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Bourse : les trois paradoxes de la troisième guerre du Golfe
information fournie par Le Cercle des analystes indépendants 09/04/2026 à 08:13

Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric Galiègue

Phiadvisor Valquant

Directeur de la recherche

https://phi-advisor.com/fr/

Le porte-avions George Bush, lors de son départ de Northfolk pour rejoindre le théâtre d'opérations iranien. (crédit : US Navy)

Le porte-avions George Bush, lors de son départ de Northfolk pour rejoindre le théâtre d'opérations iranien. (crédit : US Navy)

Le cours du pétrole vient de flamber de 50% et reste accroché largement au-delà de 100$ le baril depuis le début des opérations militaires engagées contre l'Iran par Israël et les USA le 28 février. D'ores et déjà certaines personnes qualifient de troisième guerre du Golfe cet enchainement de frappes et contre frappes aériennes autour du Golfe Arabo Persique. Pour notre part, le terme de choc pétrolier nous semple adapté.

Nous considérons que cette troisième guerre du Golfe recèle 3 paradoxes majeurs.

À lire aussi | Avec la guerre au Moyen-Orient, la crainte d'un choc pétrolier ressurgit

Paradoxe 1 : la réaction particulièrement modérée des marchés d'actions pour une telle hausse du cout du pétrole. En effet, à raison de 100millions de barils par jour (mbj), au niveau mondial, le budget de la consommation d'Or Noir représente 2,2% du PIB pour un baril à 65%$ ; pour un baril à 100$, cette « facture pétrolière mondiale » atteint 3,3% : le surcout est donc de plus de 1%. En Europe, qui importe 13mbj, nous estimons le choc à 0,8% pour un Brent qui, en €, est proche de ses plus hauts historiques. En effet, en 2008, lorsque le pétrole valait 150$ (pas longtemps, heureusement !), l'€ valait plus de 1,5$ : il était bien plus fort vs le billet vert, ce qui a adouci la facture...

Source : Factset et Phiadvisor Valquant

Source : Factset et Phiadvisor Valquant

Il s'agit bien d'un choc économique majeur, qui n'a pas profondément ébranlé la sphère financière, puisque les replis sur les plus hauts sont limités à moins de 10%, et que les résistances majeures ont tenu....

Paradoxe 2 : les marchés américains ont le plus souffert, alors que les dégâts sur les marchés européens sont limités.

A Wall Street, nos signaux stratégiques sont passés à la vente, sur le S&P500, comme sur le Russel (indice de small caps) et l'ETF des « 7 Magnifiques... »

Source : Factset et Phiadvisor Valquant

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En Europe, la baisse des cours a pris la forme d'une simple consolidation, dans la mesure où le repli du cours des actions est inférieur à 10% sur les plus hauts, et ou ils demeurent supérieurs à leur moyenne mobile un an. Par ailleurs, notre signal stratégique reste à l'achat...

Source : Factset et Phiadvisor Valquant

Source : Factset et Phiadvisor Valquant

Pourtant, les USA sont totalement autonomes en matière pétrolière, et sont mêmes exportateurs nets avec l'émergence du gaz et pétrole de Schiste, alors que la zone € ne produit pas de pétrole et est particulièrement dépendante des importations d'Or Noir. Par ailleurs, cette dépendance est d'autant plus forte que le niveau de croissance de la zone demeure particulièrement faible, de l'ordre de 1% seulement, et que l'Allemagne, le pays de loin le plus important est particulièrement dépendant du gaz qui est lui aussi largement importé. A l'opposé, le choc pétrolier se fera moins sentir au sein de l'économie américaine, dans la mesure ou même en retrait par rapport à l'année précédente, la croissance du PIB Outre Atlantique est toujours de l'ordre de 2%, soit 2 fois plus qu'en Europe...

À lire aussi | Comment la révolution iranienne engendra le second choc pétrolier de 1979

Paradoxe 3 : Les analystes financiers ont révisé en hausse leurs prévisions de bénéfice des entreprises, alors qu'on aurait plutôt imaginé qu'ils les révisent en baisse, en raison de l'impact négatif du choc pétrolier sur la croissance. Manifestement, il y a une sorte d'optimisme général, qui retient avant tout les effets favorables d'un pétrole cher pur certains secteurs, et élude les effets défavorables sur l'ensemble de l'économie. Ainsi, les révisions de bénéfice de l'exercice 2026 aux USA depuis un mois ont porté sur +6,7Mds$ pour Exxon Mobil, +2mds$ pour ConoccoPhilps, +1,9 Md$ pour Occidental Petroleum, +1,3Md$ pour Marathon Oil, etc...Quant à notre Total Energies national, les analystes ont réhaussé de 5,5€ à 7,39€ par action leur prévision de BPA 2026 : c'est tout simplement 4Mds€ de bénéfice en plus...Face à ces révisions en hausse, les révisions en baisse ont affecté notamment des compagnies aérienne : United Airlines : -700m$, Delta Airlines : - 590m$, Carnival : -441m$ etc..., mais elles n'ont pas fait le poids, même si Berkshire Attaway a subi une révision en baisse de 1,5Md$. Au total, très paradoxalement les analystes ont revu en hausse significative leurs anticipations !

Ces trois paradoxes peuvent s'expliquer par la fantastique complaisance du marché et de ses acteurs. Manifestement, investisseurs et analystes ne veulent prende en compte que les élements positifs, et oublient volontairement les élements négatifs. Il faut aujourd'hui s'abstenir de prendre toute initative sur le marché des actions.

1 commentaire

  • 09:00

    Bref, on danse sur le pont du Titanic


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