Des colonnes de fumée s’élèvent depuis une zone où une installation énergétique est implantée à Fujaïrah, aux Emirats arabes unis le 14 mars 2026 ( AFP / - )
Entrée samedi dans sa troisième semaine, la guerre au Moyen-Orient s'engage dans sa "phase décisive" d'après Israël, décidé à anéantir, avec son allié américain, le pouvoir iranien qui continue de riposter en ciblant des infrastructures dans le Golfe.
Le 28 février, les Etats-Unis et Israël lançaient une opération d'envergure contre l'Iran, éliminant le guide suprême Ali Khamenei. Depuis, le conflit embrase la région et provoque une flambée de l'or noir.
Aucune partie ne semble fléchir et enchaîne quotidiennement les attaques ponctuées de déclarations belliqueuses, avec un bilan de plus d'un millier de morts, majoritairement en Iran, selon les autorités locales.
Dégâts occasionnés par une attaque de drone qui a visé l'ambassade américaine à Bagdad, le 14 mars 2026 ( AFP / Murtadha RIDHA )
Après un déploiement militaire sans précédent depuis des décennies, les Etats-Unis prévoient d'envoyer de nouveaux renforts, rapporte la presse américaine. Le New York Times parle de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus et le Wall Street Journal du navire d'assaut Tripoli, basé au Japon.
La guerre "s'intensifie et entre dans une phase décisive qui se poursuivra aussi longtemps que nécessaire", a affirmé samedi le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
Dans l'après-midi, des explosions ont été entendues à Jérusalem après que l'armée israélienne a détecté des missiles venus d'Iran, selon des journalistes de l'AFP.
- "Choc pétrolier" -
La guerre a aspiré de nombreux pays de la région, dont l'Irak. Samedi à l'aube, l'ambassade américaine à Bagdad a été visée pour la deuxième fois, après des frappes contre un influent groupe armé pro-Iran qui ont fait trois morts, d'après des sources de sécurité.
Un bombardier B-1 américain sur le tarmac de la base de Fairford dans le sud-ouest de l'Angleterre, le 14 mars 2026 ( AFP / Henry NICHOLLS )
Côté iranien, l'île de Kharg, située à environ 30 kilomètres des côtes et qui abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut du pays, a été bombardée par l'armée américaine, Donald Trump affirmant y avoir "complètement détruit" des cibles militaires.
Quinze explosions y ont été entendues mais aucune infrastructure pétrolière n'a été endommagée, selon l'agence de presse iranienne Fars.
De la fumée s'élève au-dessus de la zone diplomatique de Bagdad après une attaque de drone contre l'ambassade des Etats-Unis, le 14 mars 2026 ( AFP / - )
Donald Trump a prévenu qu'il s'en prendrait aux infrastructures pétrolières de l'île si "le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz" était entravé. En réponse, Téhéran a menacé de "réduire en cendres" les sites pétroliers liés aux Etats-Unis au Moyen-Orient.
Un portrait géant du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei à Téhéran, le 13 mars 2026 ( AFP / - )
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire 20% de la production mondiale de pétrole, est quasi totalement bloqué par l'Iran, qui avait toutefois dit coopérer avec certains pays pour les laisser passer.
Samedi, New Delhi a annoncé que deux navires battant pavillon indien l'avaient franchi.
Pour Sina Toossi, du Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington, l'Iran a encore des cartes en main, malgré les frappes sur Kharg, puisqu'il dispose d'un autre terminal d'exportation dans le Golfe d'Oman.
Un blindé de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) passe devant un bâtiment détruit par une frappe israélienne à Burj Qalawiya, dans le sud du Liban, le 14 mars 2026 ( AFP / Kawnat HAJU )
Téhéran pourrait "infliger des frappes plus importantes encore aux infrastructures énergétiques du Golfe, comme Aramco (géant pétrolier saoudien, NDLR), cibler des pipelines au-delà d'Ormuz ou oeuvrer avec les Houthis (au Yémen) pour perturber le détroit de Bab-el-Mandeb", détaille l'analyste. "Cela créera un choc pétrolier encore plus grand".
Le cours du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, s'est envolé de plus de 42% autour de 100 dollars depuis le premier jour de guerre.
- "Missiles ennemis" -
Le Golfe reste la cible des représailles iraniennes pour ses liens économiques avec les Etats-Unis et la présence de bases américaines.
Les dégâts laissés après une frappe israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik , dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 mars 2026 ( AFP / - )
Téhéran a appelé samedi la population des Emirats arabes unis à s'écarter des ports, estimant "légitime" de viser les "missiles ennemis américains" qui y sont cachés, d'après l'armée.
Deux épaisses volutes de fumée noire se sont élevées de Fujaïrah, où se trouve un terminal d'exportation de pétrole et qui abrite un port qui avait été visé par des frappes iraniennes, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Au Qatar, deux missiles ont été interceptés.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, pourtant allié de Téhéran, l'a exhorté à cesser ses frappes contre "les pays voisins".
- Frappes israéliennes -
En deux semaines d'offensive, les Etats-Unis et Israël assurent avoir fortement affaibli le pouvoir iranien, en visant des infrastructures stratégiques et en tuant plusieurs hauts dirigeants.
Donald Trump affirme que l'Iran est "totalement vaincu" et souhaite "conclure un accord".
Image satellite de l'île de Kharg, le principal terminal pétrolier de l'Iran, le 2 mars 2026 ( EUROPEAN SPACE AGENCY / - )
Vendredi, en signe de défi, des responsables ont défilé en plein coeur de Téhéran à l'occasion d'une marche pro-palestinienne, malgré des frappes visant l'événement "à courte distance", selon la télévision d'Etat.
Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême désigné après la mort de son père, n'est lui toujours pas apparu publiquement.
Le président américain a d'ores et déjà averti que les Etats-Unis frapperaient l'Iran "très fort au cours de la prochaine semaine", tandis qu'Israël poursuit ses raids. Samedi matin, son armée a demandé aux habitants de certains quartiers de Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran, d'évacuer en prévision d'opérations militaires.
Un avertissement qui avait peu de chance d'être lu, internet étant bloqué en Iran depuis deux semaines.
Un policier israélien sur les lieux d'une attaque à la roquette à Zarzir, dans le nord d'Israël, le 13 mars 2026 ( AFP / Odd ANDERSEN )
Au Liban, autre théâtre de la guerre pilonné par Israël qui dit viser le Hezbollah pro-iranien, 26 personnels médicaux ont été tués en près de deux semaines, selon le ministère libanais de la Santé.
"Il n'y a plus de sécurité... On ne sait jamais d'où viendra la prochaine frappe", se désole Hanadi Hachem, 50 ans, un habitant de la banlieue nord, après un nouveau raid contre un immeuble résidentiel.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 773 morts, dont 103 enfants, et plus de 800.000 déplacés, selon le dernier bilan officiel libanais.

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