Alors que les finances publiques françaises restent dans le rouge et que les rendements obligataires grimpent, le gouvernement cherche à contenir les dépenses. Pourtant, pas question de faire des économies sur la défense : le projet de loi de finances pour 2027 prévoit 6,4 milliards d'euros supplémentaires pour les armées, avec à la clé de nouvelles commandes d'équipements et des recrutements. Une manne dont l'industrie française de l'armement pourrait bien profiter.
Dans un contexte géopolitique tendu, la défense fait partie des rares postes budgétaires qui devraient échapper aux coups de rabot de Bercy. Mieux : l'enveloppe consacrée aux armées devrait grimper à environ 63 milliards d'euros en 2027, soit un effort supplémentaire de 6,4 milliards d'euros par rapport à 2026.
"La France aura doublé le budget consacré à la défense depuis 2017", souligne l'exécutif dans l'exposé général des motifs du projet de loi de finances. Malgré des comptes publics sous pression, le gouvernement n'en démord donc pas : le réarmement de l'Hexagone doit se poursuivre.
Les crédits d'équipement progressent de plus de 4 milliards d'euros
Pour les industriels de la défense, l'une des principales évolutions concerne le programme "Equipement des forces", qui finance notamment les programmes d'armement. Concrètement, les crédits de paiement passeraient de 22,85 à 26,95 milliards d'euros entre 2026 et 2027, soit une hausse d'environ 4,1 milliards d'euros.
En revanche, les autorisations d'engagement, qui permettent notamment à l'Etat de passer de nouvelles commandes, reculeraient de 47,13 à 39,60 milliards d'euros, soit une baisse d'environ 7,5 milliards d'euros.
Faut-il y voir un ralentissement des programmes militaires ? Pas nécessairement. Les crédits de paiement servent à régler les dépenses de l'année, notamment celles liées à des contrats déjà signés, tandis que les autorisations d'engagement permettent de financer des commandes dont l'exécution peut s'étaler sur plusieurs exercices. Autrement dit, l'Etat peut dépenser davantage en 2027 tout en prévoyant moins de nouveaux engagements qu'en 2026.
Le gouvernement entend d'ailleurs renforcer les capacités militaires dans plusieurs domaines. Le projet de budget évoque ainsi des "commandes supplémentaires pour les équipements majeurs", notamment dans les "systèmes de défense sol-air, lutte anti-drone, intelligence artificielle".
Autant de secteurs dans lesquels les industriels français et leurs sous-traitants pourraient trouver de nouveaux débouchés. Reste à savoir comment cette manne sera répartie entre les différents programmes militaires. Car si le gouvernement affiche clairement ses priorités, le projet de budget ne permet pas encore de déterminer quels contrats seront effectivement attribués aux industriels en 2027. De quoi laisser sur leur faim les investisseurs, toujours à l'affût de nouvelles opportunités.
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