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INNATE PHARMA : Un abandon du Monalizumab par AZN est impensable pour moi.

06 juin 2026 19:45

Paradoxalement, il est bon de voir la concurrence s’intéresser aux Nkg2a, c’est une preuve d’intérêts manifestes des labos sur l’avenir des traitements contre le cancer et hors cancers.
AZN doit faire vite, la concurrence pointe avec des bi spécifiques NKG2A, CAR NK et autres technos, même si Innate a au moins 5 à 10 ans d’avance.

Les publications les plus récentes sur l’axe NKG2A/HLA-E confirment que cette voie reste extrêmement active en recherche, malgré les résultats mitigés de certains essais cliniques de monalizumab. Voici les points marquants de 2025-2026 :

1. Confirmation du rôle central de NKG2A dans les cancers solides

Une étude publiée dans la revue scientifique de très haut niveau Nature Communications en avril 2026 a montré que l’inhibition de NKG2A améliore la coopération entre cellules NK et lymphocytes T CD8+, augmentant significativement l’immunité antitumorale dans le cancer de l’ovaire. Les auteurs concluent que NKG2A reste une cible immunologique majeure.

2. Arrivée d’une nouvelle génération d’anticorps anti-NKG2A

Des équipes académiques et industrielles développent désormais des anticorps anti-NKG2A de nouvelle génération visant à obtenir une activité supérieure à celle du monalizumab. Des résultats précliniques publiés début 2026 montrent un renforcement de l’immunité antitumorale induite par les vaccins et les lymphocytes T CD8+.

3. NKG2A devient important pour les thérapies cellulaires

Une publication de 2026 montre que l’édition génétique de NKG2A dans des cellules CAR-NK améliore leur persistance et leur capacité à tuer les cellules cancéreuses. Cela positionne NKG2A comme une cible clé pour les futures thérapies cellulaires.

4. L’axe HLA-E/NKG2A et les métastases

Plusieurs travaux récents indiquent que HLA-E protège les cellules tumorales circulantes contre les cellules NK via NKG2A. Bloquer cette interaction pourrait réduire la formation de métastases, un domaine de recherche particulièrement suivi actuellement.

5. Expansion vers les maladies infectieuses

L’intérêt pour NKG2A dépasse désormais l’oncologie. Des travaux récents continuent de montrer l’importance de l’axe HLA-E/NKG2A dans les infections virales chroniques, notamment le VIH et le CMV, où il influence fortement l’activité des cellules NK.

6. Activité clinique toujours importante

De nombreux essais cliniques impliquant le monalizumab continuent :

avec le durvalumab dans plusieurs tumeurs solides ;
dans le cancer bronchique à petites cellules ;
dans les cancers ORL ;
dans les cancers digestifs MSI/dMMR.
Ce qui ressort globalement en 2026

Le message des publications récentes est assez clair :

La biologie NKG2A est plus solide que jamais.
L’axe HLA-E/NKG2A est désormais considéré comme un checkpoint immunitaire majeur, au même titre que PD-1 ou TIGIT, mais agissant davantage sur les cellules NK.
La recherche s’oriente vers les combinaisons thérapeutiques et les thérapies cellulaires, plutôt que vers un anti-NKG2A utilisé seul.
Pour une société comme Innate Pharma, c’est plutôt encourageant : même si le succès commercial du monalizumab n’est pas encore acquis, l’intérêt scientifique pour NKG2A continue de croître et le nombre de publications reste élevé. Cela explique pourquoi de grands groupes comme AstraZeneca continuent d’investir dans cet axe.

25 réponses

  • 06 juin 2026 20:21

    Ouais, mais il a pas l'air d'être très pressé l'AZN!!


  • 06 juin 2026 20:37

    En recoupant toutes les informations à notre disposition,la probabilité de réussite est de 1/2. Par contre ,je pense que la molécule sera maintenue jusqu'à réussite scientifique mais cela pourrait demander encore quelque temps .Les investisseurs actuels parient sur autre chose .Je conseille l'achat tout de même


  • 06 juin 2026 21:57

    Sauf échec qui serait vraiment surprenant, je n'imagine pas que AZN ne pas mettre le monalizumab sur le marche ..
    AZN et IPH sont en avance sur la concurrence .. Servier est en phase 1/2 avec un anti nkg2A (S095029
    (en association)
    NKG2A
    Cancer du poumon non à petites cellules)
    , des concurrent développent l'approche indirecte : Cibler le ligand HLA-E plutôt nkg2A, pour la même action. Le Mona en phase 3 a validé l'analyse de futilité, statistiquement parlant, on passe de 50% à 65% de chances d'atteindre les critères d'évaluation principaux ..


  • 07 juin 2026 08:33

    J'aime bien cette phrase. Le Mona en phase 3 a valider l'analyse de futilité. Grossomodo la phase 3 est dérisoire. Alors passer de 50% de dérisoire à 65% de dérisoire le Mona c'est un échec.


  • 07 juin 2026 08:34

    Je comprends un peut mieux pourquoi AZN n'est pas préssé


  • 07 juin 2026 10:32

    En 2022 L'étude de Phase 3 INTERLINK-1 ne jamais dire impensable tout et possible dans ce demain les échec plus que la réussite.


  • 07 juin 2026 13:41
    07 juin 2026 08:33

    J'aime bien cette phrase. Le Mona en phase 3 a valider l'analyse de futilité. Grossomodo la phase 3 est dérisoire. Alors passer de 50% de dérisoire à 65% de dérisoire le Mona c'est un échec.

    Ca signifie qu'environ 15% des études de phase 3 s'arrêtent à l'analyse intermédiaire de futilité..


  • 07 juin 2026 13:45

    C'était le cas d'Inerlink
    a annoncé aujourd’hui que la combinaison de monalizumab et cetuximab (un anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR).) n’a pas atteint le seuil prédéfini d’efficacité dans l’analyse intermédiaire de futilité prévue au protocole de l’étude clinique de Phase 3 INTERLINK 1 menée par AstraZeneca . Sur la base de ces résultats et de la recommandation d’un Comité indépendant de contrôle des données (Independent Data Monitoring Committee - IDMC), AstraZeneca a informé Innate que l’étude sera interrompue. Il n’y a pas résultats additionnels concernant la tolérance. AstraZeneca prévoit de présenter les données ultérieurement.

    L’étude INTERLINK-1, menée par AstraZeneca, évaluait monalizumab en combinaison avec cetuximab contre cetuximab chez des patients présentant un carcinome épidermoïde de la tête et du cou en rechute ou métastatique prétraités par une chimiothérapie à base de sels de platine ainsi qu’une immunothérapie anti-PD-(L)1.


  • 07 juin 2026 15:22

    D'ailleurs il serait intéressant d'avoir des résultats de l'étude Servier qui suit la même voie ..
    Un cancer qui répond déjà bien aux anti-PD-1 + un anti NKG2A ..


  • 07 juin 2026 17:42

    Et en Chine ??

    C/C Les chercheurs et institutions de recherche en Chine s'intéressent de très près au point de contrôle immunitaire NKG2A (CD159a), un récepteur inhib--ti--eur clé exprimé principalement à la surface des cellules NK (Natural Killer) et des lymphocytes T CD8+.

    Leurs travaux se concentrent principalement sur l'onco-immunologie, les infections virales chroniques et les approches de thérapie cellulaire avancée. Voici les grands axes et les études marquantes menées par des équipes chinoises :

    1. L'axe USTC : Le pionnier dans les infections et les cancers (Hefei)
    L'équipe de Zhigang Tian et Haiming Wei à l'Université des sciences et technologies de Chine (USTC) à Hefei est l'une des plus actives au monde sur la biologie des cellules NK.

    Élimination du virus de l'hépatite B (VHB) : Une étude séminale de cette équipe a démontré que le blocage de NKG2A permet de restaurer la fonctionnalité des cellules NK épuisées par l'infection chronique et favorise la clairance du VHB dans des modèles murins.

    Microenvironnement tumoral (TME) : Leurs travaux récents analysent comment les cellules de cancers solides (notamment le carcinome hépatocellulaire) surexpriment le ligand HLA-E, activant ainsi le signal inhib--ti--eur de NKG2A pour échapper à la surveillance immunitaire.

    2. Optimisation des thérapies cellulaires (CAR-NK et CRISPR)
    Plusieurs instituts en Chine explorent l'ingénierie génétique pour contourner le frein biologique imposé par NKG2A, notamment dans les thérapies par cellules souches pluripotentes induites (iPSC) ou les cellules NK primaires :

    Knock-out génétique (CRISPR-Cas9) : Des études collaboratives associant des chercheurs chinois (comme celles publiées récemment par l'équipe de Ying Gong) mettent en évidence que l'invalidation génétique complète (Knock-out) de NKG2A sur les cellules NK humaines offre une réponse antitumorale bien supérieure et plus persistante dans le microenvironnement tumoral que le simple blocage transitoire par un anticorps monoclonal.

    3. Synthèses cliniques et immunopathologie (Jining Medical University)
    Des équipes comme celle de Xiaotong Wang et Zhaochen Ning (Jining) publient des revues systématiques approfondies cartographiant l'implication de l'axe HLA-E/NKG2A non seulement en oncologie, mais aussi dans les maladies auto-immunes et les infections virales aiguës. Ils analysent de près le positionnement des essais mondiaux (notamment les combinaisons impliquant le monalizumab) pour identifier les synergies avec les anti-PD-1/PD-L1.

    4. Rôle de NKG2A dans le cancer colorectal et gastrique
    Plusieurs études translationnelles provenant d'hôpitaux universitaires à Shanghai et Pékin ont mis en évidence que les lymphocytes infiltrant les tumeurs (TILs) et les cellules NK intra-tumorales présentaient un profil d'épuisement caractérisé par une forte co-expression de NKG2A et PD-1. Leurs données cliniques montrent qu'une forte densité de cellules NK NKG2A+ est souvent corrélée à un pronostic défavorable, validant NKG2A comme une cible thérapeutique de premier choix pour lever la résistance aux anti-PD-1 chez les patients chinois atteints de tumeurs gastro-intestinales.


  • 07 juin 2026 19:07

    Les traitements avec le Monalizumab s’élargit bien au delà du cancer seul, impliquant l’axe HLA-E/NKG2A.

    AZN n’ayant l’exclusivité que sur le cancer, Innate peut donc dealer le Monalizumab pour des essais dans l’inflammatoire et les maladies auto immunes avec une autre pharma ou etendre le partenariat avec AZN mais avec de nouveaux accords complémentaires.


  • 10 juin 2026 15:41

    Parler de traitements avec le monalizumab est clairement un abus de langage....


  • 11 juin 2026 09:28

    On comprend bien ceux qui espèrent la réussite d'un produit... que ce soit pour des raisons pécuniaires ou pour le progrès de la médecine...
    Par contre j'ai plus de mal à comprendre ceux qui espèrent le contraire... quels sont leurs intérêts ?


  • 11 juin 2026 09:56
    11 juin 2026 09:28

    On comprend bien ceux qui espèrent la réussite d'un produit... que ce soit pour des raisons pécuniaires ou pour le progrès de la médecine...
    Par contre j'ai plus de mal à comprendre ceux qui espèrent le contraire... quels sont leurs intérêts ?

    Confirmer que ce genre de biotech ne sont là juste pour se mettre plein les poches pour la direction et l'administration rien d'autre.


  • 11 juin 2026 10:33

    Mon cher Nousaf,
    Que tu aies quelques griefs contre la direction, nous pouvons le comprendre vu la situation et le niveau du cours qui se traine dans les bas fonds.Mais il faut mesurer ta colère, car ils sont aussi actionnaires pour la majorité des responsables de la société, avec pour certain des centaines de milliers de titres, et dans nos intérêts respectifs, il vaut mieux que le cours soit le plus élevé possible.Certes, les titres leur ont été soigneusement délivrés gratuitement contrairement à nous, qui sommes en MV potentielles pour un bon nombres d'entre nous.
    Nous pouvons leur reprocher de ne pas nous donner de signaux positifs en achetant directement sur le marché quelques titres depuis 25ans, et ça je te le concède.
    Nous sommes donc, dans le même bateau et nous ne pouvons que leur faire confiance pour transformer Innate en une vraie pharma, pleine d'avenir.A méditer.


  • 11 juin 2026 10:45

    c'est juste qu'il fait partie de la charrette ..il a retiré son post dans lequel il disait que les techniciens biologistes dont il fait parti étaient mieux payés en Angleterre ..


  • 11 juin 2026 10:48
    11 juin 2026 10:45

    c'est juste qu'il fait partie de la charrette ..il a retiré son post dans lequel il disait que les techniciens biologistes dont il fait parti étaient mieux payés en Angleterre ..

    C’est un inconscient.
    Il peut risquer des poursuites pour dénigrements.


  • 11 juin 2026 12:28

    Poursuites pour dénigrements ......
    Allons Allons


  • 11 juin 2026 16:44

    Je confirme si c’est un ancien salarié qui dénigre d’une manière récurrente et ouvertement son ancien employeur, il peut s’exposer à des poursuites.


  • 11 juin 2026 17:01

    Je confirme si c’est un ancien salarié qui dénigre d’une manière récurrente et ouvertement son ancien employeur, il peut s’exposer à des poursuites.


  • 11 juin 2026 17:05

    Bon c’est clair.
    Nousaf faisait bien parti du personnel.


    Je confirme si c’est un ancien salarié qui dénigre d’une manière récurrente et ouvertement son ancien employeur, il peut s’exposer à des poursuites.


  • 22 juin 2026 07:27

    Avec le recul, Il est intéressant de comprendre ce qu'il s'est passé lors de l'étude Interlink.

    Pourquoi l'étude a été arrêtée. Et ce que l'analyse LT a appelé l'effet plafond de verre.

    C/C

    Pourquoi parle-t-on de performance "inattendue" pour le bras contrôle à 8,6 mois ?

    Historiquement, dans les essais cliniques de référence (comme l'essai fondateur de Vermorken ou les suivis de phase II/III à l'ère pré-immunothérapie), le Cetuximab administré seul en ligne avancée de cancer de la tête et du cou n'offrait qu'une survie globale médiane d'environ 5,5 à 5,9 mois.

    Les concepteurs de l'essai INTERLINK-1 avaient d'ailleurs anticipé une mOS d'environ 5,8 mois pour le groupe placebo. Le fait que le bras contrôle atteigne 8,6 mois représente un gain de près de 3 mois (environ +45%) par rapport aux prévisions.

    3. Comment expliquer cette surperformance du Cetuximab seul ?
    L'hypothèse principale retenue par les chercheurs (souvent appelée le "priming effect" ou effet de sensibilisation) est liée à l'évolution des standards de traitement :

    Dans INTERLINK-1, tous les patients avaient obligatoirement reçu une immunothérapie (anti-PD-1/PD-L1) juste avant l'essai.

    Il s'avère que l'exposition préalable aux anti-PD-1 semble modifier profondément et durablement le microenvironnement tumoral, rendant les cellules cancéreuses nettement plus sensibles au Cetuximab introduit immédiatement après.

    Cet effet séquentiel bénéfique a boosté l'efficacité du bras contrôle à un niveau tel qu'il est devenu impossible pour le Monalizumab de démontrer une supériorité statistique, créant ce que l'on appelle un effet de plafond (ceiling effect).

    En somme, le Cetuximab a été "meilleur que prévu" grâce à l'immunothérapie reçue en amont par les patients, ce qui a neutralisé l'avantage compétitif que devait apporter le Monalizumab.


  • 22 juin 2026 08:09

    C/C
    Si le duo Monalizumab + anti-PD-L1 est théoriqouement moins percutant que le Cetuximab + anti-PD-L1, pourquoi AstraZeneca mise-t-il des milliards sur l'essai PACIFIC-9 (Monalizumab + Durvalumab) dans le cancer du poumon de stade III ?

    La nuance réside dans le protocole. Dans PACIFIC-9, les patients reçoivent d'abord une chimio-radiothérapie.

    La radiothérapie détruit massivement les cellules tumorales (jouant exactement le rôle destructeur et inducteur d'antigènes du Cetuximab).

    Le duo Monalizumab + Durvalumab intervient ensuite comme un traitement de consolidation pour empêcher la rechute.

    Si le Cetuximab impose une toxicité cutanée et unguéale quasi systématique et invalidante, le Monalizumab se distingue par un profil de sécurité très favorable. C'est précisément cette bonne tolérance qui permet à AstraZeneca de le tester en triplette ou en combinaison avancée sans craindre de surcharger les patients en toxicités insupportables.


  • 22 juin 2026 09:10

    Deux risques à prendre en compte pour l’ étude PACIFIC-9:

    A/ Taille réelle du bénéfice clinique insuffisante → risque principal.

    B/ Absence de biomarqueur de sélection → risque secondaire mais réel. Le type de scénario qui a déjà été évoqué après l’échec d’INTERLINK-1.

    Mon appréciation personnelle du dossier est que l’absence de biomarqueur augmente le risque, mais n’est probablement pas la principale menace pour PACIFIC-9. Le facteur déterminant sera surtout de savoir si le bénéfice observé dans COAST était suffisamment robuste pour être reproduit à grande échelle en phase III.

    Plus de qu à attendre et croisons les doigts 🤞🏻


  • 22 juin 2026 09:20

    Ne pas refaire l'erreur d'Interlink ..

    C/C

    Le bénéfice observé dans COAST va t-il être reproduit par Pacific9 ?

    C'est toute la question à un milliard de dollars (au sens littéral pour AstraZeneca et Innate Pharma). L'essai de Phase III PACIFIC-9, dont les résultats pivots sont attendus pour le deuxième semestre 2026, a précisément pour but de confirmer si l'immense promesse de l'essai de Phase II COAST se matérialisera en un nouveau standard de soin mondial.

    Pour évaluer les chances de voir le bénéfice de COAST se reproduire, il faut poser les chiffres sur la table et analyser les pièges classiques du passage d'une Phase II à une Phase III.

    1. Le signal de COAST : Pourquoi l'enthousiasme est réel
    Dans l'essai de Phase II randomisé COAST, l'ajout du Monalizumab au Durvalumab (Imfinzi) après une chimio-radiothérapie dans le CPNPC de stade III avait généré des chiffres spectaculaires :

    Taux de Survie Sans Progression (PFS) à 10 mois :

    72,7 % pour le bras Monalizumab + Durvalumab.

    39,2 % pour le bras Durvalumab seul (le standard actuel).

    Taux de réponse objective (ORR) : Il est passé de 17,9 % (Durvalumab seul) à 35,5 % avec le Monalizumab, doublant quasiment l'efficacité de base.

    Le signal d'efficacité brute était donc extrêmement puissant, bien plus robuste à l'époque que les données initiales observées dans l'essai INTERLINK-1 (tête et cou).

    2. Les facteurs en faveur d'une reproduction réussie dans PACIFIC-9
    Contrairement à l'échec d'INTERLINK-1, plusieurs éléments structurels jouent en faveur de PACIFIC-9 :

    Le "timing" parfait après la radiothérapie : La radiothérapie préalable induit une mort cellulaire massive qui libère des antigènes tumoraux et provoque une forte inflammation locale. Ce contexte est idéal pour attirer les cellules NK et les lymphocytes T CD8+. Le Monalizumab intervient donc au moment exact où les freins immunologiques (comme l'axe NKG2A/HLA-E) ont besoin d'être levés.

    Le design de l'essai : PACIFIC-9 reproduit fidèlement le protocole de COAST avec une puissance statistique démultipliée (plus de 1 000 patients recrutés). Il n'y a pas eu de modification majeure des critères d'inclusion qui pourrait diluer l'effet.

    3. Les risques de "perte de substance" en Phase III
    L'histoire de la biotech est pleine de Phase II fantastiques qui s'effondrent en Phase III. Trois principaux facteurs de risque pourraient empêcher PACIFIC-9 de reproduire pleinement l'effet COAST :

    La surperformance statistique du bras contrôle (encore elle) : Dans l'essai de référence historique PACIFIC (qui a validé le Durvalumab seul), la PFS médiane était de 16,8 mois. Si, en vie réelle ou en raison de la sélection des centres cliniques mondiaux dans PACIFIC-9, le bras Durvalumab seul fait nettement mieux que les ~40 % de PFS à 10 mois observés dans COAST, l'écart (le Hazard Ratio) se réduira mathématiquement.

    L'hétérogénéité des patients à grande échelle : Un essai de Phase III inclut des profils de patients beaucoup plus variés (statuts de performance, expressions de PD-L1, profils épidermoïdes ou non, sous-groupes mutés) que la Phase II. Si le Monalizumab n'est redoutable que chez un sous-groupe spécifique (par exemple les forts exprimeurs de HLA-E ou de PD-L1), l'effet global sur l'ensemble de la population de l'essai pourrait être lissé, voire insuffisant pour atteindre la significativité statistique requise.

    La compétition interne (Oleclumab) : PACIFIC-9 teste en parallèle un autre bras : Durvalumab + Oleclumab (un anti-CD73 d'AstraZeneca). Bien que la PFS à 10 mois de l'Oleclumab dans COAST fût légèrement en deçà de celle du Monalizumab (64,8 % vs 72,7 %), il n'est pas impossible que sur le long terme (survie globale), la balance s'équilibre ou s'inverse.

    Le pronostic
    Le rationnel scientifique de PACIFIC-9 est jugé par les oncologistes comme beaucoup plus solide que celui d'INTERLINK-1. S'il est statistiquement probable que le bénéfice net constaté dans PACIFIC-9 soit un peu plus modéré que le quasi-doublement observé dans la petite cohorte de COAST (effet classique de régression vers la moyenne en Phase III), la probabilité d'obtenir un résultat cliniquement significatif reste élevée.

    Le recrutement étant finalisé, toute l'attention se porte sur la fin d'année 2026. Un succès, même assorti d'un gain de PFS plus modeste que dans COAST (par exemple un Hazard Ratio autour de 0,70), suffirait amplement à valider le changement de standard thérapeutique.


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