par Utkarsh Shetti et Tatiana Bautzer
Citigroup C.N a fait état mardi d'un bénéfice supérieur aux attentes au deuxième trimestre et a publié son chiffre d'affaires le plus élevé depuis dix ans, soutenu par des revenus de négociation solides sur un marché volatil et des commissions importantes issues de ses activités de banque d'investissement.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran a secoué les marchés mondiaux et entraîné de fortes fluctuations des cours du pétrole et d’autres actifs, ce qui a conduit les investisseurs à remanier leurs portefeuilles et à ajuster leur exposition au risque. La volatilité des marchés contribue généralement à faire grimper les revenus de trading des grandes banques.
L’assouplissement de la réglementation sous l’administration du président américain Donald Trump a renforcé la confiance des dirigeants dans la poursuite d’acquisitions, tandis que la ruée vers les actifs liés à l’intelligence artificielle a donné un nouvel élan aux fusions-acquisitions.
Le volume mondial de cette activité a déjà dépassé les 3 milliards de dollars (2,62 milliards d'euros) cette année, Citi ayant conseillé des opérations d’une valeur supérieure à 300 milliards de dollars, selon les données de Dealogic.
La banque s’est imposée comme l’un des chefs de file de l’introduction en bourse record de SpaceX, d’un montant de 75 milliards de dollars, au cours du trimestre, et a également conseillé des opérations de fusion-acquisition de grande envergure, telles que le regroupement des activités alimentaires d’Unilever et de McCormick, d’une valeur de 44,8 milliards de dollars.
Son chiffre d’affaires issu de l'investissement a bondi de 44% au cours du trimestre, pour atteindre 1,55 milliard de dollars. Le chiffre d’affaires bancaire total a progressé de 34% pour s’établir à 1,92 milliard de dollars, malgré une baisse des revenus liés aux prêts aux entreprises.
UNE RÉORGANISATION EN COURS Cette croissance des bénéfices intervient alors que Citi s’efforce d’améliorer sa rentabilité pour les années à venir. La présidente-directrice générale Jane Fraser a défini des objectifs plus ambitieux dans le cadre d’une refonte en profondeur qu’elle a menée afin d’alléger la structure de la banque par la vente d’activités grand public, tout en réduisant les niveaux hiérarchiques et en renforçant les fonctions de gestion des risques et de contrôle.
La société a enregistré une hausse de 45% de son résultat net, qui s’établit à 5,8 milliards de dollars, soit 3,15 dollars par action. Selon les données compilées par LSEG, les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice de 2,74 dollars par action.
Le rendement des fonds propres tangibles (ROTCE) pour le trimestre s’est établi à 13%, soit dans la fourchette haute de l’objectif de 11% à 13% que la banque s’est fixé pour 2027 et 2028.
Son chiffre d’affaires s’est élevé à 24,8 milliards de dollars, en hausse de 14% par rapport à l’année précédente, dépassant également les attentes de Wall Street.
L'action Citi, qui a progressé de 20,6% depuis le début de l'année, a surperformé ses concurrents de Wall Street, à mesure que sa restructuration prend forme. Le titre a reculé de 1,5% mardi avant l'ouverture, à l'instar de ceux de ses concurrents.
ROBUSTESSE DU RNI
Les taux d’intérêt, qui restent élevés, ont continué de soutenir le revenu net d’intérêts (RNI) des grandes banques, stimulant les rendements des prêts et autres actifs générateurs d’intérêts, tandis que la qualité du crédit est restée stable. Le chiffre d’affaires de la division des cartes de crédit a augmenté de 1%, mais le résultat net a progressé de 12% pour atteindre 852 millions de dollars.
Le produit net d’intérêts global de Citi, c’est-à-dire la différence entre ce qu’elle perçoit sur les prêts et ce qu’elle verse sur les dépôts, a augmenté de 13% au cours du trimestre.
La banque a passé le test de résistance annuel mené le mois dernier par la Réserve fédérale, qui vise à évaluer la capacité des grandes banques américaines à résister à un ralentissement économique hypothétique, ce qui a permis à Citi de rejoindre ses concurrents dans la hausse des dividendes.
(Rédigé par Tatiana Bautzer et Utkarsh Shetti à Bangalore; Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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