La police danoise enquête sur de nouvelles menaces à l'aéroport de Copenhague
Des médias en Irlande et en Bulgarie ont reçu vendredi des courriels de menaces signés d'un certain "Mikhaïl Andropov" revendiquant la responsabilité de la vague d'alertes à la bombe qui a perturbé le trafic aérien cette semaine.
Les courriels adressés à la chaîne bulgare Nova TV et au diffuseur public irlandais RTE portent le titre "Message à l'Occident" et présentent ces menaces comme le prélude à une série d'attaques visant les réseaux de transport européens. Le patronyme du signataire pourrait renvoyer à l'ancien dirigeant soviétique Iouri Andropov, farouchement hostile aux "impérialistes" occidentaux.
"Nous voulons que le monde entier sache qui nous sommes, c'est pourquoi l'un de nos agents a placé un engin explosif dans votre bâtiment", indiquait un courriel reçu vendredi matin par Nova TV et RTE. "Il explosera dans 45 minutes. Le compte à rebours est lancé."
"Mais ce n'est que le début. Ce qui s'est passé cette semaine n'est qu'une petite partie de ce qui attend l'Europe dans un avenir proche", ajoutait le message. Des menaces qui se sont avérées sans fondement.
Chez RTE, les programmes ont été interrompus et remplacés pendant plusieurs heures par de la musique et un message préenregistré. Nova TV a indiqué que ses émissions n'avaient pas été interrompues et que ses employés avaient regagné leurs postes après que les locaux eurent été inspectés et déclarés sûrs.
La chaîne britannique Sky a également déclaré avoir reçu une menace visant ses installations, précisant avoir procédé à une évaluation des risques et signalé l’incident aux autorités compétentes.
Reuters n'a pu établir ni l'identité de l'expéditeur ni l'origine des courriels, ni confirmer qu'ils provenaient de la même source que les messages ayant visé des dizaines de vols depuis mardi.
Impossible également d'établir à ce stade si la signature est l'indice probant d'une implication russe ou une tentative d'orienter les soupçons vers la Russie. Moscou, accusé par plusieurs pays européens d'une campagne de déstabilisation, a nié toute implication.
L'OTAN S'IMPLIQUE
Le Premier ministre irlandais Micheál Martin a déclaré que les services de sécurité européens n'avaient pas encore déterminé si les menaces visant le transport aérien et les médias étaient le fait d'individus isolés ou s'inscrivaient dans le cadre d'une attaque coordonnée.
"Cela illustre à quel point il peut être relativement simple de provoquer des perturbations et de compromettre le fonctionnement normal de la société par ce type d'activités non conventionnelles, qui sont conçues pour perturber, pour susciter la peur et l'anxiété", a déclaré Micheál Martin à la radio RTE.
"Nous devons rester calmes", a-t-il ajouté.
Aucun engin explosif n'a été découvert dans les avions visés, dont certains encore vendredi.
Des experts en sécurité estiment que ces menaces pourraient viser à sanctionner les pays européens qui fournissent des armes ou un soutien financier à l'Ukraine, dans le cadre d'une guerre "hybride" à laquelle il est difficile de répliquer. Ils n'excluent pas toutefois que des individus cherchent à brouiller les pistes ou à agir pour des motifs personnels.
Jeudi, une source aéroportuaire italienne a indiqué que des menaces à la bombe avaient été adressées à plusieurs compagnies aériennes et gestionnaires d'aéroports à Rome et Milan, au nom de prétendus "combattants de l'État masculin" ("Male State"), un mouvement d'extrême droite antiféministe interdit en Russie.
Vladislav Pozdnyakov, un blogueur russe qui a fondé le "Male State" en 2016, a déclaré que celui-ci n'existait plus et qu'il n'était en aucun cas impliqué.
Une demi-douzaine de vols ont été perturbés mardi, et plus d'une vingtaine jeudi.
Vendredi, une source au sein des autorités aéroportuaires italiennes a indiqué qu'un vol de Wizz Air entre Prague et Rome avait été dérouté vers Venise mais que, malgré plus d'une douzaine de fausses alertes, les perturbations directes du trafic aérien étaient dans l'ensemble nettement plus limitées.
Des avions de chasse hongrois ont été déployés pour escorter trois vols commerciaux traversant l'espace aérien de la Hongrie.
Le ministre hongrois de la Défense, Romulusz Ruszin-Szendi, a déclaré que l'Otan avait ordonné des patrouilles aériennes dans la zone, première indication d'une implication de l'Alliance dans ces incidents.
(Reportage des bureaux de Reuters, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer