Aller au contenu principal
Fermer

Avis d'expert : Edmond de Rothschild Asset Management (EDRAM)

Edmond De Rothschild
EDRAM ASSET MANAGEMENT

Vue de marché (30/04/2026) :

LE SIÈGE DE TROIE : LE TEMPS LONG, ANGLE MORT DES MARCHÉS

Les marchés actions américains se hâtent de renouer avec le récit rassurant du scénario Goldilocks : une croissance jugée suffisante pour soutenir les bénéfices, une inflation perçue comme maîtrisée, un environnement assez stable pour justifier le retour du momentum, surtout sur la technologie et l'IA. Les semi-conducteurs et la tech hardware sont à nouveau favorisés, tandis que les secteurs défensifs - consommation de base, certains services - sont délaissés comme si le risque de choc durable était écarté.

Certaines données confortent cette lecture. Aux États-Unis, l’activité tient, mais sans excès apparent : les mises en chantier rebondissent en mars après plusieurs mois de faiblesse, même si les permis de construire se normalisent après un début d'année perturbé par la météo. Le marché résidentiel reste toutefois sous pression, pénalisé par la remontée des taux longs liée à la guerre en Iran ; le nombre de prêts immobiliers pour l'achat demeure très faible.

L'énergie illustre bien le décalage entre le confort de court terme et les risques de long terme. Les stocks de pétrole brut ont reculé de plus de 13 millions de barils en une semaine, soit la plus forte baisse depuis juillet 2023. Si l'on intègre l'ensemble des produits distillés, la réduction des stocks dépasse même les 20 millions de barils, ceci traduisant bien le fait que le déficit d'offre mondiale de produits énergétiques commence à se constater dans la variation des stocks. À ce titre, ce sont surtout les réserves stratégiques qui ont été sollicitées, alors que les stocks commerciaux restent encore au-dessus de leurs niveaux d'avant-guerre. Dans le même temps, la presse américaine rapporte que Donald Trump envisagerait un blocus prolongé du détroit d'Ormuz, ceci poussant le Brent vers ses plus hauts depuis le début du conflit. Fait plus récent, nous notons également que les maturités plus longues sont touchées par les tensions sur l'offre.

Autrement dit, les États-Unis consomment leur marge de sécurité pour amortir le choc, sans pour autant s'attaquer à la racine du problème : la nature durablement plus complexe et plus risquée de ce double blocus du détroit d'Ormuz.

En zone euro, le message est ambivalent mais source d'inquiétude sur le plus long terme. En Allemagne et en Espagne, l’inflation d’avril ressort en deçà des attentes, et l'inflation sous-jacente recule (2,3 % en Allemagne, 2,8 % en Espagne), ce qui peut sembler réduire la pression sur la BCE. Mais loin s'en faut si l'on observe les anticipations d'inflation des ménages. Autre ambivalence : le crédit bancaire reste bien orienté, avec 18 Mds EUR de nouveaux prêts aux ménages et 27 Mds EUR aux entreprises en mars. Mais, dans le même temps, l'enquête de confiance de la Commission européenne retombe à son plus bas niveau depuis la crise du Covid, avec une chute marquée de la confiance des consommateurs. L'accès au crédit s'améliore, mais la visibilité des ménages se dégrade.

Pendant ce temps, les marchés continuent de s'organiser autour d'un petit noyau de gagnants. Les révisions de bénéfices accélèrent fortement dans l'énergie, les semi-conducteurs, certaines industries liées aux matières premières ; les segments directement exposés à la demande finale - consommation discrétionnaire, transports, une partie des télécoms - restent sous pression. La technologie, après un dé-rating qui a ramené ses valorisations relatives à des plus bas de près de neuf ans, rebondit vivement, portée par les thèmes IA, alors même que le logiciel reste à la traîne. Les investisseurs se concentrent sur ce qui fonctionne aujourd'hui, en espérant que ces poches de croissance suffiront à compenser l'usure progressive du reste de l'économie.

En économie comme en géopolitique, le statu quo prolongé n'est jamais neutre : il peut ronger les marges, retarder les investissements, entretenir la défiance. Les marchés, eux, ont choisi pour l'instant de l'ignorer, préférant se focaliser sur les gagnants du moment et sur une inflation encore sous contrôle. Ils pourraient découvrir plus tard que ce temps long qu'ils traitent comme une variable secondaire était en réalité le coeur du problème.

Nos convictions (30/04/2026) :

Les marchés actions US se hâtent de renouer avec le récit rassurant du scénario Goldilocks  

Segments de marchésCommentaires
Emprunts d'État

-  Sur la semaine écoulée, le marché du crédit européen a évolué dans un environnement plus contraignant. La remontée des taux souverains, alimentée par les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l'énergie, a renforcé le resserrement des conditions financières. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne devrait rester prudente à très court terme, mais s'oriente vers un biais plus restrictif, avec une probable hausse de 25 points de base en juin. Notons que celle-ci est déjà largement intégrée par les marchés, qui anticipent même déjà plus de trois hausses similaires pour l'année 2026.

- Sur la semaine, le Schatz et le Bund se sont écartés respectivement de 16 et 11 points de base, à 2,71 % et 3,11 %.

Crédit Investment Grade

- L'Investment Grade a reculé de 0,4 % (-0,3 % YtD).

- La hiérarchie des rendements est la suivante : 2 % de rendement pour le monétaire, 3,2 % pour l'Investment Grade court, 3,6 % pour l'IG, 4,6 % pour le BB, et 6,7 % pour le B.

Crédit High Yield

Le segment du High Yield a baissé de 0,2 % (+0,2 % YtD).

- Sur le marché primaire High Yield, la dernière opération placée est celle de Befimmo, une entreprise belge de gestion de biens immobiliers détenue par Brookfield, un refinancement sur une nouvelle maturité 2031 notée B+, assortie d'un coupon de 6,875 %. L'allocation moyenne des investisseurs a été de 40 % et le prix de l'obligation est au-dessus de son niveau d'émission.

Copyright © 2026 - Edmond de Rothschild Asset Management (France)

Avertissement : Les données chiffrées, commentaires et analyses figurant dans cette présentation reflètent le sentiment de Edmond de Rothschild Asset Management (France) et de ses filiales sur les marchés, leur évolution, leur réglementation et leur fiscalité, compte tenu de son expertise, des analyses économiques et des informations possédées à ce jour. Ils ne sauraient toutefois constituer un quelconque engagement ou garantie de Edmond de Rothschild Asset Management (France). Tout investissement comporte des risques spécifiques. Tout investisseur potentiel doit se rapprocher de son prestataire ou conseiller, afin de se forger sa propre opinion sur les risques inhérents à chaque investissement indépendamment de Edmond de Rothschild Asset Management (France) et sur leur adéquation avec sa situation patrimoniale et personnelle.

Copyright © 2026 - Edmond de Rothschild Asset Management (France).

EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET MANAGEMENT (FRANCE)

47, rue du Faubourg Saint-Honoré - 75401 Paris Cedex 08

Société anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 11 033 769 euros

Numéro d'agrément AMF GP 04000015 - 332.652.536 R.C.S. Paris

Partenaires

partenaire Edmond de Rothschild

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...