Le Figaro
Par Hugues Maillot
Publié à 10h34
« La réponse de l’Otan aux provocations de la Russie a été calme, décisive et proportionnée, mais nous devons nous préparer à une nouvelle escalade et à une nouvelle confrontation», a aussi déclaré Mark Rutte. «Tout agresseur doit savoir que nous pouvons riposter avec force, et que nous le ferons». Pour conclure, le patron de l’Otan a appelé les Européens à «imaginer un conflit touchant chaque foyer, chaque lieu de travail, entraînant destruction, mobilisation massive, des millions de personnes déplacées, des souffrances partout et des pertes extrêmes». Mais «c’est une tragédie que nous pouvons éviter», a-t-il tempéré, «si nous tenons nos engagements».
«Nous devons nous préparer à l’ampleur de la guerre que nos grands-parents et arrière-grands-parents ont connue», avertit le chef de l’Otan.
«Nous sommes la prochaine cible de la Russie, et nous sommes déjà en danger», a martelé Mark Rutte lors d’un discours adressé aux citoyens de l’Union européenne.
«Je suis ici aujourd’hui pour vous dire quelle est la position de l’OTAN et ce que nous devons faire pour empêcher une guerre avant qu’elle ne commence». Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a prononcé jeudi 11 décembre un discours à Berlin, s’adressant aux citoyens de l’Union européenne pour les mettre en garde contre l’hypothèse d’une guerre contre la Russie. «Nous sommes la prochaine cible de la Russie, et nous sommes déjà en danger», a-t-il martelé. Avant d’ajouter : «La Russie a ramené la guerre en Europe et nous devons nous préparer à une guerre d’une ampleur comparable à celle qu’ont connue nos grands-parents ou nos arrière-grands-parents».
Les mots du chef de l’Alliance atlantique rejoignent ceux de nombreux autres responsables européens ces dernières semaines. À commencer par ceux du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui avait provoqué des remous en déclarant que la France devait se ternir prête à «accepter de perdre ses enfants». Début décembre, le président Russe Vladimir Poutine a lui-même indiqué que son pays était «prêt pour la guerre» si les Européens «le souhaitent et commencent».
Un «risque considérablement accru d’une attaque armée contre nous»
Dans ce contexte, le discours de Mark Rutte a pris une forme d’avertissement. «Nous devons tous accepter que nous devons agir dès maintenant pour défendre notre mode de vie», a-t-il martelé, rappelant que la Russie redoublait d’efforts en Ukraine et plus largement dans sa production militaire. Le secrétaire général de l’Otan a également fait porter la responsabilité à la Chine, sans le soutien de laquelle «la Russie ne pourrait pas continuer la guerre». «Lorsque des civils meurent à Kiev ou à Kharkiv, la technologie chinoise est souvent présente dans les armes qui les ont tués», a-t-il dénoncé.
Si «Poutine parvient à ses fins» en Ukraine, il existerait un «risque considérablement accru d’une attaque armée contre nous», a averti le dirigeant. Selon lui, «avec son économie consacrée à la guerre, la Russie pourrait être prête à utiliser la force militaire contre l’Otan d’ici cinq ans». Mark Rutte a également évoqué les «violations flagrantes de l’espace aérien par la Russie», et rappelé que les pays de l’Alliance étaient déjà la cible «de sabotages de la Russie», contre des «infrastructures critiques, l’industrie de défense et les installations militaires», mais aussi des objectifs civils comme «des entrepôts et des centres commerciaux», ainsi que «le réseau ferroviaire». Selon le rapport d’un institut slovaque en partenariat avec l’International Center for Counter-Terrorism, la France serait le deuxième pays le plus visé par ces attaques hybrides, derrière la Pologne.
«La réponse de l’Otan aux provocations de la Russie a été calme, décisive et proportionnée, mais nous devons nous préparer à une nouvelle escalade et à une nouvelle confrontation», a aussi déclaré Mark Rutte. «Tout agresseur doit savoir que nous pouvons riposter avec force, et que nous le ferons». Pour conclure, le patron de l’Otan a appelé les Européens à «imaginer un conflit touchant chaque foyer, chaque lieu de travail, entraînant destruction, mobilisation massive, des millions de personnes déplacées, des souffrances partout et des pertes extrêmes». Mais «c’est une tragédie que nous pouvons éviter», a-t-il tempéré, «si nous tenons nos engagements».
Vraiment, très inquiétant…