(Actualisé avec précisions, citations)
par Francois Murphy et Alexandra Schwarz-Goerlich
VIENNE, 7 octobre (Reuters) - Les Verts, partenaires des conservateurs au sein de la coalition au pouvoir en Autriche, ont émis des doutes jeudi sur la capacité du chancelier Sebastian Kurz à rester en poste au lendemain de l'annonce d'une enquête pour corruption à son encontre.
Ils ont exprimé la volonté de discuter de la situation avec les autres partis politiques représentés au Parlement autrichien.
Les trois principaux partis d'opposition ont réclamé la démission de Sebastian Kurz et préparent le dépôt d'une motion de censure, qui aura besoin du soutien des Verts pour être adoptée. Mais deux d'entre eux ne veulent pas d'élections anticipées.
"Nous avons atteint un nouveau stade. L'impression que cela donne est dévastatrice. Les faits doivent être pleinement établis. C'est ce qu'attend le peuple autrichien", a dit le chef de file des Verts et vice-chancelier Werner Kogler, dans un communiqué.
"Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n'était. La capacité du chancelier à agir est remise en question dans ce contexte", a-t-il ajouté.
La chambre basse du Parlement se réunira mardi prochain en session extraordinaire pour débattre.
Sebastian Kurz, qui a déclaré mercredi qu'il ne démissionnerait pas, sera quant à lui reçu jeudi après-midi par le président Alexander Van der Bellen, qui a le pouvoir de démettre l'ensemble du gouvernement.
Le parquet financier autrichien a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête contre le chancelier et neuf autres personnes pour corruption et abus de confiance. Il soupçonne le ministère des Finances, tenu par les conservateurs, d'avoir acheté à partir de 2016 des encarts publicitaires dans un tabloïd en échange d'une couverture et de sondages favorables à Sebastian Kurz, à l'époque chef de la diplomatie autrichienne et désireux de prendre la tête du parti conservateur, l'ÖVP.
"Il faut prendre une décision sur les prochaines étapes, en particulier les Verts en tant que partenaire de coalition. Ils décideront si la motion de censure est adoptée ou non", a déclaré Pamela Rendi-Wagner, chef de file du Parti social-démocrate (SPÖ).
(Reportage Alexandra Schwarz-Goerlich et Francois Murphy, version française Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse, édité par Sophie Louet)

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