(Actualisé tout du long avec cours en Bourse, commentaires d'analystes, détails)
L'action bioMérieux BIOX.PA chute fortement en Bourse jeudi, le groupe français de biotechnologies ayant abaissé ses perspectives pour 2026 "au regard de la performance du premier trimestre et de la dynamique actuelle du marché".
Vers 08h40 GMT à Paris, le titre du spécialiste des solutions de diagnostic in vitro chute de 16,3%, lanterne rouge de l'indice SBF 120 .SBF120 , qui progresse 0,23% au même moment. Il est en passe d'enregistrer sa pire séance en six ans si les pertes se creusent.
Les trois premiers mois de l'année ont été marqués par "une épidémiologie respiratoire relativement faible, et par le contexte géopolitique et macroéconomique incertain qui pèse sur les décisions d’investissement des clients", a expliqué le groupe dans un communiqué.
En conséquence, BioMérieux vise désormais une croissance organique des ventes de 3% à 5% et une progression de son résultat opérationnel courant contributif entre 0% et 10%, "en excluant un impact prolongé des évènements au Moyen-Orient".
Selon Sarah Thirion, equity strategist chez TP Icap Midcap, l'abaissement des perspectives reflète "la normalisation durable du respiratoire, les pressions persistantes en Chine et une dynamique marché encore hésitante".
En février, Biomérieux avait dit anticiper une croissance de son chiffre d'affaires entre 5 et 7% en 2026 et un résultat opérationnel courant contributif en progression d’au moins 10%.
LA BIOLOGIE MOLÉCULAIRE DÉÇOIT
Le chiffre d'affaires au premier trimestre a reculé de 10,4%, et de 3,9% en données organiques, à 984 millions d'euros.
La contreperformance s'explique par un effet de base respiratoire exceptionnel et une épidémiologie nettement plus clémente qu’en 2025, dans un contexte d’"investissement hospitalier toujours contraint", explique Sarah Thirion dans une note.
Les analystes de Kepler Cheuvreux et RBC soulignent pour leur part que le chiffre d’affaires est nettement inférieur à leurs estimations consensuelles.
Pour JP Morgan, le résultat s'explique principalement par les performances décevantes de la division Biologie Moléculaire, avec une baisse organique de 11,1%. Le courtier ajoute dans une note que la croissance de 4% dans les segments non respiratoires demeure un point d’attention clé pour les analystes les plus prudents.
"La faiblesse des ventes d'instruments, due à un contexte géopolitique incertain, a également contribué en partie à ce résultat décevant", précise JP Morgan, qui souligne par ailleurs le risque accru pesant sur les objectifs à moyen terme.
(Rédigé par Elena Smirnova, avec la contribution de Clement Martinot, édité par Blandine Hénault et Augustin Turpin)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer