouté le porte-parole.
Citi avait annoncé en août 2022 son intention de réduire progressivement son exposition à la Russie. Fin 2025, son conseil d’administration a approuvé la vente de sa filiale russe AO Citibank à Renaissance Capital, une banque d’investissement locale.
(Phoebe Seers et William James, Version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

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