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Chasse illégale : le milliardaire Olivier Bouygues condamné à deux ans de prison avec sursis
information fournie par AFP 23/10/2026 à 17:02

Le milliardaire Olivier Bouygues au tribunal correctionnel d'Orléans, le 7 septembre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Le milliardaire Olivier Bouygues au tribunal correctionnel d'Orléans, le 7 septembre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Le milliardaire Olivier Bouygues a été condamné vendredi à deux ans de prison avec sursis et 750.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Orléans pour destruction d'espèces d'oiseaux protégées sur son domaine de chasse en Sologne.

L'avocat de M. Bouygues, qui a toujours contesté les faits, a immédiatement annoncé son intention de faire appel.

"Il n'est pas question d'accepter cette décision", qui n'est "pas définitive", a déclaré Me Eric Grassin à des journalistes.

Jugé début septembre avec cinq prévenus, parmi lesquels le régisseur et des gardes-chasse de son domaine de Fontenaille, d'une superficie de 650 hectares à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret), Olivier Bouygues a également été condamné au retrait de son permis de chasse pendant trois ans.

Fils de Francis Bouygues, fondateur du géant du BTP, des télécoms et des médias, Olivier Bouygues est un homme d'affaires. Tous ses coprévenus ont aussi été condamnés vendredi, avec des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis, des amendes et des retraits temporaires du permis de chasse.

Le tribunal d'Orléans a retenu dans son jugement "l'existence d'un préjudice écologique" dont les six prévenus se sont rendus "entièrement responsables". A ce titre, il les a condamnés à verser solidairement 40.000 euros à neuf associations, soit un total de 360.000 euros. Environ 70% de cette somme est à la charge d'Olivier Bouygues.

Avocate de la Fondation 30 millions d'amis, Me Caroline Lanty a jugé la condamnation "très satisfaisante", estimant que le tribunal a pris la mesure de "l'atteinte aux animaux, à la nature et à l'écologie en prononçant des peines qui sont proches des réquisitions du parquet".

"Cette affaire révèle au grand jour les pratiques obscures de la chasse en enclos", a réagi auprès de l'AFP le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg.

"Pour les associations, ce jugement rappelle un principe essentiel : le droit ne s'arrête pas à la porte des propriétés privées", ont souligné dans un communiqué commun les associations, parties civiles.

Durant l'audience de septembre, la procureure de la République d'Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, avait décrit des méthodes "interdites" et "barbares" employées par les prévenus, dénonçant une atteinte "majeure" à la biodiversité.

Le motif des destructions "est connu, assumé par certains : préserver les parties de chasse organisées régulièrement en enlevant les prédateurs du petit gibier", avait fustigé la magistrate, détaillant une "organisation qui perdure" au fil des années avec à sa tête "le même propriétaire".

Faucons et chats tués

Les réquisitions du parquet avaient été jugées "excessives" par l'avocat du milliardaire qui avait demandé l'annulation de la procédure et critiqué "une construction intellectuelle qui consiste à dire que l'employeur était au courant".

Olivier Bouygues a toujours contesté toute responsabilité dans cette affaire, évoquant à l'audience sa "surprise" au moment où il a été informé de l'ouverture d'une enquête l'année dernière.

"J'ai d'autres chats à fouetter que de gérer au quotidien" les affaires de la propriété, avait-il affirmé à la barre.

À la suite d'une dénonciation anonyme, les enquêteurs ont découvert sur le domaine de Fontenaille des "cadavres d'animaux en décomposition avancée", selon un membre de l'Office français de la biodiversité (OFB).

Les photos d'un charnier, diffusées à l'audience, montraient plusieurs cadavres d'animaux baignant dans leur sang, parmi lesquels des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des busards, des buses variables ou encore des grands cormorans.

M. Bouygues, 76 ans, a martelé n'avoir "jamais vu" ce charnier, tout en reconnaissant en connaître l'existence et préférant parler de "fosse écologique".

Outre les oiseaux, des chats ont aussi été tués.

Les enquêteurs ont retrouvé des armes, une pelleteuse ou une centaine de pièges à mâchoires, interdits depuis 1995, ainsi que des documents listant les espèces à éliminer et retraçant les destructions déjà réalisées depuis des années. En contrepartie, des primes d'une centaine d'euros étaient versées.

Selon les déclarations du régisseur du domaine, M. Bouygues "ne voulait pas que ça soit rendu public".

L'un des prévenus a décrit une pratique "ancrée" en Sologne, deuxième massif forestier français et terrain de chasse très prisé des grandes fortunes.

Tous les prévenus ont rejeté la responsabilité de l'homme d'affaires dans les destructions.

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1 commentaire

  • 16:24

    Mon dieu, ils ont aussi tué des chats! Ben oui, à plus de 200m des habitation c'est autorisé, (O. Bouygues a d'autres chats à fouetter, on s'en doute)! A qui vaut-il mieux confier la gestion d'un domaine de chasse de 750 hectares, aux écologistes ou à son propriétaire? Si vous ne voulez pas voir les loups dans vôtre jardin, il est encore temps d'y songer...


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