La succession de Christine Lagarde à la tête de la BCE se précise. Alors que la présidente de l'institution monétaire doit quitter ses fonctions le 7 février 2027, plusieurs mois avant la fin de son mandat, deux candidats émergent : l'Espagnol Pablo Hernández de Cos et le Néerlandais Klaas Knot.
Le gouvernement espagnol a officialisé ce vendredi la candidature de Pablo Hernández de Cos, ancien gouverneur de la Banque d'Espagne entre 2018 et 2024 et actuel directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), comme le rapporte Reuters. Dans une lettre adressée au président de l'Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, le ministre espagnol de l'Économie, Carlos Cuerpo, vante les compétences techniques et l'expérience internationale de son candidat.
Il souligne notamment sa connaissance approfondie des politiques économiques, budgétaires et monétaires, ainsi que son expertise en matière de stabilité financière. Pablo Hernández de Cos a notamment présidé le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, une fonction qui lui a permis de renforcer sa stature internationale. Madrid met également en avant son indépendance, sa capacité à fédérer et son aptitude à construire des consensus, autant de qualités jugées essentielles pour diriger la BCE.
Face à lui, Klaas Knot, ancien gouverneur de la Banque centrale néerlandaise, bénéficie du soutien officiel des Pays-Bas. Réputé pour sa rigueur monétaire et sa fermeté face à l'inflation, il incarne une ligne traditionnellement plus restrictive. Son expérience au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE et sa crédibilité auprès des marchés constituent ses principaux atouts.
Si les deux hommes apparaissent comme les principaux prétendants, l'issue de la compétition reste incertaine. Au-delà de leurs compétences respectives, la nomination du prochain président de la BCE dépendra des équilibres politiques et géographiques entre les États membres de la zone euro.
Le profil de Pablo Hernández de Cos pourrait séduire les gouvernements à la recherche d'une personnalité consensuelle, tandis que Klaas Knot pourrait rallier les partisans d'une politique monétaire particulièrement vigilante sur l'inflation.
Les négociations s'annoncent d'autant plus complexes que deux autres postes importants du directoire de la BCE doivent être renouvelés en 2027. Isabel Schnabel quittera ses fonctions le 3 janvier, tandis que le mandat de l'économiste en chef Philip Lane s'achèvera en mai. Ces trois nominations pourraient ainsi faire l'objet d'un compromis politique global entre les capitales européennes.
Une décision espérée dès décembre
Les gouvernements de la zone euro avaient jusqu'au vendredi 6 novembre pour présenter leurs candidats. Les ministres des Finances doivent effectuer un premier point sur les candidatures lors de leur réunion du lundi 9 novembre, sans qu'une recommandation officielle soit nécessairement attendue à ce stade.
Selon un haut responsable de la zone euro, les dirigeants européens souhaitent parvenir à un accord lors du sommet des 17 et 18 décembre. Ce calendrier suppose toutefois de mener rapidement les consultations institutionnelles, notamment auprès de la BCE et du Parlement européen, dont l'avis est requis même s'il ne dispose pas d'un droit de veto.
En l'absence d'accord d'ici la fin de l'année, la nomination pourrait être reportée à janvier 2027, quelques semaines seulement avant le départ de Christine Lagarde.
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