La j avoue respect et bravo...
Il en pense quoi corsico...??
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JMDbizdev30 août 2026 •17:42Trop fort, rayman03 !
Jean-Marc D., Business Development… Ciel, je suis démasquée ! :-)
Merci pour votre appréciation de ma faible expérience du développement pharmaceutique et du business development international. Mais passons : l'argument d'autorité, dans un sens comme dans l'autre, ne remplace pas l'analyse.
Sur le fond, vous répondez surtout à une question que je n'ai pas posée.
Je n'ai jamais écrit qu'AB8939 ou masitinib-SLA étaient nécessairement condamnés à l'échec. Je m'interroge sur la stratégie d'AB Science après l'arrivée d'un actionnaire à 25,1 %, le changement de gouvernance et l'apport de 14,2 M€, et notamment sur la signification de ces fameux projets de création de valeur « à plus court terme ».
Vous affirmez qu'évoquer une restructuration est une « ineptie » puisque AB8939 et masitinib-SLA seraient « si proches d'un dénouement réussi ».
Regardons simplement où nous en sommes.
Masitinib-SLA : après près de vingt ans de développement du masitinib dans un très large éventail d'indications, aucun médicament n'a encore été mis à disposition des patients. Et dans la SLA, une phase III confirmatoire reste à conduire.
Ce point me paraît essentiel.
Une étude confirmatoire n'est pas une formalité destinée à entériner un résultat que l'on considérerait déjà comme acquis. Si la démonstration était suffisante, il n'y aurait précisément rien à confirmer. Cette nouvelle phase III est nécessaire parce qu'il faut reproduire le signal antérieur, confirmer l'efficacité et le rapport bénéfice/risque selon un protocole prospectif permettant, le cas échéant, une décision réglementaire.
Et son issue est, par définition, incertaine.
C'est d'ailleurs toute la difficulté des essais confirmatoires : un signal encourageant dans une première étude peut être confirmé, amplifié… ou ne pas être reproduit. Ceux qui ont pratiqué quelque temps le développement clinique connaissent la boutade : « Un essai positif ? Surtout ne le refaites jamais ! » Elle fait sourire précisément parce que, scientifiquement, il faut évidemment le refaire lorsque la démonstration l'exige — et accepter que la réalité puisse contredire l'hypothèse.
Dans le cas présent, la question est d'autant plus intéressante que la confirmation doit porter sur une population désormais plus précisément sélectionnée. Cette sélection peut parfaitement améliorer le rapport signal/bruit si l'hypothèse est correcte. Mais elle ne garantit en rien le résultat : c'est justement ce que l'étude confirmatoire doit démontrer.
Il faudra en outre démarrer effectivement l'étude, recruter les patients, les traiter, atteindre le suivi prévu, analyser les résultats puis, s'ils sont positifs, franchir l'étape réglementaire.
On peut donc être très optimiste sur masitinib dans la SLA. Mais entre « potentiel clinique », « phase III confirmatoire à conduire » et « dénouement réussi », il existe encore une distance scientifique, réglementaire… et temporelle assez considérable.
AB8939-LMA : c'est une histoire différente et potentiellement intéressante, mais le développement reste précoce. Les premiers signaux méritent d'être explorés ; ils ne constituent pas encore une démonstration clinique. Entre détermination de la dose, tolérance, associations thérapeutiques, premiers signaux d'activité puis démonstration d'un bénéfice robuste et reproductible, il reste plusieurs étapes.
Là encore, je préfère distinguer signal, potentiel et démonstration.
Et il existe au passage un petit paradoxe dans votre raisonnement : si les 14,2 M€ doivent réellement financer les prochaines étapes de ces deux programmes jusqu'à leur « dénouement réussi », la somme me paraît plutôt modeste au regard des développements restant à conduire.
Mais surtout, depuis votre commentaire, AB Science a peut-être elle-même répondu à une partie de notre débat.
Le communiqué du 10 août distingue les programmes cliniques prioritaires des « projets de création de valeur à plus court terme » devant être finalisés et annoncés en septembre.
Stéphane Ledermann parle lui-même de « nouveaux axes de croissance, en cours de finalisation » et précise que les stratégies de création de valeur seront annoncées courant septembre.
C'est précisément ce que j'essayais d'analyser.
Si ces « nouveaux axes de croissance » consistent simplement à poursuivre masitinib-SLA et AB8939 avec la nouvelle trésorerie, alors nous sommes dans mon scénario C : recentrage du pipeline, financement supplémentaire, mais pas véritable changement de paradigme.
Et je reconnaîtrai volontiers que vous aviez raison.
Mais si ces termes recouvrent une opération ou un axe de croissance distinct du développement clinique classique — acquisition, actif externe, in-licensing, partenariat structurant, monétisation d'un actif ou autre activité adjacente — alors nous nous rapprocherons plutôt de mon scénario D.
Je précise évidemment qu'il s'agit d'une hypothèse construite exclusivement à partir des informations publiques d'AB Science. Je ne dispose d'aucune information particulière sur ce que la société annoncera.
Votre remarque sur les big pharmas confrontées aux pertes de brevets est d'ailleurs parfaitement juste : elles recherchent de nouveaux actifs.
Mais elles ne recherchent pas simplement de « nouvelles thérapies ». Elles arbitrent en permanence entre niveau de preuve, risque clinique et réglementaire, délai de mise sur le marché, investissement restant et valeur potentielle. C'est précisément ce qui fait le Business Development pharmaceutique.
Quant au débat apparu depuis sur le forum entre septembre et automne, je ne vois pas vraiment de contradiction.
Le communiqué précédent évoquait la présentation d'une feuille de route stratégique à l'automne. Celui du 10 août, plus récent, annonce explicitement des stratégies de création de valeur courant septembre. Il peut parfaitement y avoir de premières annonces en septembre, puis une feuille de route plus complète à l'automne.
Nous n'aurons donc probablement pas très longtemps à attendre.
Mon scénario D est peut-être toujours une ineptie. Si les annonces de septembre le démontrent, j'en conviendrai volontiers.
Et concernant mes compétences en Business Development, rassurez-vous :
je ne vous les facturerai pas. :-)