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Pétrole russe: le bras de fer se durcit entre Orban et Zelensky
information fournie par AFP 06/03/2026 à 23:12

Combinaison de photos du président ukrainien Volodymyr Zelensky (G, 20 février 2026 à Kiev) et du Premier ministre hongrois Viktor Orban (D, le 26 juin 2025 à Bruxelles) ( AFP / HENRY NICHOLLS )

Combinaison de photos du président ukrainien Volodymyr Zelensky (G, 20 février 2026 à Kiev) et du Premier ministre hongrois Viktor Orban (D, le 26 juin 2025 à Bruxelles) ( AFP / HENRY NICHOLLS )

La Hongrie a libéré et expulsé vendredi sept citoyens ukrainiens alors que le bras de fer se durcit entre Viktor Orban et Volodymyr Zelensky, qui ont échangé des menaces dans leur dispute sur le transit de pétrole russe pour la Hongrie et le blocage par Budapest de milliards d'aide européenne à Kiev.

Budapest, dont le Premier ministre nationaliste entretient des relations cordiales avec Vladimir Poutine, accuse Kiev de retarder délibérément la remise en route d'un oléoduc ukrainien endommagé par des frappes russes en janvier, par lequel transite du pétrole russe pour la Hongrie et la Slovaquie.

L'Ukraine, qui fait face depuis quatre ans à une invasion russe dévastatrice et meurtrière, reproche en retour à M. Orban le blocage d'un prêt de 90 milliards d'aide européenne, et celui d'un nouveau paquet de sanctions contre Moscou.

La dispute entre les deux pays voisins s'est encore envenimée vendredi quand l'Ukraine a dénoncé l'arrestation par la Hongrie de sept convoyeurs de fonds ukrainiens, Budapest affirmant ouvrir une enquête pour "blanchiment".

Viktor Orban, qui est en campagne pour sa réélection, n'a pas fait secret de son intention de faire pression "par tous les moyens" sur l'Ukraine.

La veille, M. Zelensky avait suggéré qu'il pourrait "donner l'adresse" à ses militaires de la personne qui bloque l'aide européenne, une menace voilée que Bruxelles n'a pu que condamner vendredi.

- "Banditisme d'Etat" -

"Nous avons pu obtenir la libération de sept ressortissants ukrainiens qui étaient détenus à Budapest. Ils sont désormais en sécurité et ont déjà franchi la frontière ukrainienne", a écrit vendredi soir sur X le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga.

Plus tôt vendredi, il avait a accusé la Hongrie d'avoir pris en "otages" un groupe d'employés d'une banque publique ukrainienne qui convoyaient 40 millions de dollars, 35 millions d'euros et 9 kilogrammes d'or depuis l'Autriche.

L'administration hongroise des taxes et douanes (NAV) avait indiqué avoir arrêté jeudi sept citoyens ukrainiens, dont un général de réserve des services secrets, deux véhicules blindés de transport de fonds, et ouvert une enquête pour "blanchiment"

Le porte-parole du gouvernement hongrois Zoltan Kovacs avait de son côté indiqué que les Ukrainiens arrêtés seraient expulsés.

Selon la banque publique ukrainienne Oschadbank, le personnel transportait les espèces et l'or provenant de la banque autrichienne Raiffeisen lors d'un "déplacement de routine", "de tels déplacements (étant) effectués chaque semaine".

Le président de la Banque centrale ukrainienne, Andriï Pychnyi, a écrit vendredi soir sur Facebook que Kiev n'avait toujours pas récupéré les fonds et l'or convoyés, dénonçant une situation "incompréhensible".

La diplomatie ukrainienne a convoqué le chargé d'affaires hongrois, dénonçant "des actes illégaux", et a recommandé à ses citoyens d'éviter tout voyage en Hongrie.

Le chef de la diplomatie ukrainienne a dénoncé sur X "un banditisme d'Etat".

- Orban assume -

Le Premier ministre nationaliste hongrois assume sa politique.

"Nous arrêterons de laisser transiter par la Hongrie des choses importantes pour l'Ukraine, jusqu'à ce que nous recevions l'approbation de l'Ukraine pour les livraisons de pétrole" russe, a-t-il dit dans une interview à la radio vendredi.

Si la Hongrie est membre de l'Union européenne et de l'Otan, elle a renforcé ses liens avec Moscou depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.

Image fournie par l'agence russe Sputnik du président russe Vladimir Poutine salue le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, à Moscou le 4 mars 2026 ( POOL / GRIGORY SYSOYEV )

Image fournie par l'agence russe Sputnik du président russe Vladimir Poutine salue le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, à Moscou le 4 mars 2026 ( POOL / GRIGORY SYSOYEV )

Viktor Orban, en campagne difficile pour sa réélection, a obtenu cette semaine de Vladimir Poutine la libération de soldats ukraino-hongrois - une minorité magyare vivant en Ukraine à sa frontière avec la Hongrie -, un geste qualifié par Kiev de manipulation "cynique" des prisonniers de guerre.

L'UE a interdit la plupart des importations de pétrole en provenance de Russie, mais l'oléoduc Droujba (Amitié) qui traverse l'Ukraine a été provisoirement exempté afin de laisser le temps aux pays d'Europe centrale de trouver de nouvelles solutions.

- "C'est du pétrole russe" -

Jeudi, Volodymyr Zelensky avait levé toute ambiguïté sur le blocage du transit de pétrole russe.

"Pour être honnête, je ne le rétablirai pas", a-t-il déclaré lors d'une réunion avec des responsables gouvernementaux.

"Je l'ai dit à la direction de l'Union européenne. Parce que c'est du pétrole russe. Il y a certains principes qui n'ont pas de prix. Ils sont en train de nous tuer, et nous, nous serions censés fournir du pétrole à Orban parce que le pauvre Orban ne peut pas gagner les élections sans ce pétrole", a-t-il expliqué.

Budapest bloque en représailles le prêt de l'UE de 90 milliards d'euros à l'Ukraine et l'adoption d'un nouveau paquet de sanctions contre la Russie.

Le Premier ministre ukrainien Viktor Orban le 5 mars 2026 à Budapest en Hongrie ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Le Premier ministre ukrainien Viktor Orban le 5 mars 2026 à Budapest en Hongrie ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Et M. Zelensky a haussé le ton, se montrant même menaçant jeudi.

"Nous espérons qu'une seule personne au sein de l'UE ne bloquera pas les 90 milliards. Sinon, nous donnerons l'adresse de cette personne à nos forces armées, à nos gars. Qu'ils l'appellent et qu'ils lui parlent dans leur propre langage", a-t-il lancé.

Une déclaration jugée "inacceptable" par Bruxelles.

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16 commentaires

  • 07 mars 06:29

    voila comment il faut parler aux bureaucrates de bruxellesquelle leçon pour macron


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