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Le verdict est tombé à l'issue d'une visioconférence convoquée en urgence par Em.manuel Macron, dont la France préside le G7 cette année : les dirigeants du groupe actent la libération coordonnée, sous l'égide de l'Age.nce internationale de l'énergie, de jusqu'à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut sur quatre mois, avec une mise sur le marché accélé.rée dès les vingt premiers jours.
Les raffineries des pays membres sont par ailleurs invitées à tourner à plein régime et à coordonner leurs calendriers de maint.enance. Surtout, le G7 grave dans le marbre l'engagement qui comptait le plus pour Bruxelles : « Nous avons acté qu'il n'y aurait pas de limitation, d'int.erdiction d'export entre les membres du G7 », a précisé Emmanuel Macron à l'issue du sommet.
Le président français a présenté l'accord comme une solution de dégel collectif plutôt qu'une capitulation européenne face à Washington. Le G7 souhaite provoquer une baisse des prix des carburants, a-t-il soutenu.
Donald Trump, lui, a préféré s'en attribuer le mérite sur son réseau Truth Social. « L'Europe vient d'accepter de mettre sur le marché une quantité massive de son gazole abondamment stocké. Le processus va commencer immédiatement », a-t-il affirmé.
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Un ultimatum sur fond de pénurie mondiale
Pour comprendre cette réponse en apparence consensuelle, il faut revenir à la menace qui l'a précédée. Le gazole est devenu une arme géopolitique. Entre Ormuz verrouillé, les raffineries russes sous les bombes et la Chine qui ferme le robinet de ses exportations, le litre a flambé à 2,24 euros fin septembre dans l'UE, un record, pendant que l'inflation de la zone euro grimpait à 3,8 %.
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Outre-Atlantique, le gallon culmine à 6,53 dollars. Donald Trump a alors actionné le levier le plus sensible pour l'Europe : sa dépendance au gazole américain, qui pèse pour moitié dans ses importations.
La menace était limpide. Sans libération de 100 millions de barils par la France, l'Alle.magne et l'Italie, Washington brandissait un embargo aux conséquences très lourdes pour l'économie, l'agriculture et les transports européens. Délai : 20 jours . Un calendrier serré qui sent la politique intérieure américaine, à un mois des élections de mi-mandat du 3 novembre.
Bruxelles hausse le ton avant de négocier
Face à cet ultimatum, la Commission n'avait pas mâché ses mots. « Nous rejetons pleinement tout embar.go sur le diesel. Il ne profiterait à personne et saperait notre confiance envers les Etats-Unis », avait tranché une porte-parole de la Commission européenne. Mais la « realpolitik » avait vite repris ses droits : l'exécutif européen s'était dit « prêt pour une action collective » via l'Agence internationale de l'énergie.
Paris avait endossé le rôle de médiateur, proposant un compromis à parts égales : 50 millions de barils de diesel européen, 50 millions de brut mobilisés via l'AIE, en échange d'un engagement américain à ne pas imposer de restriction unilatérale.
Washington, par la voix du secrétaire au Trésor Scott Bessent, n'avait pas lâché prise. « Nos partenaires européens devraient accélérer la mise en oeuvre de leurs engag.ements existants et mettre immédiatement à disposition des volumes supplémentaires afin de remédier aux perturbations actuelles », avait-il écrit sur X, ajoutant que « les agriculteurs, transporteurs et entreprises américains ne devraient pas supporter seuls le poids d'une pénurie mondiale de diesel ».
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Reste une question de fond : la Commission européenne peut-elle rejeter « toute forme de chantage » tout en s'alignant sur l'exigence américaine ? Bruxelles assure agir « depuis des mois », indépendamment de la pression de Washington, mais le doute persiste sur l'indépendance réelle de la décision du G7.
Sur le fond, Bruxelles se veut toutefois lucide sur l'urgence : pas de rupture d'approvisionnement immédiate selon le groupe de coordination pétrolière de l'UE, mais une authentique « crise d'accessibilité financière », avec des prix du gaz en hausse de 140 % et un gazole qui a doublé depuis fin février. De quoi alimenter, bien au-delà du bras de fer diplomatique avec Washington, un mécontentement social qui, lui, ne se résorbera pas en quinze jours.
Marion Torqueb.iau et Fabienne Schmitt (Bur.eau de Bruxelles)