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Brexit et chute des marchés : « La situation rappelle celle de l'été 2011 » (Dorval AM)

Boursorama24/06/2016 à 18:18

Le CAC40 a terminé en baisse de 8,04% vendredi 24 juin.

Vendredi 24 juin, les indices boursiers n'ont pas réussi à effacer leurs pertes de la matinée suite à la victoire du « Brexit ». Le CAC40 a terminé en baisse de 8,04% à 4.106 points. Stéphane Furet, gérant actions chez Dorval AM, relativise le drame du jour.

Toute la journée de vendredi, les investisseurs sont restés sous le choc de la victoire du « Brexit » au référendum britannique, ayant provoqué une très forte chute des indices boursiers.

« Le marché avait beaucoup monté au cours des précédentes séances. Avec la chute d’aujourd’hui, c’est comme si l’on revenait une semaine en arrière avec un CAC40 proche des 4.100 points » tempère Stéphane Furet, gérant actions chez Dorval AM. Dans la même idée, « la livre sterling est redescendue ce matin à peu de choses près au niveau de la semaine dernière » relativise le gérant.

À 1,36 USD pour 1 GBP, la livre chutait de 8% face au dollar vendredi, revenant surtout à un niveau très proche bien qu’inférieur à son niveau de la fin du mois de février, lorsque l’annonce de la tenue du référendum sur le Brexit avait provoqué un fort affaiblissement de la livre sterling.

Avec la victoire du « Brexit », l’image de l’Union européenne est sévèrement écornée. « La situation rappelle celle de l’été 2011, où les commentateurs craignaient pour l’avenir de l’Union européenne avec la crise grecque. Comme à cette époque, le marché va désormais être drivé par des réactions politiques largement imprévisibles à court terme. Les personnalités politiques et même certaines institutions comme le FMI vont prendre la parole et on assistera pendant un temps à une certaine cacophonie des points de vue », explique le gérant.

Ce dernier tempère de nouveau les inquiétudes des investisseurs : « La situation actuelle reste moins grave que celle du début de l’année 2016, où les investisseurs s’inquiétaient de la chute des prix du pétrole et de ses impacts sur le secteur bancaire, sans parler de la crainte d’une crise chinoise ».

La Bank of England soutient la livre

Une question se pose quant à l’impact du choix des Britanniques sur l’activité de la City, d’autant plus que « le secteur financier, c’est un tiers de l’économie britannique » explique Stéphane Furet. « Mais une bonne maîtrise de la situation par les banques centrales et la Communauté Européenne permettrait de diminuer l’impact pour les banques et la City de manière générale ».

« La Bank of England et d’autres banques centrales sont sans doute à la manœuvre pour soutenir la livre depuis le début de la journée en vendant d’autres devises. La stabilité de la monnaie britannique sera essentielle pour permettre aux investisseurs de retrouver la confiance », explique-t-il.

Le gérant note au passage que l’affaiblissement de la livre pourrait dans une certaine mesure avoir quelques effets bénéfiques, notamment pour les entreprises exportatrices ayant des coûts et des salaires à payer en livres sterling, mais une production vendue majoritairement à l’étranger . Tel est par exemple le cas de Nissan qui, au sein du secteur automobile, produit ses voitures en Angleterre et les vend dans le monde entier. Les salaires des banquiers de la City coûteront également « moins cher » pour les établissements qui les emploient. Dans une certaine mesure, à quelque chose, malheur est bon.

À plus long terme, l’incertitude est concentrée sur la forme que prendra la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Comme évoqué depuis plusieurs semaines, les Britanniques devraient négocier de nouveaux accords de libre-échange avec l’Union européenne suite à leur sortie qui ne pourrait être effective que d’ici deux ans voire s’étaler jusqu’à 5 ans.

« Le meilleur cas de figure serait celui d’un scénario à la norvégienne, ça pourrait être une vraie solution » explique Stéphane Furet. « Actuellement, la Norvège n’est pas membre de l’UE mais le pays bénéficie tout de même d’une libre circulation des personnes et des biens avec l’UE. Le pays ne supporte aucun droit de douane vis-à-vis du bloc européen », rappelle-t-il.

Malgré son espoir sur la possibilité de trouver de bonnes solutions pour la gestion du « Brexit », le gérant de Dorval AM reconnaît que « la sortie du Royaume-Uni représente un précédent très négatif pour l’Europe. L’axe franco-allemand va devoir montrer son unité face aux diverses réactions politiques et la montée potentielle du populisme qui vont intervenir tout au long des prochaines semaines ».

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

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