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TOTALENERGIES : explication : pourquoi TTE profite de la remontée du pétrole

21 juil. 2026 11:14

TotalEnergies, en plus d’être un producteur de pétrole, extrait des hydrocarbures, les transporte, les raffine, les négocie et les distribue. Il exploite 14 raffineries et près de 12 800 stations-service. Son modèle économique est taillé pour profiter des envolées du baril.

La hausse du brut profite d’abord à l’exploration-production (aussi appelée l’amont). Dans le secteur pétrolier, les coûts d’exploitation sont quasiment fixes. Chaque dollar gagné sur le prix du baril va donc quasi directement dans la marge et les flux de trésorerie.

Les chiffres parlent d’eux mêmes. Le prix moyen de vente des liquides est passé de 73,7 USD par baril au premier trimestre à 91,6 USD au deuxième. Avec une production attendue proche de 2,4 millions de barils équivalent pétrole par jour, le groupe prévoit environ 1 MdUSD de cash-flow supplémentaire sur l’amont entre les deux trimestres.

Cette hausse des cours permet d’absorber les perturbations. Les tensions géopolitiques ont fait diminuer la production du groupe d'environ 210 000 barils par jour au deuxième trimestre (suite à des arrêts temporaires au Qatar, en Irak et aux Emirats), la hausse du baril compense largement ce manque. Le groupe a calculé qu’une hausse de seulement 8 USD du Brent suffit à neutraliser la perte de cash-flow générée par ces actifs.

TotalEnergies bénéficie aussi de la volatilité des marchés grâce à ses activités de raffinage et de négoce. Son indicateur de marge de raffinage européen s'est redressé à 13,5 USD le baril (contre 11,4 USD au trimestre précédent). Les volumes de négoce international de produits pétroliers ont atteint 2,849 millions de barils par jour au premier trimestre, en hausse de 11%.

Tous les barils ne se valent pas

Mais les calculs sont un peu plus subtils que ça. Produire un baril et parvenir à le vendre au bon moment sont deux choses très différentes.

Une partie importante des volumes extraits au Moyen-Orient n’a pas pu être chargée sur des cargos au deuxième trimestre. Ces volumes ont donc été comptabilisés sur les prix de fin juin, soit moins de 70 USD par baril.

Ce décalage se reflète dans les prix. Entre le premier et le deuxième trimestre, le Brent a progressé de 22,7 USD en moyenne. Mais le prix moyen des liquides vendu par le groupe n’a augmenté que de 17,9 USD.

La remontée du pétrole de ce mois-ci ne sera pas visible dans les comptes du deuxième trimestre (qui couvrent la période d’avril à juin). Elle soutiendra surtout le troisième trimestre, si les exportations reprennent normalement et si le baril reste proche de 90 USD.

Une valorisation encore raisonnable

Le marché a déjà commencé à intégrer l’amélioration du contexte. L’action gagne près de 29% depuis le début de l’année et plus de 25% sur six mois.

La valorisation reste pourtant raisonnable. Le titre se négocie autour de 7,6 fois les bénéfices attendus en 2026, contre 8,3 fois pour Shell par exemple.

Les estimations tablent sur un net redressement en 2026. Le chiffre d’affaires progresserait de 10,5%, à 201,5 MdsUSD. Le résultat net rebondirait de 70%, à 22,4 MdsUSD.

Le principal point de surveillance est la dette. Elle est estimée à 27,7 MdsUSD en 2026. Un pétrole durablement élevé accélérerait sa réduction et donnerait au groupe davantage de marge pour augmenter ses rachats d’actions.

Une semaine décisive

TotalEnergies publiera jeudi 23 juillet ses résultats du deuxième trimestre et du premier semestre.

UBS a réduit de 15% sa prévision de résultat net trimestriel, à 6,1 MdsUSD, en raison de la faiblesse du trading de gaz et de GNL ce trimestre, ainsi que de prix réalisés moins élevés que prévu.

Bank of America a au contraire relevé de 7% son estimation de bénéfice net ajusté, à 6,5 Mds, grâce à une production plus solide, au trading pétrolier et à une marge de raffinage supérieure aux attentes.

2 réponses

  • 11:22

    donc on va surveiller de près le cash-flow et les résultats d'Integrated LNG qui devraient être en baisse ainsi que le désendettement que le marché va observer.....


  • 11:57

    de toute façon, à part les producteurs pétroliers, vous voulez acheter quoi en sectoriel sur les marchés ?

    avec 3 pétroliers en rade (dont un en perdition/en feu) depuis 48h dans le détroit et maintenant la menace houthie sur la mer Rouge + golf d'Aden, les forces américaines rencontrent des difficultés significatives pour maintenir le passage ouvert, surtout ça risque de durer


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