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ANALYSE-Wall Street promise à plus de volatilité avec la revue des indices
information fournie par Reuters06/06/2018 à 14:36

    * Vaste révision de la composition des indices sectoriels de
MSCI
    * Télécoms, techs et consommation discrétionnaire impactés
    * Facebook et Google classés dans les "services de
communication"
    * Le marché redoute une forte volatilité sur les titres
concernés 
    * ENCADRE - Des impacts à prévoir aussi en Europe
 

    par Noel Randewich et Chuck Mikolajczak
    SAN FRANCISCO/NEW YORK, 6 juin (Reuters) - La volatilité
risque de revenir en force après l'été à Wall Street mais pas
pour les mêmes raisons que celles qui ont déclenché la brusque
correction des indices en février.
    Le coupable sera cette fois la plus importante révision de
la composition des indices sectoriels de MSCI qui verra
certaines des valeurs les plus en vue comme Facebook  FB.O  et
Alphabet  GOOGL.O  sortir du secteur des technologiques, moteur
de la hausse du marché, pour rejoindre les valeurs des médias et
des télécommunications, aux performances moins spectaculaires. 
    La vaste recomposition de la nomenclature sectorielle, ou
Global Industry Classification Standard (GICS), implique que les
fonds indexés sur les indices sectoriels des télécoms, des
technologiques ou des valeurs de consommation discrétionnaire
devront réaligner leurs portefeuilles, entraînant des milliards
de dollars d'arbitrage d'ici au 28 septembre, date d'entrée en
vigueur de la nouvelle classification. 
    Afin de préparer une transition en douceur, Vanguard Group,
l'une des premières sociétés de gestion américaines, a déjà
commencé à ajuster les portefeuilles de ses fonds indiciels
(ETF) tandis que son grand rival State Street Global Advisors
lance un fond entièrement nouveau. 
    Certains investisseurs redoutent de brusques décalages de
cours et une pagaille dans les salles de marché si des ventes
massives de dernières minutes d'actions Facebook ou Alphabet par
des fonds technologiques ne devaient rencontrer qu'une faible
demande des quelques fonds dédiés aux télécoms. 
    "Le marché sera probablement vendeur net", estime Andrew
Bodner, président de Double Diamond Investment Group. "Cela sera
temporaire et pourrait représenter une bonne occasion pour
acheter beaucoup de ces titres."
    Tenue à jour depuis 1999 par les fournisseurs d'indices S&P
Dow Jones Indices et MSCI et très utilisée par les gérants de
fonds comme référence, la classification GICS répartit les
valeurs entre 11 grands secteurs. Le plus récent, celui des
valeurs immobilières, a été créé en 2016 en sortant les valeurs
correspondantes du secteur des financières. 
    Les changements à venir, qui doivent encore être finalisés,
visent à refléter l'évolution de la structure de certains
secteurs d'activité. 
    Ainsi Facebook et Alphabet passeront du secteur des
technologies de l'information à un secteur élargi des services
de télécommunication rebaptisé "services de communication" où
ils rejoindront des valeurs comme AT&T  T.N  ou Verizon
Communications  VZ.N . 
    Des poids lourds de la consommation discrétionnaire - par
opposition aux dépenses de consommation dites contraintes - 
comme Walt Disney  DIS.N , Comcast  CMCSA.O , Netflix  NFLX.O 
et d'autres se retrouveront aussi dans un nouveau secteur, ce
qui affectera les gérants et des investisseurs de fonds
sectoriels dans lesquels ces valeurs sont présentes. 
    "Le fait d'adopter une approche liée à la nature du chiffre
d'affaires paraît avoir du sens. Facebook et Alphabet sont des
sociétés internet mais la quasi-totalité de leur chiffre
d'affaires provient de recettes publicitaires", explique Hervé
Samour-Cachian, gérant du fonds Ecureuil Technologies chez
Ostrum AM. 
    "Derrière cela, il y a probablement une volonté implicite de
faire remonter artificiellement l'historique des performances et
les perspectives du nouveau secteur qui englobera les télécoms.
En incluant des valeurs comme Facebook et Alphabet, on redonne
du tonus et une dynamique bénéficiaire positive à un secteur qui
était devenu très petit". 
    Les valeurs des "services de communication" représenteront
ainsi 10% de la capitalisation boursière du S&P 500 alors que le
secteur des télécoms  .SPLRCL  ne pèse pas plus de 2% de
l'indice actuellement. 
    
    
   
    Les actifs sous gestion des fonds indiciels du secteur des
sciences et des technologies atteignent 78 milliards de dollars
et nombre de ces fonds devront vendre leurs actions Alphabet et
Facebook avec la mise en oeuvre de la nouvelle nomenclature,
montrent des données de Thomson Reuters Lipper. 
    Les fonds indiciels spécialisés sur les télécoms ont de leur
côté environ 4 milliards de dollars d'actifs sous gestion et
devront acheter des actions Facebook ou Alphabet tout en vendant
une partie de leurs investissements dans des valeurs comme AT&T,
Verizon et d'autres valeurs entrant dans la composition de leur
portefeuille pour faire de la place aux nouveaux arrivants, des
arbitrages qui entraîneront une hausse des volumes et de la
volatilité s'ils ne sont pas suffisamment planifiés.
    "Les valeurs négocieront sans rapport direct avec leurs
fondamentaux simplement du fait des pressions à l'achat et à la
vente qui interviendront", souligne Todd Rosenbluth, directeur
des fonds indiciels cotés et des OPCVM chez CFRA. 
    
    
    La refonte risque aussi de compliquer l'analyse de la
performance des fonds et de provoquer des ruptures dans les
statistiques sur certaines données agrégées comme les multiples
de valorisation ou la croissance des bénéfices sectoriels. A
titre d'illustration, le rendement du dividende du secteur des
télécoms, actuellement de plus de 5%, pourrait tomber à 1%. 
    "Ces changements ont complètement bouleversé les diagrammes
en camembert (représentant les pondérations des secteurs ou des
valeurs dans un secteur, NDLR) et les investisseurs doivent
s'assurer qu'ils en ont bien pris connaissance avant leur entrée
en vigueur", prévient Matthew Bartolini, responsable de la
recherche sur les fonds indiciels cotés américains chez State
Street Global Advisors. 
    Andrew Stewart, gérant chez Exchange Capital Management,
explique que ce spécialiste de la gestion privée est en train de
passer en revue les portefeuilles de ses clients qui contiennent
des ETFs pour identifier ceux qui seront les plus concernés par
les changements à venir. Il examine en particulier les
conséquences en termes d'imposition des plus-values que le
rééquilibrage de certains portefeuilles pourrait avoir. 
    "Les grands pontes du GICS ont pris une décision très
rationnelle sur le plan académique de refondre ces secteurs,
mais je ne pense pas que leur système tienne beaucoup compte des
contraintes des plan d'épargne-retraite de Madame Tout-le-
monde", résume Andrew Stewart. 
    
    
    
    Pour Ivan Cajic, responsable de la recherche indicielle chez
ITG, la plupart des gérants indiciels attendront l'entrée en
vigueur des changements pour réajuster leurs portefeuilles afin
de rester aussi proches que possible de leurs indices de
référence, au risque d'amplifier les mouvements de dernière
minute. 
    Afin d'éviter ces arbitrages ultimes trop importants,
Vanguard a indexé ses ETF sur les secteurs des technologies, des
télécommunications et de la consommation discrétionnaire sur des
indices temporaires ajustant graduellement les portefeuilles sur
une période de quatre mois. 
    Selon Bank of America, cela devrait aider à minimiser
l'impact des changements de classification sur les valeurs
concernées, même si les titres les plus détenus par les fonds
indiciels connaîtront un risque de volatilité accrue.
    "La liquidité sur Facebook et Alphabet est telle que cela ne
devrait pas poser de problèmes", estime pour sa part Hervé
Samour-Cachian.
    Pour ce gérant actif, qui base la construction de son
portefeuille sur une conviction d'investissement à long terme,
le changement de classification ne devrait pas avoir d'impact
sur sa gestion. 
    "L'aspect benchmark est secondaire. Si j'ai une forte
conviction sur une valeur, le fonds investira durablement dessus
même si des risques de volatilités passagères existent",
indique-t-il.
    Bank of America estime toutefois que les arbitrages des
gérants actifs pourraient être défavorables aux valeurs
télécoms.
    "Certains fonds ne seront plus obligés de détenir (ou
choisiront de ne plus détenir) ces titres et pourraient à la
place acheter d'autres valeurs dans le nouveau secteur pour
atteindre la pondération désirée", expliquent les analystes de
la banque américaine.
    A plus long terme, les valeurs télécoms pourraient toutefois
bénéficier des flux d'investissement des fonds indiciels qui
investiront sur le secteur dans son ensemble.  
     
    Voir aussi :
    ENCADRÉ - Le Big Bang de MSCI sur les indices aura aussi un
impact en Europe  

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Current S&P 500 sector weights    https://reut.rs/2LkGdax
S&P 500 sector weights after GICS changes    https://reut.rs/2LkWhJm
Technology dominates among U.S. sector ETFs    https://reut.rs/2LgQnZG
Current S&P 500 Telecom Sector    https://reut.rs/2Jsmpoo
S&P 500 communications sector components after GICS changes    https://reut.rs/2JsqF7m
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Avec Blandine Hénault et Marc Joanny pour le service français,
édité par Patrick Vignal)
 

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