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Wall Street vue proche de l'équilibre, l'Europe tente sur un sursaut
information fournie par Reuters 30/09/2026 à 14:04

On aperçoit un panneau indiquant « Wall Street » à l'extérieur de la Bourse de New York (NYSE), à New York

On aperçoit un panneau indiquant « Wall Street » à l'extérieur de la Bourse de New York (NYSE), à New York

par Claude Chendjou

Un léger rebond de deux des trois principaux indices à Wall Street est attendu mercredi à l'ouverture, tandis que les Bourses européennes tentent ‌également un sursaut à la mi-séance, au crépuscule d'un mois de septembre où ils devraient enregistrer leur première perte mensuelle en six mois sur fond de tensions dans l'obligataire. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,06% pour le Dow Jones et en progression de ​0,03% pour le Standard & Poor's 500, tandis qu'une baisse de 0,08% est anticipée pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 perd 0,43% à 8.000,61 points vers 10h45 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,12%, mais à Londres, le FTSE prend 0,16%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 grappille 0,06%, tandis que l'EuroStoxx 50 de la zone euro recule de 0,20%. Le Stoxx 600 grignote 0,10%, tiré notamment par le compartiment minier (+1,41%), tandis que celui des médias (-1,88%) pèse.

Septembre, mois traditionnellement faible sur les marchés actions, aura respecté l'adage avec à ce stade un recul de 3,85% pour le CAC 40 et de 1,75% pour le ​Stoxx 600, en raison des craintes liées à l'inflation dans le contexte de guerre au Moyen-Orient qui fait grimper les cours énergétiques.

Les investisseurs se préparent ainsi à une hausse à court terme des taux directeurs des principales banques centrales afin de maîtriser les pressions inflationnistes.

L'inflation en France, harmonisée selon les normes européennes (IPCH), a accéléré plus que prévu, à 3,4% sur un an en septembre, son plus haut niveau ​depuis janvier 2024, selon des données préliminaires.

"L'inflation commence à se diffuser au reste de l'économie" relève Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet d'études économiques et ⁠d'analyse conjoncturelle Bersingéco. Il note toutefois que cette diffusion est lente et dans des proportions sans commune mesure avec le choc inflationniste de 2022.

Les chiffres pour l'Allemagne, première économie du bloc monétaire, seront publiés en début d'après-midi alors que cinq Länder clés ont fait état ‌d'un bond des prix en septembre, l'inflation ayant par exemple grimpé en Hesse à 3,4%.

Aux Etats-Unis, le marché attend les données clés de l'inflation PCE, mesure de la dynamique des prix privilégiée par la Réserve fédérale américaine (Fed). Le consensus Reuters prévoit un indice PCE à 3,7% pour le mois d'août en rythme annuel.

Parallèlement, les prix du pétrole ont encore augmenté mercredi après que le président américain Donald Trump a démenti être disposé à assouplir les sanctions contre l'Iran, tandis que ​le Qatar a insisté sur la nécessité de pourparlers de paix.

Selon un responsable iranien, Téhéran va toutefois discuter de la ‌réponse des Etats-Unis à sa proposition de rouvrir le détroit d'Ormuz en sept jours.

L'accalmie passagère mercredi sur les rendements obligataires en zone euro, dans un contexte de rééquilibrage de fin de trimestre, offre ⁠un peu de soutien aux marchés actions, avec un léger recul de la volatilité aussi bien à Wall Street que sur l'EuroStoxx 50. L'ensemble reste toutefois très fragile.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

La plupart des titres à très forte capitalisation et des valeurs de croissance, très dépendants de l'évolution des taux directeurs, sont attendus en légère progression en avant-Bourse, notamment Nvidia, Alphabet et Apple, avant le rapport sur l'inflation américaine.

VALEURS EN EUROPE

Airbus prend près de 1%, Lars Wagner, directeur général de sa division avions commerciaux, s'étant montré "très confiant" au sujet de la capacité de l'avionneur européen d'atteindre son objectif de 870 livraisons ⁠pour 2026.

Le secteur britannique des services aux collectivités progresse avec ‌des groupes d'électricité comme SSE (+2,87%) et National Grid (+2,71%) ou encore des sociétés de gestion de l'eau telles que Pennon (+5,79%), Severn Trent -+2,15%) et United Utilities (+1,91%). Le Premier ministre britannique Andy Burnham a affirmé mardi que sa stratégie d'investissement restait inchangée, offrant ⁠un peu d'espoir au secteur sur de potentielles aides.

Tullow Oil, société indépendante d'exploration pétrolière et gazière axée sur l'Afrique de l'Ouest, plonge de 50,41% après un arbitrage fiscal défavorable au Ghana.

Greggs, la première chaîne de restauration rapide britannique, bondit de 7,20% à la faveur du relèvement par l'entreprise de sa prévision ‌de bénéfice annuel.

TAUX

Le rendement du Bund allemand à dix ans cède 3,1 points de base, à 3,5827%, deuxième recul consécutif après avoir grimpé à un sommet depuis 2009. Celui des bons du Trésor américain à dix ans perd pratiquement trois points de base, à 5,2258%, ⁠après avoir touché la veille un pic depuis juin 2007.

Le baromètre FedWatch de CME montre que les traders penchent presque à égalité dans le sens d'une hausse ou d'un statu quo sur les ⁠taux directeurs de la Fed en octobre, alors que la probabilité d'un ‌relèvement était de plus de 70% il y a une semaine.

"Le troisième trimestre n'a pas seulement anéanti les espoirs d'une politique monétaire 'plus accommodante plus longtemps', il les a aspergés d'essence et y a mis le feu", écrit dans une note Michael Every, stratège chez Rabobank.

Les chiffres définitifs du PIB américain ​pour le deuxième trimestre et les interventions d'au moins quatre responsables de la Fed, dont le président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, pourraient influer sur la ‌tendance.

CHANGES

Le dollar fléchit de 0,18% face à un panier de devises internationales. Le billet vert reste cependant proche d'un sommet depuis le début de l'année face à l'euro et est en passe de réaliser son plus important gain mensuel en 14 mois face à la monnaie unique européenne. La monnaie américaine s'est appréciée de près de 2,3% face ​à l'euro en septembre, ce qui la place en voie d'enregistrer une troisième hausse trimestrielle consécutive.

Elle est soutenue par une croissance économique aux Etats-Unis plus forte et des anticipations de hausse des taux directeurs.

L'euro avance de 0,17%, à 1,359 dollar, mais s'éloigne à peine du plus bas de mai 2025 atteint mardi. La devise européenne a été l'une des monnaies du G10 les moins performantes depuis le début de l'année, pénalisée par les inquiétudes liées à l'énergie et à la dette sur le Vieux continent.

Par ailleurs, les marchés s'attendent à ce que la BCE maintienne ses taux inchangés à l'issue de ⁠sa réunion du 29 octobre, d'après les données de LSEG, avant une éventuelle nouvelle hausse en décembre.

La livre sterling s'échange à 1,3293 dollar, en hausse de 0,47%, alors que la croissance de l'économie britannique a affiché un ralentissement moins marqué que prévu au deuxième trimestre, avec un PIB ressorti à 0,5%, selon les chiffres définitifs publiés par l'ONS. La livre était tombée à un creux de trois mois avant cette publication.

PÉTROLE

Le marché pétrolier est en hausse mercredi et s'apprête à enregistrer une fort gain mensuel, alors que les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran visant à mettre fin à leur conflit sont au point mort et que la tension sur les marchés des carburants continue de soutenir les prix malgré la reprise de l'approvisionnement en brut au Moyen-Orient.

Le Brent progresse de 0,87% à 103,48 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 1,12% à 90,36 dollars.

Sur l'ensemble du mois, le Brent devrait prendre environ 14%, sa plus forte progression depuis juillet, tandis que le WTI devrait afficher une hausse d'environ 4%.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 30 SEPTEMBRE:

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

DE 12h00 Prix à la consommation IPCH septembre +0,5% +0,2%

(flash)

- sur un an +3,2% +2,9%

USA 12h15 Enquête ADP septembre 70.000 38.000

USA 12h30 Inflation PCE août +0,4% +0,2%

- sur un an +3,7% +3,7%

USA 12h30 Dépenses de consommation des août n.d. +0,0%

ménages

USA 12h30 Produit intérieur brut T2 +1,5% +1,5%*

(définitif)

*estimation précédente

(Rédigé par Claude ​Chendjou; avec la contribution de Sudeshna Ghoshal et Shashwat Chauhan à Bangalore; édité par Augustin Turpin)

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