(AOF) - Le groupe de luxe orchestre un mouvement de ses cadres dirigeants pour dynamiser la croissance de deux de ses maisons emblématiques, misant sur une expertise renforcée de la vente au détail et du pilotage opérationnel. À compter du 9 janvier 2026, Amandine Ohayon prendra les fonctions de directrice générale de Givenchy, succédant à Alessandro Valenti. Elle rapportera directement à Pietro Beccari, p.-d.g. du LVMH Fashion Group.
Parallèlement, Alessandro Valenti rejoindra Christian Dior Couture le 12 janvier en tant que directeur général adjoint chargé des activités commerciales, intégrant ainsi le comité de direction sous la responsabilité de Pierre-Emmanuel Angeloglou.
Pietro Beccari a souligné que l'expertise d'Amandine Ohayon dans la vente au détail sera centrale pour "l'accélération du nouveau chapitre de croissance de Givenchy".
De son côté, la direction de Dior compte sur la vision de Valenti pour optimiser les performances commerciales et numériques. Ce jeu de chaises musicales intervient alors que Givenchy entame une nouvelle phase de son organisation sous l'impulsion créative de Sarah Burton.
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Points clés
- Leader mondial du luxe né en 1987, regroupant 75 maisons de luxe, dont 25 centenaires (Louis Vuitton, Moët Hennessy, leaders mondiaux, Dior, Céline, Givenchy, Guerlain, Kenzo, Bulgari, TagHeuer, Tiffany…) ;
- Revenus de 87,4 Mds€ réalisés entre l’Europe pour 25%, les Etats-Unis pour 25%, le Japon pour 7% et le reste de l’Asie pour 31% ;
- Répartition équilibrée des activités entre les 2 métiers historiques (mode & maroquinerie pour 48%, vins & spiritueux pour 7%) puis la distribution sélective pour 21%, les montres & joaillerie pour 13% puis les parfums et cosmétiques ;
- Ambition très simple : accroître le leadership mondial ;
- Capital verrouillé par le groupe familial Arnault (47,8% du capital, directement et indirectement et les 2/3 des droits de vote), Bernard Arnault étant président-directeur général avec possibilité de le rester jusqu’à ses 85 ans;
Enjeux
- Agilité du modèle d’affaires :
- organisation décentralisée, pérennisation des savoir-faire, équilibre des activités et des implantations, synergies et sélectivité de la croissance externe,
- pouvoir fort de fixation des prix via l’intégration totale, de l’approvisionnement (1ère part du marché du cuir) aux canaux de distribution (DFS en Asie, Miami Cruise, Sephora et Le Bon Marché), excluant les rabais,
- force marketing avec environ 10 Mds€ d’investissements,
- alliance de distribution avec Diageo pour 25% dans les vins & spiritueux,
- rénovation du réseau de distribution de Tiffany, réalisée à 25 % en 2024, et Intégration du lunettier de luxe italien Marcolin et du joaillier Pedermonte,
- face aux tarifs douaniers, vers l’implantation de sites industriels aux Etats-Unis,
- innovation au service de 3 enjeux :
- attrait des talents : Institut des métiers d’excellence de la mode, programme DARE pour les innovations en interne, incubateur «LVMH Luxury Lab »,
- R&D dans la cosmétique (400 brevets et 5 centres de recherche), programme « HR New Deal » de fidélisation des collaborateurs,
- digitalisation des réseaux de distribution et expérience client ;
- Stratégie environnementale « LIFE 360 » pour 2030:
- engagement climat (trajectoire 100% d’’énergie renouvelable sur sites et en boutiques),
- circularité créative : écoconception à 100% des produits et recyclage des matières premières à 70%,
- traçabilité de toutes les chaînes d’approvisionnement du coton, cuir…,
- biodiversité : certification de la préservation des écosystèmes en 2026, promotion de la polyculture et régénération de la flore et la faune sur 5 Mhas (3,8 en 2024) ;
- Avancées dans le haut de gamme « outdoor » : prise de participation indirecte dans Moncler, savoir-vivre français -acquisition du restaurant « Chez l’ami Louis », partenariats dans la Formule 1 pour une nouvelle visibilité de l’horlogerie et la maroquinerie, séjour de luxe en voilier ou train sous la marque Orient Express ;
- Bilan sain avec une dette nette ramenée à 9,2 Mds€ face à 62,7 Mds de capitaux propres et 10,5 Mds€ d’autofinancement libre.
Défis
- Environnement fragile après 2 ans de recul mondial de la demande pour le luxe :
- hausse de l’épargne face aux tensions géopolitiques,
- forte exposition de la division Vins et Spiritueux (34 % des ventes réalisées aux Etats-Unis) à l’érection des droits de douane américains,
- impact négatif sur la division mode et maroquinerie de la faiblesse de la demande chinoise et du tourisme en Asie (30 % des achats de luxe effectués lors de voyages) ;
- impact négatif des changes contre l’euro, en dégradation au 3ème trimestre (- 5 %) ;
- Après un ralentissement du repli du chiffre d’affaires au 3ème trimestre, soit - 1 % en organique, ambition 2025 « de renforcer son avance sur le marché des produits de haute qualité » ;
- Dividende 2024 en hausse à 13 € et programme de rachat d’actions d’1 Md€ au plus.

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