( AFP / JUNG YEON-JE )
Le géant sud-coréen des puces mémoire SK hynix fera vendredi son entrée à Wall Street, une introduction qui pourrait constituer l'une des plus importantes levées de fonds en Bourse jamais réalisées.
Un nouveau défi pour l'entreprise, qui a connu des débuts compliqués avant de devenir un mastodonte crucial pour le développement de l'intelligence artificielle (IA), valorisé à 1.000 milliards de dollars.
1949-2000: des débuts poussifs
Si l'entreprise a été fondée en 1949 sous le nom de Gukdo Construction, c'est en 1983 qu'elle se lance sur le marché des micropuces, téléphones et disques durs en devenant une filiale de Hyundai Electronics.
A la fin des années 1990, l'Asie est frappée par une crise financière. Le Fonds monétaire international (FMI) débloque des milliards pour aider les pays les plus touchés, à savoir la Thaïlande, l'Indonésie et la Corée du Sud.
Dans ce contexte, Hyundai prend le contrôle des activités du conglomérat LG liées aux puces électroniques, créant l'une des plus grandes entreprises de semiconducteurs à l'époque.
Mais c'est un mariage malheureux, qui fait exploser les dettes et les pertes.
2001: le renouveau
Pour garder la tête hors de l'eau, l'entreprise subit une restructuration douloureuse. Elle est renommée Hynix Semiconductor en 2001 car elle se recentre sur les puces électroniques.
La société rebaptisée se sépare de Hyundai la même année. Après de nouvelles mesures de réduction des coûts et des suppressions d'emplois, elle commence à faire des bénéfices.
Mais sa situation reste précaire, en raison des fluctuations du marché des puces mémoire DRAM, sa spécialité.
2012: l'acquisition par SK Group
Sans liquidités suffisantes pour réaliser les investissements nécessaires à sa survie, Hynix doit être renflouée. Elle est achetée par le conglomérat des télécommunications SK Group en 2012.
Son nom change à nouveau et elle devient SK hynix. Son directeur, ancien ingénieur, choisit de développer une puce plus avancée mais non rentable à l'époque: la mémoire à large bande passante (HBM).
Aujourd'hui, les HBM font l'objet d'une forte demande car elles sont utilisées dans les serveurs IA.
Les années 2020: la ruée vers l'IA
SK hynix voit sa valeur et ses bénéfices monter en flèche à mesure que les géants des technologies et les gouvernements investissent des centaines de milliards de dollars dans l'IA et ses centres de données.
Sa capitalisation boursière a récemment dépassé les 1.000 milliards de dollars, un cap également franchi par ses concurrents du secteur HBM, Samsung Electronics et Micron.
Cette récente prospérité a redoré son blason. L'image d'une veste de la marque a fait fureur sur internet comme symbole de prestige et de réussite, certains affirmant même qu'elle servait de "sésame" pour accéder aux boutiques de luxe et pour décrocher des rendez-vous amoureux.
SK hynix dit employer près de 46.900 personnes, dont environ un tiers sont des femmes.
2026: le rêve américain
SK hynix est déjà cotée sur l'indice Kospi à Séoul et fera son entrée sur le Nasdaq à New York vendredi. Elle espère ainsi lever 28 milliards de dollars.
"SK hynix a constaté que ses multiples sur la Bourse coréenne étaient inférieurs à ceux d'entreprises équivalentes cotées sur les places boursières américaines", a expliqué à l'AFP Jim Handy, expert en semi-conducteurs chez Objective Analysis.
Son introduction en bourse aux États-Unis "constitue donc une décision judicieuse pour corriger cette situation" selon lui.
SK hynix a indiqué que le produit de cette levée de fonds servirait à financer de nouvelles usines de puces, notamment au sein d'un nouveau pôle d'activité situé dans le sud-ouest de la Corée du Sud.
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